lundi 27 avril 2015

Des livres et du thé #8



Bonjour à tous !

Aujourd'hui, je ressuscite une rubrique que je ne remplis que trop rarement pour vous parler d'un roman très spécial à mes yeux, pour plusieurs raisons. J'ai nommé : Le Premier, de Nadia Coste. 
(Vous remarquerez, si vous avez suivi les précédentes éditions de la rubrique, que je ne la fournis que de coups de coeur : pour me donner envie de faire une chronique, il faut que le roman m'ait vraiment marquée, qu'il me taraude pendant plusieurs semaines/mois.)


Le Premier, Nadia Coste



            

Résumé de la quatrième

À l'origine, il était humain....

Vaïn n'est pas mort. Pourtant, son frère l'a tué.
A-t-il ressuscité ? Pourquoi le soleil brûle-t-il sa peau ?
Pourquoi seul le sang le rassasie-t-il ?
Alors que son désir de vengeance augmente, Vaïn se convainc que la Nature l'a sauvé de la mort pour éliminer son frère et sa descendance maudite. Une traque terrible et périlleuse commence... Elle durera des siècles.

La quête du Premier Immortel depuis la fin du néolithique jusqu'au début de Rome.

Mon avis

Ce roman est donc un vrai coup de coeur : moi qui n'apprécie généralement ni les récits violents, ni la littérature vampirique, j'ai été prise aux tripes dès les premières pages et jusqu'au dernier mot. Un mélange d'émotion, de fascination et de réflexion (grâce notamment aux nombreuses références glissées dans le récit) nous pousse à suivre la quête de Vaïn, personnage principal volontairement antipathique, et à nous enfoncer dans les méandres de sa psychologie de pervers narcissique. En naît une forme d'attachement un peu coupable, ce tiraillement entre l'envie de le voir réussir, trouver une fin heureuse, et la conscience qu'il vaudrait mieux pour tout le monde que son existence prenne fin.
Ce roman brise les codes que l'on connaît pour mieux les reconstruire : il explore l'origine d'un mythe, montre un personnage qui se débat avec une nature dont il ne sait rien et dont il découvrira les aspects au fil des siècles. D'humain, Vaïn se transforme en monstre ; mais cela ne se fait pas du jour au lendemain. Ce sont les décennies qui passent et les revers qu'il subit qui lui arrachent son humanité, lui qui ne demande qu'à être aimé. Il a quelque chose du monstre de Frankenstein, à la fois horrible et innocent, qui aurait pu vivre heureux s'il n'était pas si inadapté à la société.
Avec un tel sujet, Le Premier aurait pu être un récit intellectuel intéressant mais peu passionnant ; mais sa force réside dans le style de l'auteur, qui va au coeur des choses et parvient à nous faire oublier la noirceur de son personnage grâce à la fluidité d'un récit initiatique pour (grands) adolescents.
En bref, c'est un gros coup de coeur, de façon très inattendue pour moi car je ne me pensais pas dans le coeur de cible. Innovant, dérangeant, émouvant : je ne peux que le recommander !


Pour l'accompagner
Un thé fort, épicé, soit terreux pour le côté animal de Vaïn (comme le maté brésilien), soit plus subtil, plus complexe, comme les méandres de son esprit retors.

Mon conseil : 
J'ai choisi un rooïbos épicé, à mi-chemin entre le terreux et la subtilité, et plus précisément celui de Cafés et Thés Frédéric, une petite boutique grenobloise où je fais toujours des découvertes merveilleuses. Le choix a été assez simple, puisqu'elle se situe non loin des terres arpentées par Vaïn au cours de son périple.
Lorsqu'on l'infuse, le rooïbos teinte l'eau d'un rouge sang qui se diffuse progressivement dans l'eau jusqu'à l'envelopper tout entière ; des volutes hypnotisantes se répandent dans la tasse, à l'image de l'influence de Vaïn sur les autres humains, teintée de violence et de morts. Tout comme cet étrange immortel, on ne peut s'empêcher de les regarder s'étendre, de suivre leurs évolutions du regard en se demandant jusqu'où elles iront, combien de temps elles mettront à envahir toute la tasse.
Vient alors le moment de le goûter. D'abord brûlant, inhabituel, le rooïbos demande un peu de temps pour être apprécié. Les habitués du thé seront perturbés par ces épines au goût singulier, mais finiront par se laisser séduire par son originalité à la fois puissante et subtile, tout comme Le Premier peut à la fois dérouter et fasciner les habitués de la littérature vampirique. Car Le Premier, comme le rooïbos parmi les thés puisqu'il est fait d'épines et dépourvu de théine, est à part. Même si vous n'aimez ni le thé ni les vampires, ne vous y trompez pas : vous aussi, vous pourriez succomber.
Les épices, enfin, permettent de dévoiler toute la subtilité de cette infusion, qui semble douce au premier abord mais s'imprègne dans notre palais, dans notre langue, pour y laisser un goût fort et durable. Tel est l'effet que m'ont fait les pensées de Vaïn, son esprit à la fois naïf et retors, son rapport aux terres qu'il arpente et qui évoluent bien plus vite que lui. Vaïn est le rooïbos, les personnages qu'il croise sont les épices : plus forts, plus changeants, ils prennent le pas sur lui et finissent par le supplanter, mais ne laissent aucune trace dans le sillage rouge sang qu'il a creusé au fil des siècles.
Cerise sur le gâteau, le rooïbos, dépourvu de théine, est idéal pour être bu en soirée, lorsque le soleil disparaît et que les créatures nocturnes sortent de leur abri pour chasser...

