jeudi 3 mars 2016

Auteurs : top 10 des trucs qu'on ne nous apprend pas

Quand on est auteur (dans le sens : au point de présenter notre manuscrit à des éditeurs), il y a des tas de trucs qu'on ne nous apprend pas et qu'on découvre sur le tas.
Bon, pour être honnête, on ne nous apprend rien vu qu'en France, ça ne se fait pas d'apprendre à écrire et qu'il paraît que le talent est inné (ah ah). Mais admettons qu'on sache écrire une histoire bonne à être publiée, encore faut-il savoir le reste aussi.

"Le reste ? Quel reste ?" demande l'auteur paniqué, qui a sué sang et eau sur son manuscrit et qui pensait être au bout de ses peines.
Le reste, mon petit, tu vas l'apprendre comme tu pourras, en te plantant, en écoutant l'expérience des autres, en expérimentant à ton tour, parce que personne ne te dira jamais que ça fait partie du job et que tu dois t'y préparer (sauf, éventuellement, les copains auteurs qui sont passés par là et qui ont appris quelques trucs). Comme si, parce que tu sais écrire un livre, tu savais forcément les faire aussi.

C'est parti pour mon top 10 des trucs qu'on ne nous apprend pas !

1 - Présenter un roman aux éditeurs


C'est une étape incontournable si on veut être publié. Or, il y a tout un tas de trucs à ne pas faire si on ne veut pas se griller toute de suite dans le milieu et, à moins de connaître déjà ce milieu, vous serez bien en peine de savoir lesquels. 
Bon, en soi, c'est surtout du bon sens : ne pas harceler l'éditeur, éviter de lui dire que mamie a adoré votre bouquin, ce qui prouve bien que vous êtes un génie ; rendre un manuscrit lisible... Mais, il faut quand même y penser et se renseigner un peu sur le net. Heureusement, ça reste quelque chose de faisable.


Illustration : Stoni


2 - Signer un contrat


Là, ça se corse un peu : à moins d'avoir l'habitude de faire ça et de savoir quelles petites lignes regarder, vous allez avoir besoin d'un peu d'aide. Non, on ne signe pas un contrat les yeux fermés, juste parce que "c'est la publication qui m'intéresse, pas l'argent"... Ou alors, on le regrette souvent après, quand on découvre un peu les usages du métier !
On peut se renseigner sur la Charte des illustrateurs qui fait de supers guides explicatifs, mais encore faut-il savoir où chercher. 
Bref : mieux vaut demander à un auteur expérimenté de jeter un oeil, si vous en avez la possibilité.





3 - Faire sa promo


Donner envie sans avoir l'air trop lourd, être accessible sans faire amateur, gérer des réseaux sociaux, parler de soi en salon ou répondre à des interviews, tenir un blog... Vous devrez être à la fois community manager, rédacteur web et attaché de presse. Or, même quand on a ces aptitudes pour les autres (et ce n'est pas donné à tout le monde), le faire pour soi apporte un défi supplémentaire, vu que c'est assez mal vu de se vanter mais qu'on attend quand même de vous que vous parliez de ce que vous faites, histoire d'attirer vos lecteurs.




4 - Pitcher


Résumer son propre livre sans se perdre dans les détails, les détours de l'intrigue ; en donnant envie, encore une fois, en quelques mots. Le beau défi ! C'est un exercice à part entière, et si vous croyez que quelqu'un vous préparera le terrain, vous vous trompez. Un conseil : entraînez-vous devant des amis, testez les réactions et ajustez en fonction. J'ai une pensée émue pour mes premiers lecteurs, en salon, qui ont eu droit à des pitchs tout embrouillés où je m'enfonçais un peu plus à chaque mot... Et surprise du chef : ça recommence à chaque nouveau roman.

