mercredi 16 janvier 2019

Cliché #2 : un auteur a toujours mille idées de romans

Pour bien commencer l'année (et la résurrection de ce blog), j'ai envie d'écrire une série d'articles sur les clichés qu'on trouve sur l'écriture et la vie d'écrivain. Et, en particulier, ces clichés qui m'ont longtemps culpabilisée parce que, moi, je ne fonctionnais pas comme ça. Après tout, je me dis que je ne suis sûrement pas la seule à culpabiliser, que d'autres doivent bien fonctionner comme moi, et que, peut-être, ça leur fera du bien de savoir qu'on peut réussir à publier des romans même quand on n'applique pas à la lettre les conseils des manuels d'écriture. 







Attention : ces articles sont personnels et visent à déculpabiliser ceux qui, comme moi, ne se retrouvent pas dans certains poncifs. Si vous, vous vous y retrouvez : merveilleux, après tout les clichés ne naissent pas de nulle part et vous êtes sûrement nombreux dans ce cas. Tant mieux ! 
Il se peut aussi que je n'aborde pas d'autres sujets que, vous, vous trouvez clichés, parce qu'il se trouve qu'ils s'appliquent bel et bien à moi et que je n'aurais pas grand chose à dire pour faire avancer le shmilblick. Sorry for that... et si vous écriviez votre propre article sur la question ? :)


Cliché n°2 : un auteur a toujours mille idées de roman en même temps.

Ça fait un moment maintenant que je rencontre des auteurs, et à chaque fois, ce qui me frappe quand je leur demande de me parler de leurs projets, c'est qu'ils en ont toujours plein en même temps. Un roman en correction, deux en cours d'écriture, un qui vient de sortir... ça marche aussi avec les jeunes auteurs qui commencent plein de projets et ont, du coup, du mal à se fixer sur un pour le finir.
Bien sûr, beaucoup ont aussi "leur projet", sur lequel ils passent dix ans avant de le soumettre - mais ça n'empêche pas certains d'entre eux, une fois publiés et débarrassés de cette obsession en quelque sorte, de multiplier les projets en parallèle.
Le monde de l'édition jeunesse nous y incite beaucoup, à vrai dire : il faut publier beaucoup et souvent pour être visible, on a souvent plusieurs éditeurs, et chacun nous demande si on a un projet pour lui, ou même une idée qu'on lui réserve.
Donc, avoir plein d'idées prêtes à éclore, c'est souvent bien pratique dans ces cas-là (encore faut-il trouver le temps de les écrire toutes, mais c'est un autre débat).





Mais, vous vous en doutez puisque j'écris cet article, ce n'est pas mon cas.

Je n'ai (quasiment) jamais deux idées en même temps. Quand j'en ai une, elle m'obsède, elle prend toute la place. Je vois la réalité par son prisme (comprendre : tout ce que je vois dans mon quotidien m'y fait penser), que je sois en phase d'écriture ou pas. Pendant tout le temps de la gestation, du premier jet puis des corrections de fond, je suis plus ou moins incapable d'imaginer une autre histoire que celle-là.
On me demande souvent lequel, parmi mes romans, est mon chouchou ; je réponds toujours que c'est celui que je suis en train d'écrire. Et c'est toujours vrai. Parce que, au moment de l'écriture, je ne pense qu'à lui. Les autres, en comparaison, me paraissent fades - non pas mauvais, mais moins... vivants. Parce qu'ils ne vivent plus dans mon esprit, mais dans le vôtre

Il n'y a que quand j'ai terminé mes corrections de fond et que le roman est soit en soumission éditoriale, soit en phase de correction de forme chez l'éditeur, que je parviens à me détacher de cette histoire ; je la considère comme terminée, j'ai mis dedans ce que j'avais à y mettre. Il me faut alors un moment de "vide" pendant lequel je fais tout sauf écrire, ravie de retrouver un cerveau capable de se concentrer sur autre chose que sur mon histoire, de manière un peu monomaniaque ; et, seulement alors, commence à poindre le bout d'un embryon d'idée d'un autre roman.

