mardi 24 mai 2016

Demandez le programme !

Les Imaginales 2016, ça commence très très bientôt !!!





Cette année est bien spéciale pour moi parce que j'y suis, pour la première fois, invitée pour le festival, et si vous savez à quel point j'aime ce salon (le premier que j'aie jamais fait), vous savez ce que ça représente pour moi.

Je serai donc présente depuis jeudi en début d'après-midi jusqu'à dimanche midi, et vous me trouverez quelque part autour de la table centrale, ou dans les allées, ou en train de faire un coucou aux copains des éditions du Chat Noir, ou au bar... Bref, n'hésitez pas à venir me voir, table ou pas, ça me fera plaisir ! (Et comme j'ai souvent la bougeotte en salon, c'est plus prudent ;) ).

J'aurai normalement tous mes livres, à l'exception du Secret des Bois-Noirs. Si toutefois vous voulez ce dernier, vous avez jusqu'à mercredi soir pour m'en demander un exemplaire en privé ; je l'apporterai exprès pour vous !

C'est aussi l'occasion de faire mes premières conférences... Gloups !
Vous pourrez donc m'entendre débiter des âneries papoter à plusieurs reprises au cours du festival :



jeudi 26 mai





(Avec Christopher Priest !!!)

vendredi 27 mai





(Avec Paul Beorn et ma chère Silène Edgar !)

dimanche 29 mai




mardi 10 mai 2016

Les 10 conseils d'écriture que je ne suis jamais

On voit fleurir un peu partout sur la toile des conseils d’écriture. Et c’est bien !
Ils sont très bons et constituent une méthode possible pour vous aider à trouver la vôtre.

Seulement, si, comme je l’ai fait longtemps, vous vous culpabilisez parce qu’il y en a un certain nombre que vous n’arrivez pas à suivre, voici une petite liste perso qui devrait vous aider à vous rappeler d'une chose : les conseils sont une boîte à outils, pas une règle absolue. 
Attention : je ne dis pas que ce sont des mauvais conseils, simplement qu'ils peuvent vous servir, ou ne pas vous correspondre. A vous de faire votre choix !

Voici donc les 10 conseils d'écriture que je ne suis jamais !


1 - Faire un plan

C'est LE conseil que je ne suis jamais - d'ailleurs, c'est simple, les rares fois où j'ai essayé, j'ai lamentablement échoué et l'histoire finale ne ressemblait pas du tout à ce que j'avais écrit au départ.
Je ne vais pas m'étendre sur la question, vu que j'en ai déjà parlé ici (et sans doute ailleurs). 
Bref : faire un plan, c'est génial si ça vous convient, mais pour ma part ça me bloque complètement.

Mes plans ressembleraient plutôt à ça.


2 - Faire des fiches de personnage

J'en ai fait pour La Couleur de l'aube, parce que mes personnages avaient une fâcheuse tendance à changer de vêtements et de couleur de cheveux deux ou trois fois au court du roman ^^'
Cela dit, je ne les ai jamais consultées, et je n'ai pas réitéré l'expérience. Je corrige les variations à la relecture, quand il y en a, mais j'en fais de moins en moins. De toute façon, j'ai pas envie de me couper dans mon écriture pour aller vérifier !




3 - Ecrire un peu tous les jours

Encore un excellent conseil que je n'ai jamais appliqué. Ca ne me correspond pas du tout : j'ai besoin d'avoir de longues périodes pour écrire, pour m'immerger vraiment dans le roman (je suis un diesel, je mets longtemps à démarrer mais une fois que c'est parti, je ne m'arrête plus !). 
Du coup, si je n'ai pas au moins deux heures devant moi, je n'écris pas. Et comme mon rythme de vie ne me permet pas d'avoir deux heures devant moi tous les jours, fatalement, il m'arrive très souvent de ne pas écrire, parfois même pendant plusieurs semaines. En revanche, je me rattrape après en écrivant beaucoup beaucoup pendant plusieurs jours (comme en ce moment). 
J'en ai déjà parlé un peu par là-bas !


Moi, quand j'écris.