Temps d'infusion : 5 min
Dosage : 5 g pour 30 cl de thé
Pour : le soir
Ne craignez pas de le laisser infuser trop longtemps si vous n'aimez pas les boissons assez fortes, il ne contient presque pas de tanin et ne prendra pas l'amertume d'un thé vert trop infusé. 


mardi 21 avril 2015

Quand l'auteur se met à nu

Avant de commencer, je préfère vous prévenir : tous les auteurs ne se reconnaîtront pas dans ce que je vais écrire. Tous mes articles sont un point de vue personnel, mais celui-ci l'est plus encore : il va parler de moi, de mes émotions en tant qu'écrivain, de ce qu'être auteur signifie pour moi.

On me demande souvent pourquoi j'écris. Je réponds toujours que c'est pour partager, donner du rêve, de l'espoir ; c'est vrai. Mais la question est bien plus complexe que ça. Je me la pose tous les jours, chaque fois que j'ouvre Word pour continuer mes histoires. Pourquoi j'écris cette histoire-ci en particulier ? Pourquoi de cette façon-là ? Qu'est-ce que je veux mettre en valeur ? 
Pourquoi je bloque sur cette scène, pourquoi j'ai dû la réécrire trois fois et elle me semble toujours fade ? Pourquoi celle-là coule de source ?

Parfois, je trouve la réponse seule ; d'autres fois, c'est un sujet d'actualité qui me le rappelle, ou bien un article lu sur le blog d'un autre auteur, un petit mot au hasard sur les réseaux sociaux. Alors que je réécris Play Your Life pour la troisième fois, peut-être plus, j'y pense à chaque mot. J'écris pour me battre. J'écris pour crier les choses qui me révoltent, pour montrer ma peur et mon dégoût de certaines dérives ; j'écris pour ouvrir les yeux des jeunes sur le monde qui les entoure - ou sur la petite partie que je pense comprendre.
Je parle de faits de société, bien sûr, mais pas seulement : je parle d'amour, de sentiments, des angoisses de l'avenir et de la nostalgie du passé. Je parle de cette sensation d'être complètement paumé et impuissant face au monde qui nous entoure, de s'y sentir insignifiant, inutile ; de patauger pour sortir la tête de l'eau, comprendre ce à quoi on tient vraiment et s'y attacher coûte que coûte.




En somme, je parle de moi. De ma vie, de ma vision du monde et des gens ; je mets en scène mes réflexions, les choses que j'ai ressenties, en me disant que, peut-être, d'autres penseront comme moi, et aimeront voir une héroïne ou un héros qui leur ressemble. Si j'écris sur toutes ces choses, ce n'est pas parce que je me sens à part : c'est parce que je me sens comme vous. Je me dis que ce qui me parle à moi, ce que je vis, ça vous parlera peut-être à vous aussi.
Bien sûr, mes romans ne sont pas des autobiographies - pas même des autofictions. Je ne raconte pas ma vie - elle n'intéresserait personne -, je ne me décris pas telle que je suis au quotidien. Non : j'écris des fictions, et si vous pensez me substituer à mes personnages, vous vous trompez lourdement. 
Pourtant, il y a un peu de moi dans chacun d'eux. Un peu de mes proches parfois, aussi ; juste un peu, juste une facette de leur personnalité, intégrée à d'autres qui ne leur ressemblent pas. Mes romans reflètent mes pensées, ma façon de voir le monde ; mes héros portent mes espoirs, mes valeurs,  et se battent comme j'aimerais le faire pour changer les choses. Ils ne sont pas moi. Ils reflètent seulement une partie de moi.