Quand on sait que le processus gestation/écriture/corrections de fond me prend en moyenne un an, c'est pas bien compliqué à calculer : ça fait pas des masses d'idée par an. ^^ Si bien que je me retrouve régulièrement bouche grande ouverte comme une idiote quand un éditeur me demande : "Alors, t'as un autre projet pour moi ?".
Mais tant pis. J'ai fini par accepter que c'était comme ça que je fonctionnais, que j'avais besoin de me laisser habiter complètement par mon roman, de vivre à travers lui pendant longtemps pour aller vraiment au fond des choses, lui donner de la profondeur, des nuances. D'autres y parviennent sur plusieurs histoires parallèles, pas moi. Chacun son truc !

Oui.


Si vous me suivez sur les réseaux, vous allez peut-être m'objecter : "Mais nous, on t'a vu parler de plein de projets différents cette année, t'en as pas qu'un seul en cours !"
C'est normal : les réseaux sociaux et le processus d'écriture ne sont pas sur la même ligne temporelle. Chaque roman met un temps défini entre l'écriture et la publication - un temps qui n'est pas identique d'une fois sur l'autre. Si bien que, quand je vous annonce qu'un projet va être publié, pour moi, il a pu se passer six mois depuis la fin de mes corrections de fond, et je suis passée à autre chose. Ou bien je vais vous parler des corrections de forme proposées par l'éditeur, qui ne changent plus le fond de l'histoire et qui, dans mon cas, ne font plus partie de la phase "obsession". Ou bien je vais vous parler d'un roman déjà sorti, ou en train de paraître, qui pour moi est terminé depuis bien longtemps.
Il y a toujours une sorte de décalage entre la façon dont je vis l'écriture d'un roman et le moment où je peux en parler. Si bien que vous pourrez m'entendre parler d'un roman en cours d'écriture, d'un autre en cours de correction d'un autre paru, et avoir l'impression que je fais tout ça en même temps. Mais non : tout ça s'est étalé sur de longs mois, des années, même.




En fait, la seule exception que j'ai faite, c'est pour écrire mon roman à 4 mains avec Cindy. Parce qu'il fallait accorder nos 2 plannings et que passer deux ans sans écrire d'autre romans, ce n'était pas possible. Mais, pour être franche, j'ai vraiment eu du mal à alterner deux projets en phase d'écriture. Ça a fonctionné parce que Cindy titillait ma curiosité et me donnait envie de me pencher sur son chapitre même quand j'étais plongée dans un autre ; toute seule, je n'aurais clairement pas fonctionné comme ça (j'aurais écrit tout le roman avant de passer au suivant).

En somme : vous n'avez pas à culpabiliser si vous ne fourmillez pas d'idées avec une muse indomptable qui vous pond 3 intrigues à la minute. Peut-être que vous avez besoin de plus de temps pour les maturer, pour laisser venir les idées et les assembler. Peut-être que vous êtes monomaniaque. Vous n'êtes pas moins légitimes pour autant. Vous n'écrirez pas moins non plus. Acceptez la façon dont vous fonctionnez, ça vous évitera de stresser en vous disant que vous n'avez pas d'idée et que ça-y-est-c'est-le-syndrome-de-la-page-blanche-je-n'écrirai-plus-jamais-de-bonne-histoire. (Ça sent le vécu ? C'est normal. ^^)




Et vous ? Vous avez mille idées à la fois, ou une seule ?

vendredi 11 janvier 2019

Cliché #1 : écrire pour soi avant tout.