4 - Ecrire à heures fixes

Ou pas. L'écriture, c'est mon plaisir, ma passion, pas (seulement) mon travail. Je veux continuer à me faire plaisir en écrivant et, pour ça, j'ai besoin de suivre mes envies. Or, parfois, j'ai super envie d'écrire le matin avant de bosser, d'autres fois c'est le soir après dîner.
Hier encore, j'ai cherché vainement l'envie d'écrire toute la journée (que j'avais réservée rien que pour ça), et l'inspiration est arrivée à 22h... J'ai donc écrit de 22h à minuit. Ce matin, je vais m'y mettre juste après cet article, et je le sens bien.
Je me garde donc la liberté de ne pas écrire à heures fixes, et je ne pense pas que ça nuise à ma productivité (plutôt l'inverse, pour ma part, en fait). Ca dépend vraiment de votre façon de vivre :)





5 - Ecrire dans le calme, à un bureau

Même chose ! La plupart du temps, oui, j'écris dans le calme, mais je mets parfois de la musique (plutôt sans paroles, en revanche, ou alors dans une langue que je ne comprends pas), je suis parfois à côté de la télé, je regarde le Prince qui joue à la console, je vais dans un café, j'écris sur mon téléphone dans les transports... 
Si je suis lancée et en pleine inspiration, je peux écrire dans n'importe quelles conditions, et j'aime varier. J'ai notamment un très chouette souvenir d'une scène de De l'autre côté du mur écrite dans le RER... Vous savez, celle où Sibel découvre un garçon sans savoir ce que c'est ? J'ai levé le nez de ma tablette, et j'ai regardé les hommes autour de moi en me demandant comment je les verrais si je n'avais vu que des femmes pendant toute ma vie. Je me suis bien marrée ^^
Oh, et, en lieu et place de bureau, j'ai un super fauteuil avec repose-pied, un plaid et une panthère de poche qui vient squatter mes genoux ;)


Il est beau mon bureau, hein ?


6 - S'habiller comme pour travailler

Un coup d'oeil à ma tenue du jour suffit à faire mentir ce conseil : jogging et sweat confortable. Quoi, je ne vois personne, je fais un truc qui ne concerne que moi, j'ai envie d'être dans mon petit cocon de confort, ce n'est pas ça qui va m'empêcher d'écrire !
(Je comprends le conseil, cela dit, pour ceux qui ont du mal à se concentrer chez eux, ça permet de se mettre en condition pour travailler efficacement.)



7 - Couper Internet

Surtout pas ! J'ai besoin de lien avec les gens quand j'écris et, puisque j'ai rarement l'occasion d'écrire avec d'autres personnes, suivre les nouvelles via les réseaux et les mails m'apporte un substitut. Chez moi, l'écriture n'est pas un acte solitaire : j'envoie des extraits à ma chère Cindy pour partager ma joie ou mes difficultés, je râle sur les réseaux, je fais un peu de teasing. Ca entretient mon envie d'écrire ce roman et contribue à me mettre dans de bonnes dispositions (ça m'évite aussi de trop gamberger sur mes difficultés !).
Les réseaux sociaux (ou les mails) me permettent aussi de faire des micro-pauses très régulières, et m'empêchent de bloquer trop longtemps sur une phrase qui ne vient pas (je regarde autre chose, le cerveau cherche en arrière-plan, l'air de rien, et quand je reviens sur la page avec un peu plus de recul la solution se met en place toute seule).
Il m'arrive quand même de couper le net de temps en temps, quand je me laisse embarquer dans le vice de la procrastination et que je veux me donner un coup de fouet, mais ça reste l'exception.





8 - Imprimer et relire sur papier

Alors, oui, on a un meilleur oeil quand on relit sur un autre support, et plus de recul, et ça fatigue moins. Ce conseil est excellent. Mais je n'ai ni les moyens d'imprimer chaque roman pour les relire en papier (déjà que pour envoyer aux maisons d'édition, je choisis seulement celles qui acceptent en numérique !), ni l'envie de prendre des notes à l'arrache dans une marge et de devoir tout retaper après sur mon fichier (je déteste refaire un truc que j'ai déjà fait, je m'ennuie à mourir). Or, dans l'écriture, j'ai une règle d'or : ne jamais m'ennuyer.
Donc, même si c'est vraiment un bon conseil pour se relire, je ne l'applique pas non plus. ^^





9 - Avoir toujours plusieurs idées d'avance

Beaucoup d'auteurs débordent d'idées de romans et plongent dans des carnets pleins d'ébauches dès qu'un éditeur leur demande s'ils ont quelque chose pour eux (ce qui nous prend en général au dépourvu, et c'est toujours bien d'avoir quelque chose à répondre !). 
Ce n'est pas mon cas. J'ai peu d'idées mais, toutes celles que j'ai, je les développe à fond. Là, par exemple, il y a encore quelques semaines je ne savais pas ce que j'allais écrire après A la petite cuillère. Maintenant, je sais quel sera le prochain (et encore, c'est rare que j'aie une idée si tôt dans la rédaction de mon premier jet, les circonstances sont particulières), mais je n'ai aucune idée de ce que j'écrirai ensuite.
Quand je suis dans un premier jet, je ne pense qu'à lui !