Ce reflet est essentiel à mon écriture : c'est ça qui me porte quand je travaille mes romans, ça qui donne un sens à tout ce que je fais, à mes yeux en tout cas. Je pense que je serais incapable d'écrire autrement, car quand j'écris, j'ai besoin de croire à ce que je dis pour y mettre toute mon coeur, toute mon âme, et permettre au lecteur d'y croire aussi.
Et pourtant, c'est ce qui est le plus difficile à assumer. Quand je suis seule avec mon roman, je peux hurler celle que je suis ou que je voudrais être : cela reste mon secret, mon trésor. Mais je vous l'ai dit : j'écris pour partager. Mon roman n'a pas vocation à rester secret : il est là pour être lu, transmis, et se faire une place dans le coeur et les pensées du lecteur. Alors, à un moment, toutes ces choses que j'ai mises dans mon histoire, tous ces cris muets, toutes ces hontes secrètes, je dois les montrer au monde. Et les assumer.
Je crois que c'est le plus difficile, pour moi, dans le fait d'être auteure : sacrifier une partie de mes pensées les plus intimes pour les offrir à mes personnages - au lecteur. Pas tant au lecteur inconnu, qui représente la majorité de mon lectorat : il ne me connaît pas, ne peut pas faire le tri entre ce qui vient de moi et ce que j'ai inventé, et s'en fout pas mal de toute façon. Non : le plus dur, c'est de savoir que des gens que je connais, et dont je ne suis pas forcément très proche ou à qui je ne raconte jamais ce genre de choses, vont le lire - et risquent fortement de confondre fiction et réalité quand ils reconnaîtront quelques éléments de ma personnalité. 


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Parfois, je suis à deux doigts de m'autocensurer quand je réalise ce que je suis sur le point de me dévoiler. J'y ai pensé quand j'ai écrit mes premières scènes olé-olé. J'y ai pensé quand ma famille a lu "Le Secret des Bois-Noirs", persuadée que j'avais pensé tout ce que ma petite héroïne pensé. J'y ai pensé quand ils ont reconnu des personnages qui, à mes yeux, étaient seulement des fictions avec quelques petits traits réels. J'y pense chaque fois qu'un personnage a un trait qui me ressemble - l'amour pour la lecture, le côté fleur bleue, ou bien la situation familiale. J'y pense quand je comprends que si je n'arrive pas à écrire telle scène, c'est parce qu'elle en dévoile trop sur moi, ou bien qu'elle me demande de puiser dans mes émotions les plus profondes, les mieux dissimulées. J'y pense quand je pleure à la fin du Secret des Bois-Noirs, quand je puise dans ma phobie pour décrire la terreur de mon héroïne face à sa propre peur. Je comprends que je vais devoir les assumer, en discuter avec des personnes dont je préfèrerais qu'elles ne sachent pas tout ça sur moi, pour me protéger.





J'ai vraiment la sensation, alors, de me sacrifier pour le bien de mon histoire et de la littérature, qui à mes yeux ne devrait pas souffrir de ces considérations. C'est peut-être un peu tragique, dit comme ça, mais une de mes convictions est qu'on a déjà bien assez de pudeur et de censure dans le monde pour ne pas rajouter ces petites hontes du quotidien à nos romans. Que sont quelques discussions difficiles si mon histoire permet à ne serait-ce qu'une seule personne de se sentir mieux ?

Voilà pourquoi je continue de puiser dans ce que je ressens pour vous l'offrir : parce qu'à mon sens, le sacrifice en vaut la peine. Mais écrire, parfois, s'apparente vraiment à une mise à nu, une mise en danger de soi-même. En somme - et désolée pour la psychologie de comptoir -, écrire me force parfois à assumer celle que je suis, tout simplement, et à accepter que des "proches-pas-si-proches" se fassent une fausse image de moi s'ils assimilent l'entièreté de mes personnages à ma propre personnalité. 

Ce n'est pas facile tous les jours. Mais je me dis c'est ma toute petite pierre dans l'immense édifice de la littérature.



mardi 7 avril 2015

Trolls et Légendes 2015, c'était complètement fou !

Ce weekend, c'était ma première visite en Belgique, et donc ma première à Trolls et Légendes... Comme j'attendais ça depuis 4 ans (et que je suis restée enfermée chez moi pendant un mois avant - merci l'entorse), j'étais complètement hystérique à l'idée d'y aller !
Et une chose est sûre : je n'ai pas été déçue. 

Pour commencer, je voudrais remercier tous ceux qui savaient ma cheville fragile et qui ont été adorables avec moi, ont fait attention à ce que je ne marche pas trop et ont demandé de mes nouvelles... Merci, ça fait chaud au coeur !
Pour vous rassurer : la cheville a tenu le coup, et même si elle un peu râlé j'étais tellement heureuse de pouvoir marcher et d'être parmi vous que je l'ai vite oubliée.
Merci, aussi, à tous les amis et lecteurs qui sont venus sur le stand : vos sourires et votre gentillesse sont parmi mes plus beaux souvenirs. Sans compter les innombrables demandes sur la sortie des Notes pour un monde meilleur... rendez-vous en septembre, folks !
Merci tout spécial enfin à ma chère Cindy et aux éditions du Chat Noir, dont j'ai pu bien profiter.