Pour bien commencer l'année (et la résurrection de ce blog), j'ai envie d'écrire une série d'articles sur les clichés qu'on trouve sur l'écriture et la vie d'écrivain. Et, en particulier, ces clichés qui m'ont longtemps culpabilisée parce que, moi, je ne fonctionnais pas comme ça. Après tout, je me dis que je ne suis sûrement pas la seule à culpabiliser, que d'autres doivent bien fonctionner comme moi, et que, peut-être, ça leur fera du bien de savoir qu'on peut réussir à publier des romans même quand on n'applique pas à la lettre les conseils des manuels d'écriture. 





Attention : ces articles sont personnels et visent à déculpabiliser ceux qui, comme moi, ne se retrouvent pas dans certains poncifs. Si vous, vous vous y retrouvez : merveilleux, après tout les clichés ne naissent pas de nulle part et vous êtes sûrement nombreux dans ce cas. Tant mieux ! 
Il se peut aussi que je n'aborde pas d'autres sujets que, vous, vous trouvez clichés, parce qu'il se trouve qu'ils s'appliquent bel et bien à moi et que je n'aurais pas grand chose à dire pour faire avancer le shmilblick. Sorry for that... et si vous écriviez votre propre article sur la question ? :)

Place au premier article : écrire pour soi avant tout.

Je ne compte plus les fois où j'ai lu "n'écrivez pas pour les autres, écrivez pour vous" ; "ne songez à la publication qu'une fois le roman terminé". En un sens c'est judicieux : si on essaie de se calquer sur ce que les lecteurs veulent plutôt que sur ce qu'on a envie d'écrire, bien souvent, ça se ressent dans la qualité du roman. Ça sonne faux, ou pas assez approfondi, ou bien c'est une énième copie d'un roman à succès. Les bons romans ont tous ce "petit quelque chose en plus" qui vient des tripes de l'auteur, qu'il a arraché de lui-même pour le coucher sur le papier, parce que ça lui tenait à coeur.



Pour autant, je n'ai jamais écrit uniquement pour moi. J'écris ce que j'ai envie (ou besoin) d'écrire, oui, mais j'écris avant tout pour partager.

Partager une histoire, un personnage. Surtout, partager une idée. L'écriture, c'est mon engagement à moi. Ma façon de lutter ou, tout simplement, de partager mon point de vue sur un aspect de notre société. C'est le moteur premier de chacun de mes romans. Pour Quelques pas de plus, la première chose que je me suis dite, c'est "je veux écrire sur le handicap invisible". Pour IRL, c'était l'observation de masse, cette fascination qu'on a pour le contrôle de la vie des autres. Pour le Secret des Bois-Noirs, le deuil. Chaque roman, avant d'être une histoire, est une réflexion sur le monde qui m'entoure





Vous me direz qu'on peut très bien écrire pour réfléchir sur le monde sans pour autant le partager.
Et vous aurez raison.
Pour autant, ce n'est pas mon cas.

En fait, je me dis souvent que si je n'avais pas de lecteurs, je n'écrirais pas. 

Soyons clairs : avoir des lecteurs ne veut pas forcément dire "publier". Ce peut être des amis, des proches, une communauté en ligne, ou n'importe qui avec qui vous auriez envie de partager vos écrits. La première fois que j'ai réussi à aller au bout de mon processus d'écriture et de corrections, c'est quand j'ai découvert CoCyclics... et donc, quand j'ai cessé d'être seule. Quand j'ai pu faire lire mes écrits, en parler, me rendre compte que ce qui me préoccupait préoccupait également d'autres personnes, et que ça pouvait les intéresser de me lire. C'est comme ça que j'ai fini La Couleur de l'aube, mon tout premier roman.