Bon... Je fais quoi, maintenant ?


10 - Prendre des notes

L'inspiration arrive souvent quand on s'y attend le moins : sous la douche, en cas d'insomnie, pendant qu'on prépare le repas... Beaucoup conseillent d'avoir toujours un petit carnet de notes à portée de main pour tout noter et ne rien perdre.
Je ne le fais pas, d'abord parce que j'ai souvent la flemme (je vous ai déjà dit que j'étais flemmarde ?), ensuite parce que je laisse mon cerveau faire une sélection naturelle dans mes idées et oublier les mauvaises. Les rares fois où je note, c'est quand j'ai ZE formulation pour une phrase, comme ça, dans un moment impromptu, et que je ne veux pas risquer de la perdre. (Un jour, je vous parlerai de mes phrases fétiches :) )





Voilà pour les 10 conseils que je ne suis jamais ! J'espère que ça vous a un peu décomplexé ou, du moins, amusé, de voir à quel point je suis bordélique dans ma méthode de travail, et j'attends vos commentaires sur vos propres méthodes !

mercredi 4 mai 2016

Concours Flash - Extrait de mon roman en cours

Chose promise, chose due : voici un extrait tout chaud de mon roman en cours (même pas relu, c'est dire !), pour que vous puissiez voir à quoi ressemblent mes premiers jets.
A priori, il n'y a pas de gros spoilers, donc vous pouvez y aller (d'autant que ça peut changer 25 fois d'ici à la version finale !).
Prêts à découvrir Sora, l'héroïne de A la petite cuillère, ainsi que sa soeur Kay ?





"Au fond, Kay est comme moi : elle sourit peut-être de l’intérieur, même si ça ne se voit pas sur son visage. Elle aussi doit lutter contre une douleur, même si cette douleur se situe tout au fond de son cœur, alors que la mienne est à la cheville.
Les messages continuent d’arriver les uns après les autres. Je les lis fébrilement, plus ou moins d’accord avec eux. Il y en a un, en particulier, qui me fait monter les larmes aux yeux.

Jérôme Baltier Pour ta sœur, je ne sais pas si je peux t’aider, n’ayant jamais vécu ça (je vis seul depuis des années). Mais ne dis plus jamais que tu mourrais sans elle et que tu ne peux rien faire. Sur une jambe ou sur deux, tu peux être qui tu veux, Sora. TU PEUX ÊTRE QUI TU VEUX. Ce que tu veux vraiment, donne-toi les moyens de l’obtenir et tu l’obtiendras. Tu ne peux pas travailler dans une librairie ? Ecris des romans, tu n’as pas besoin d’être debout pour ça. Tu ne peux pas être serveuse ? Tiens la caisse, avec une bonne chaise et un repose-pieds. L’énergie, tu la trouveras toujours – du moins si tu le veux vraiment.
C’est à toi de décider comment tu dépenses tes cuillères. Ta maladie peut te dicter quand te reposer, mais elle ne te dictera jamais qui tu es.
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Je ferme les yeux un instant pour m’imprégner de ses paroles. Elles résonnent en moi d’une manière particulière, comme si j’avais toujours voulu les entendre sans le savoir. Une seconde, je me prends à y croire, à me rêver en superhéroïne qui va casser la gueule de Marc et de ses copains pour sauver Kay et laisser derrière elle la peur qui la paralyse. Et puis une alarme familière sonne dans mon esprit. Attention, tu vas tomber de haut.

Je soupire. Ce sont de belles paroles, mais dans les faits… Je ne pourrai jamais casser la gueule de Marc ou protéger ma sœur, pas plus que je ne peux l’emmener faire un footing pour la défouler. Or, ça, c’est ce que j’ai envie d’être. Quelqu’un d’actif, prêt à déplacer des montagnes pour ceux que j’aime, au lieu de rester le cul vissé sur mon lit à surfer sur le net, alors que les réponses à mes questions ne s’y trouvent pas. Un simple coup d’œil à mes cuisses suffit à se rendre compte que ça n’arrivera jamais : elles sont toutes fines à force de ne pas servir. Mes muscles ont fondu en moins de deux mois, et ma jambe gauche, plus maigre encore que la droite, fait flipper, alors que je grossis à force de ne pas bouger. À se demander comment je tiens encore debout – et si ça va durer longtemps. Je peux être qui je veux, hein ? Je veux marcher, pourtant, et je n’y parviens pas…"