mercredi 24 juin 2015

Deux extraits pour le prix d'un !

Je vous l'avais promis, il est là : l'extrait des Notes pour un monde meilleur, la future préquelle (si, si, ça a un sens) de De l'autre côté du mur, à paraître en septembre ! 



Et comme j'ai envie de me de vous faire plaisir, j'en ajoute même un petit supplémentaire... comme ça, vous découvrirez les deux voix du roman (Azra et Isaac), et les deux ambiances assez différentes qu'on va pouvoir y trouver. Non, non, je n'essaie pas du tout de vous appâter ! ^^




Hop, extrait numéro 1 : Dans la peau d'Azra

J’allume la télévision et laisse mon esprit vagabonder tandis que les images défilent devant mes yeux. Je n’écoute pas : je me contente de m’immerger dans cette explosion de couleurs, de placer mes personnages dans une forêt sombre aperçue au détour d’un zapping, d’absorber la débauche d’énergie qui m’agresse depuis l’écran accroché au mur.
Je reste bloquée un long moment sur un jeu télévisé au concept assez similaire au Scrabble, que mes arrière-grands-parents aimaient tant même si c’était déjà vieux-jeu à leur époque ; ce sont eux qui m’ont donné le goût des choses du passé, ces souvenirs anodins qui nous transportent dans un autre temps. Quand le Scrabble a été inventé, par exemple, les ordinateurs existaient à peine et les voitures roulaient à l’essence dans d’interminables bouchons. Regarder ce jeu, c’est se rappeler que la vie n’a pas toujours été telle qu’on la connaît, s’imaginer dans la peau de nos ancêtres. Pour la plupart des gens, bien sûr, il est ennuyeux à mourir, mais pour moi c’est différent. Moi, je suis synesthésique. Je vois la couleur de chaque lettre : chaque nouveau mot formé est un arc-en-ciel à mes yeux. J’aime observer la valse des couleurs sur l’écran, cette valse que je suis seule à percevoir, ou presque.
« Alors, les joueurs font un joli tableau ? »
Je sursaute, puis souris en découvrant Isaac derrière le canapé, les mains sur les hanches, l’air goguenard.
« Je me demande comment tu fais pour regarder cette émission.
― Je ne regarde pas. Je savoure. »
Il hausse un sourcil, amusé, mais s’assied à côté de moi et me prend dans ses bras. Une chaleur tendre m’enveloppe tandis que je me blottis contre lui, enfouissant mon visage dans le creux de son cou. Il sent bon.
« Tu ne travailles pas ?
― J’ai promis que je resterais avec toi ce soir.
― Si tu dois vraiment…
― Non, je veux rester avec toi. Tu as raison, ça nous fera du bien. »
Il caresse mes cheveux avec douceur, m’arrachant un soupir de bien-être. Parfois, j’oublie à quel point sa présence me réconforte, à quel point je me sens heureuse quand il me prend dans ses bras. Je murmure :
« Je t’aime.
― Je t’aime aussi, Azra. Mais… »
Je tressaille, soudain tendue. Il me serre plus fort dans ses bras, m’embrasse sur la joue, puis se précipite sur la table tactile et zappe avec un sourire espiègle.
« … mais si tu veux que je reste éveillé, c’est moi qui choisis la chaîne !
― Hé ! Je regardais !
― Non, tu savourais. Et ce soir, c’est moi que tu vas savourer. 
― Isaac ! »

Il éclate de rire devant mon air outré, échappe de justesse à mes chatouilles vengeresses, puis m’embrasse avec fougue avant de mettre les infos. Je râle un peu pour la forme, mais je suis tellement heureuse de retrouver mon mari que je le laisse gagner.




Extrait numéro 2 : au tour d'Isaac !

Cette fois, ça y est. Le Nouveau Monde est prêt. Je serai le premier à y pénétrer - un hommage de Gregor qui me fait grincer les dents, mais qu’il serait malvenu de refuser. Dans quelques minutes, je passerai de l’autre côté du mur et prendrai mes quartiers dans les dortoirs des Pères, comme nous avons décidé de nous appeler. (…)

Le conseil m’appelle ; je me présente devant la porte qui mène sur l’unique bâtiment qui deviendra notre monde. J’offre à Gregor un sourire grinçant alors qu’il me fouille pour vérifier que je n’emporte rien qui puisse compromettre notre nouvel ordre - pas d’image de femme, pas d’œuvre d’art, pas d’outil de communication avec l’extérieur. Je retiens difficilement un sourire quand il passe la main sur le fond de ma malle, sous lequel est cachée la reproduction de La jeune fille à la perle qui ne me quitte jamais. Mon premier acte de résistance. Trop sûr de lui pour se douter de quoi que ce soit, Gregor ne remarque rien.