Illustration : Sophie Navas


5 - Faire une dédicace


Hé oui ! Ca, c'est de l'écriture, et pourtant... C'est pas si simple ! Déjà, il y a une page bien précise pour faire sa dédicace ; ensuite, c'est mieux d'éviter le "Pour Bidule, Bonne lecture, Cordialement.". 
Mettre la date, signer, écrire un petit mot à la volée tout en discutant avec le lecteur... Ajouter des tampons on des stickers, dessiner, mettre des jolies couleurs ou pas. Chacun sa technique, à vous de découvrir la vôtre sur le tas.
Ou de vous y préparer si, pour vous comme pour moi, ce n'est pas inné ;)

Source : Aaaboum Paboum


6 - Savoir comment se comporter en salon


Faut-il attirer le chaland ? Sourire ? Dire bonjour ? Laisser les gens approcher ? S'habiller d'une façon particulière ? Chacun y va de son conseil (surtout si vous n'avez pas de chance et que le public n'est pas pour vous ce jour-là), et avec ça, vous avez plus qu'à vous débrouiller... Là encore, on teste, on a une pensée émue pour tous ceux qui ont fait les frais d'une expérience ratée. 


Illustration : Alice Baguet


7 - Faire face aux trolls du dimanche

Qui dit salon dit troll du dimanche. Ce promeneur qui est là sans trop savoir pourquoi et qui s'ennuie assez pour venir vous dire que ce que vous faites, c'est nul / pas assez comme ci / trop comme ça, alors qu'il ne vous a même jamais lu (même pas la 4e !). Ou cet excentrique qui a l'air de vouloir vous dire un truc mais que vous ne comprenez pas ; celui qui veut un truc bien précis et vous jette un regard meurtrier si vous essayez de l'aider... 
Mais, mais... on m'avait pas prévenue, moi ! ;)




8 - Participer à une table ronde


Imaginez : quelqu'un qui vous pose des questions sur un sujet dont vous n'êtes pas forcément spécialiste, devant plein d'autres gens. Ca a l'air simple, quand on regarde les autres, mais une fois de l'autre côté... En fait, je peux pas vous dire, je n'en ai pas encore vraiment fait (et j'avoue être un poil stressée à l'idée que ça change !)
Ca non plus, on ne nous l'apprend pas !





9 - Faire une intervention scolaire

O.K. On est invités à parler devant une classe, c'est super génial ! En plus, tout le monde est persuadé que vous avez déjà fait ça mille fois et que les enfants vont adorer. C'est bien beau, mais n'est pas pédagogue qui veut. Que leur dire ? Comment gérer la classe ? Les éléments perturbateurs ? 





10 - Donner des cours d'écriture

Là encore, ce n'est pas parce qu'on sait écrire un roman qu'on est capable d'expliquer aux autres comment faire. Pourtant, personne ne vous posera la question, comme si c'était une évidence. Bien sûr, rien ne vous oblige à accepter, mais soyons réalistes, c'est quand même une expérience qui a l'air chouette. Et puis, après tout ce que vous avez déjà appris sur le tas, vous êtes prêt à toute éventualité maintenant, non ? ;)






Bref : être auteur, ce n'est pas juste savoir écrire (d'autant qu'on est déjà en perpétuel apprentissage de ce côté-là), loin de là. Ca vient avec un gros package d'apprentissages sur le tas, d'erreurs et d'expériences ratées (ou réussies). Mais c'est ça qui est chouette, non ? On n'a jamais fini de découvrir des choses ! :)

9 commentaires:

  1. Haha j'aime beaucoup ton article :D

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    1. Merci ^^ Ca fait remonter des souvenirs !

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  2. pouuuuaaahhh tout un programme. Je veux un manager x)

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    1. Si tu en trouves un pas cher, je prends ! ^^
      Non, en vrai, au final c'est aussi une tonne d'expériences géniales. Mais faut s'accrocher au début !

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  3. Non, ça va, c'est pas flippant pour un sou tout ça !
    Et après, soi-disant que c'est pas un métier...

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    1. AH ça, c'est sûr que c'est même plutôt un métier assez complet...
      Bon, ça va, je suis contente si je t'ai pas fait peur, alors ! ;)

      Plus sérieusement, tout n'arrive pas d'un coup, et puis on se dépatouille assez vite si on observe et qu'on écoute autour. Mais des fois, on a quand même l'impression d'être poussés dans une cage aux lions ^^

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  4. Il est top ton article ! \o/

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  5. Hello
    Dans certains points du top, tu évoques des sites. Tu pourrais mettre les liens, pour les flemmards comme moi ? ^^

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