Encore aujourd'hui, chaque fois que j'écris quelque chose, je pense à ceux qui vont me lire. Savoir que vous êtes là, derrière, me pousse à me challenger, me donne envie de me renouveler, pour vous surprendre à chaque fois. Je pense à des sujets que j'ai envie d'aborder avec vous en profondeur, à vos réactions quand vous découvrirez telle ou telle scène, au meilleur moyen de vous parler des choses qui sont importantes pour moi, et peut-être pour vous aussi, tout en vous faisant passer un bon moment.
Alors, non, je n'écris pas pour moi avant tout. Ecrire n'a pas à être un plaisir égoïste, même si c'est une activité solitaire : on a le droit d'avoir besoin de partager des choses, d'écrire un roman pour créer des liens, même invisibles, avec nos lecteurs.




Le résultat ne sera ni meilleur, ni moins bon : c'est juste votre démarche personnelle qui est différente, et vous n'avez pas à culpabiliser pour ça.

Alors... vous écrivez pour vous, pour les autres, les deux... ? :)

lundi 7 janvier 2019

Adieu 2018, bonjour 2019 !

Mais... serait-ce un blog qui ressuscite d'entre les limbes d'Internet ?





Incredible. On ne l'attendait plus, et pourtant, il est bien là... ^^
Et je commence par vous souhaiter une BONNE ANNEE et par m'excuser pour mon silence ici en 2018 : ce n'étaient pas les idées d'articles qui manquaient, mais je n'ai pas réussi à trouver le temps de les rédiger. En fait, je n'ai pas réussi à trouver le temps de faire grand-chose, comme vous allez vite vous en rendre compte dans ce bilan. 
Mais qu'à cela ne tienne. 2019 est là et j'ai bien l'intention de retrouver du temps pour vous !

Alors, au final, qu'est-ce que j'ai fait en 2018 ?

Côté écriture

- J'ai publié Erreur 404, et ça, c'était carrément trop chouette. Ce roman est un OVNI, je n'étais pas très sûre que vous me suivriez dans mon délire... et pourtant, vous êtes là, encore et toujours ! 
Merci pour ça. Merci de me permettre de briser quelques habitudes quand ça me chante, parce que c'est ce qui me plaît dans l'écriture. Ce défi de faire autre chose, de sortir de ma zone de confort, de vous sortir de la vôtre, encore et toujours, sans diminuer le plaisir de lecture (au contraire, même). C'est ce qui me stimule et que je vais continuer à cultiver. Alors, merci, vraiment.





- J'ai fini d'écrire et de corriger #TousDebout avec Cindy (Van Wilder, mon amie de coeur et de plume, pour les nouveaux venus), et ça aussi c'était un sacré challenge. J'ai toujours dit que je ne pourrais jamais écrire à deux, jusqu'à ce que je le fasse avec Cindy. Et bon sang je ne regrette pas d'avoir essayé. Ecrire à deux, c'est sortir de ses schémas narratifs inconscients, comprendre comment l'autre fonctionne, et comprendre mieux comment on fonctionne soi-même. C'est aller plus loin, bien plus loin qu'on ne l'aurait été en restant dans son coin. C'est oser ce qu'on n'aurait pas osé sans la présence de l'autre à nos côtés.

- J'ai écrit un roman 12 ans et +. Nom de code : Tous pour un. C'est un court roman épistolaire à la mode des nouvelles technologies : FB, Twitter, Snapchat, What's app, les t'chats, les forums, les mails, les SMS... tous les supports écrits connectés y passent, pourvu que ça puisse aider mes trois pré-ados solitaires à communiquer.
Il est actuellement en soumission chez différents éditeurs ; plus de news dès que j'en aurai. Croisez les doigts !

- J'ai tout juste commencé une nouveau YA. De l'anticipation, mais pas de jeu vidéo cette fois : on va parler médias, publicité et temps de cerveau disponible.