Alors ? Plutôt Azra ou plutôt Isaac ? :)


jeudi 18 juin 2015

L'algodystrophie, ou pourquoi j'ai du mal à suivre ces derniers temps

Hello les amis !

Vous l'aurez remarqué, je me fais plus discrète sur les réseaux sociaux ces temps-ci, sans compter le rythme de parution des articles de blog qui diminue fortement. Pour une fois, ce n'est pas parce que je suis overbookée, mais tout simplement parce que je n'ai pas assez d'énergie pour écrire, et une concentration qui frôle le zéro pointé. La raison est toute simple : depuis un peu plus d'un mois, j'ai une algodystrophie à la cheville. Ou un Syndrome Douloureux Régional Complexe, si vous préférez. Tellement glamour :)




Ce mot barbare est la raison pour laquelle vous me verrez surtout en béquilles dans les mois à venir : c'est une complication imprévisible qui survient après un traumatisme (ici, mon entorse d'il y a trois mois), sans qu'on sache vraiment expliquer pourquoi, qu'on ne sait pas vraiment soigner mais qui a la bonne idée de se soigner toute seule dans 90 % des cas.
Seulement, ça prend du temps. On parle de un à deux ans pour une rémission complète, sans séquelle. 
Et ça fait mal. Vachement mal, même. Du coup, je prends des antidouleurs, et même si je les supporte plutôt bien ça rend la concentration encore plus difficile (Oh, un éléphant rose !). Et puis je passe beaucoup de temps chez le kiné, aussi, pour éviter de perdre ma mobilité, ce qui peut arriver.

Pour en savoir plus : 
L'algo, késaco ? 
Un site qui illustre bien la façon dont la pathologie s'adapte à chacun, et varie beaucoup : http://algosdrc.free.fr/lalgo_c_quoi.php

Mais si j'en parle ici, ce n'est pas pour me plaindre (j'ai des tas d'occasions de le faire en dehors du blog ^^), c'est plutôt pour vous expliquer que j'apprends petit à petit à vivre avec la douleur et sans pouvoir marcher. Et comme j'ai l'habitude de vous donner mes ressentis sur les choses que je vis, l'algo ne va pas faire exception à la règle :)



La première chose à faire, c'est de s'entourer. Parler, échanger. Ne pas s'enfermer dans le silence, même si on a peur d'embêter les autres avec nos ennuis. Tant pis : ceux qu'on embête s'éloigneront, et les autres resteront. Et puis, pour être honnête, j'ai peut-être beaucoup de chance, mais je suis plutôt très agréablement surprise par la gentillesse et la présence de tous mes proches et moins proches. 
On se rend compte que certaines personnes de notre entourage ont vécu la même chose, que d'autres nous envoient des brassées de coeurs qui font du bien les jours où on a trop envie de râler. Dans tous les cas, il ne faut surtout pas rester seul : on a déjà bien assez de moments de solitude, et demander de l'aide, c'est difficile mais c'est important. Ca permet de continuer à vivre.
Alors, merci, merci à tous ceux qui sont là. Vous n'imaginez pas comme votre présence est précieuse !




Après, bien sûr, il faut faire des choix. Je dois choisir mes sorties en fonction de ce dont je suis capable, des transports, du temps que j'aurai pour récupérer derrière et de l'aide que je pourrai espérer sur place (un endroit pour m'asseoir, des gens pour m'aider à porter mon sac, à tenir mon verre, toutes ces petites choses qu'on n'imagine pas quand on vit normalement). La moindre action compte, le moindre geste demande plus d'énergie, alors on ne peut pas tout faire comme avant. Mais il faut quand même vivre, se faire plaisir... l'essentiel, c'est d'arriver à trouver son équilibre. C'est ce que je cherche en ce moment, ce que je commence à trouver. Je pense que, quand ce sera fait, je pourrai enfin reprendre mes activités normales :)

Si vous voulez comprendre un peu ce que ça donne au quotidien, je vous conseille cet excellent article sur la théorie de la cuillère, écrit par une fille qui a le Lupus, mais valable pour tout type de maladie et de douleur chronique. 





Ensuite, petit à petit, on trouve des solutions pour retrouver de l'autonomie au quotidien. J'ai un nouveau meilleur ami : mon tabouret à roulettes ! Grâce à lui, je me trimballe dans tout l'appartement sans poser le pied et en portant des choses (ce qui est impossible avec les béquilles), je peux me faire mon thé, mon café, même faire la cuisine parce qu'il se règle assez haut pour s'adapter au plan de travail. OK, et j'avoue, je m'éclate, vous venez faire la course quand vous voulez ^^ 


Oh, et puis, j'aime pas les béquilles, je trouve ça triste. Alors je me suis amusée à les customiser, et maintenant je suis contente de les montrer quand je sors avec ! Elles font fureur chez le kiné et aux différents examens que j'ai dû passer, en tout cas, et je crois que j'ai donné des idées à quelques autres patients :)





Voilà où j'en suis, en gros. Le point positif, c'est que mes neurones ont recommencé à bouillonner sur un projet mystère de la mort qui tue que s'il fonctionne c'est trop de la boulette (si, rien que ça !), et je pense pouvoir m'attaquer au synopsis très bientôt. Ensuite, j'espère réussir à enchaîner avec mes corrections éditoriales des Notes pour un monde meilleur, je sais qu'il est attendu, héhé ! Peut-être même que vous aurez droit à un extrait ? ;-)
La machine se remet en route petit à petit, et ce blog devrait retrouver son rythme normal d'ici quelque temps !

Pour le mot de la fin, je voulais dire que, si cette mésaventure m'apporte une chose, c'est bien de rebooster ma foi en l'humanité. On dit toujours que les gens sont sans-gêne, égoïstes... et c'est vrai, parfois. Mais, franchement, je ne cesse de m'émerveiller devant le nombre de gens inconnus qui font un petit geste pour m'aider, me laissent une place dans le bus, me tiennent une porte, ramassent un truc que j'ai fait tomber ; il y a même ceux qui, voyant que je ne parviens pas à passer dans la foule, se prennent la main et me fraient un chemin en criant "Attention, béquilles !". C'est vrai qu'il y en a aussi qui me bousculent et ne s'excusent même pas. Mais, franchement, comparé à tous ceux qui m'aident sans que j'aie rien demandé, ils sont vraiment insignifiants.




mardi 2 juin 2015

Les éditions Scrineo, le Young Adult et moi

En ce retour des Imaginales, j'ai une grande nouvelle à vous annoncer, même si bon nombre d'entre vous sont déjà au courant.
La parution de deux premiers ouvrages est l'occasion de l'officialiser : depuis l'an dernier, je suis directrice de collection Young Adult aux éditions Scrineo. 




Concrètement, qu'est-ce que ça implique ? 
Hé bien, je cherche des romans et des auteurs pour ma collection, je lis leurs manuscrits et, s'ils me plaisent, Jean-Paul Arif et moi décidons d'une éventuelle publication. C'est moi, également, qui effectue la direction littéraire du roman pour toutes les questions de fond.

Et à la fin, on obtient ça :


 



Je suis très fière de ces deux romans, à la fois riches et originaux, qui vous laissent des images et des émotions très vives bien après la fin de la lecture. Travailler avec Nadia et Aurélie a été (et est toujours) un vrai bonheur, et je peux vous assurer que ce n'est qu'un début ! J'ai bien l'intention de vous préparer d'autres surprises... et il y en aura pour tous les goûts.

Comme le "Young Adult" est un terme assez mystérieux sur lequel on a beaucoup de préjugés, je me permets de préciser ce que j'entends par là : pour moi, il s'agit tout simplement de romans que l'on peut lire à partir de 14-15 ans et jusqu'à pas d'âge. Peu importent le genre, la structure de l'intrigue ou le thème abordé : il faut surtout un style et une histoire qui vous happent depuis le début et ne vous lâchent plus, des émotions fortes, et des enjeux clairs. 
Tension et émotion seront les maîtres mots de cette collection, que ce soit dans la violence, dans la légèreté, dans l'humour, dans la nostalgie, dans le passé, dans le présent ou dans le futur. Même si je reçois beaucoup d'imaginaire, je cherche également des romans réalistes, historiques ou contemporains. 
Je veux des histoires qui nous font vibrer, qui aient un sens ; des histoires qui changent de ce qu'on a l'habitude de lire, ou qui abordent les sujets sous un angle différent. J'accorde une attention toute particulière aux personnages, à leur évolution et à leurs relations.

Je suis très fière de faire ce travail en collaboration avec les éditions Scrineo, qui défendent les auteurs francophones depuis toujours et apportent une grande importance à la qualité de leurs ouvrages. C'est une maison d'édition que j'admire et dont je partage les valeurs... que j'ai bien l'intention de vous faire partager à mon tour !

Le site de l'éditeur : http://scrineo.fr/.