Et en fait, moi qui avais l'impression de ne quasiment pas avoir écrit, je me rends compte que ce n'est pas si mal !  Les six premiers mois de l'année, je n'ai quasiment pas touché le clavier, mais je me suis un peu rattrapée à la fin de l'été. Cette pause m'a fait du bien autant qu'elle m'a frustrée. J'ai l'impression d'être arrivée au bout d'un cycle d'écriture, d'avoir besoin de me chercher pour en commencer un nouveau, pour continuer à me renouveler. J'ai des idées, des envies, et je tâtonne un peu pour y mettre de l'ordre. J'ai envie d'aller plus loin que ce que j'ai déjà fait, comme si j'avais besoin de franchir une étape dans mon écriture.
Ça va être mon défi 2019 : maintenant que j'ai bouclé tout ce qui était en cours, il est temps de me relancer franchement pour aller de l'avant.


Côté boulot

En 2018, j'ai beaucoup travaillé, sur des projets très variés, et c'était génial. Je travaille notamment pour les éditions Eyrolles, avec qui je bosse vraiment le fond des romans (des romans de fiction/développement personnel), ce qui est à la fois un enjeu de taille et un réel plaisir.




Beaucoup de manuscrits lus (et acceptés !) pour Scrineo également : il y a plein de sorties prévues l'an prochain, pour mon plus grand bonheur... J'ai un peu mieux réussi à gérer mon rythme de lecture puisque j'ai réussi à lire quelques romans pour moi (truc de fouuu !), sans être trop à la traîne. J'espère continuer sur cette lancée !




Si le premier semestre a été plus que chargé de ce point de vue-là, la fin de l'année est en revanche plus calme, ce qui me permet à la fois de souffler et de recommencer à prospecter. J'aimerais diversifier mon activité, découvrir de nouveaux projets et de nouveaux éditeurs, pour maintenir mon activité malgré les diminutions de production éditoriale.
2019 va donc sûrement voir des évolutions, que j'espère positives : après deux années de course folle, je m'arrête tout à coup et prends le temps de me demander où j'ai envie d'aller. La trentaine qui approche, sûrement ! :)

Côté perso

L'an dernier, j'écrivais : "En 2018, c'est la vie perso qui va passer en priorité, au moins pour ce premier semestre (et le 2e sera probablement employé à rattraper le retard pris sur le reste au 1er semestre et à dormir). "
Eh bien, je ne me suis pas trompée :) 
Le premier semestre a été quelque peu envahi par cette petite bête appelée "mariage" qui a fini par occuper toutes mes pensées jusqu'au jour J. Et bon sang que c'était bien ! Une journée pleine d'amour, de tendresse, une invitation au voyage en compagnie de nos proches... Je ne regrette pas une seconde le temps que je lui ai consacré. Même si je suis aussi contente que ce soit terminé, pour pouvoir reprendre mes autres projets ^^

Crédit photo : Nicolas Elsen


Après le mariage, il y a eu les travaux, et après les travaux, les vacances. Si bien qu'on est arrivés à la fin de 2018 sans que j'aie eu le temps de comprendre ce qui se passait !
En 2019, j'espère retrouver un rythme perso plus calme, et profiter de ce bonheur qu'on a construit en 2018. Et puis, il paraît qu'on a un voyage de noces à préparer... :)

En conclusion ? Une année 2018 qui a filé à toute allure, pleine de moments forts inoubliables, et qui me laisse l'impression de me trouver à la croisée des chemins. J'ai accompli mes objectifs, je suis là où je voulais être. Et maintenant ? Comment je vais faire grandir mon écriture ? Vers où vais-je diriger mon activité professionnelle ? Comment vais-je concilier ma nouvelle vie de famille et cet avenir qui n'attend que moi ? Ils sont là, mes enjeux de 2019, mes objectifs pour cette année : trouver mon rythme, me renouveler, cesser de courir et marcher vers la direction que j'aurai choisie. Je sais, c'est assez vague comme objectif, mais après tout, ça fait partie du deal : me laisser porter pour être capable de saisir (ou d'aller chercher !) de nouvelles opportunités. Ah, et j'ai la ferme intention de reprendre ce blog en main, aussi. Vous être prévenus.

2019 : here I come !