C'est parti pour un compte-rendu du weekend !


En route !



Vendredi

Arrivée vendredi soir après avoir relu ma 2e partie de Play Your Life dans le train, je commence mon excursion en Belgique par une soirée chez Cindy (Van Wilder, pour ceux qui n'auraient pas suivi nos multiples aventures précédentes), dont je découvre la maison avec un grand plaisir. Je retrouve sa Muse ronronnante qui me fusille du regard parce que j'ai le malheur d'envahir son home sweet home, j'arrive quand même à lui arracher quelques caresses, je vois enfin l'endroit d'où Cindy m'écrit des centaines de mails et on papote toute la soirée. On fait même un premier selfie - c'est qu'on deviendrait modernes !


J'ai profité du weekend pour récupérer mon précieux... <3


Samedi

Cette fois, c'est parti ! Direction Trolls et Légendes, un grand sourire aux lèvres. On arrive dans le froid et sous la pluie, impressionnées par la file qui attend déjà devant les lieux alors que le festival n'a pas encore ouvert. On apprendra plus tard qu'il y avait deux heures d'attente, y compris pour ceux arrivés une heure avant l'ouverture. C'est là qu'on est contentes de dédicacer et d'avoir une entrée spéciale !
A peine arrivée, je dis bonjour aux amies que je rencontre, distribue des câlins et des sourires. Un quart d'heure avant l'ouverture, je papote avec Cindy et Silvie et vois Robin Hobb déjà en train de dédicacer, avec 5 personnes qui attendent... Consciente que l'occasion risque de ne pas se représenter, je fonce chercher mon exemplaire du premier tome de l'Assassin Royal, et 10 minutes plus tard je me retrouve devant une de mes héroïnes ! Je baragouine quelques mots pour lui dire que je suis ravie de la rencontrer, qu'elle a été un de mes premiers coups de coeur en fantasy et que le livre qu'elle est en train de dédicacer a été lu il y a une quinzaine d'années. Amusée, elle répond que ça ne la rajeunit pas, on parle un peu de Nadia Coste, et puis je ne veux pas abuser de son temps alors je laisse la place au suivant. J'espère trouver deux minutes pour discuter avec elle aux Imaginales, elle est vraiment adorable !


Mon précieux ! Et une photo découverte ce matin, qui m'a bien fait rire ^^


Ma dédicace en poche (ou plus précisément serrée précieusement contre mon coeur), je vais cette fois m'asseoir à mon stand parce que le salon a ouvert ses portes, et retrouve avec plaisir Cécile et Mathieu, mes éditeurs, ainsi que Denis Labbé qui dédicacera avec moi tout le weekend. Stand qui, bien que magnifique, avait le désagréable inconvénient d'être placé juste à côté des portes grandes ouvertes du hall d'expo, en plein courant d'air venu de l'extérieur glacial... J'ai donc passé la matinée à alterner entre les dédicaces et les discussions avec les copains ailleurs dans le hall, histoire de me réchauffer un peu. La robe Anatopik a bien vite été cachée par mon manteau et mon écharpe, d'ailleurs ! Bien sûr, il suffisait que je m'éloigne pour que des lecteurs arrivent sur le stand et s'intéressent à mon roman... Mes excuses, donc, à ceux que j'ai manqués, j'espère qu'il y aura d'autres occasions !

Le look tendance du weekend : manteau et gros pull.
Merci Bérangère pour la photo !


Quelques souvenirs en vrac :
- Le sourire de tous les gens présents, malgré des désagréments avec l'organisation du salon.
- Mikaël, responsable Sema Diffusion (la diffusion des éditions du Chat Noir en Belgique), et son coup de coeur pour De l'autre côté du mur qu'il met toujours en avant.
- Ma plus grande fan, ou plutôt ma famille de plus grands fans, qui ont tous lu De l'autre côté du mur et attendent la préquelle avec impatience... Merci à Cristal Defee pour ce beau moment, j'étais ravie de vous rencontrer, toi et ta fille !


Merci Cristal pour la jolie photo !

- Le duo de choc qu'on a formé avec Siècle pour braver la fouler et trouver de quoi manger.
- La pause déjeuner avec les amis de CoCyclics (Pandora, Isa, Franck, Mathieu, Siècle) et Andoryss et ses amis, qui m'a fait un bien fou.
- Les discussions avec mes voisins de dédicace congelés, Cécile et Denis.

Unique rayon de soleil du salon. Merci à Nathalie pour la photo !


Dans l'après-midi, je profite d'un de mes tours/réchauffements discuter avec Samantha Bailly, rencontrer Marie Pavlenko pour une discussion très intéressante et réclamer une dédicace à Gabriel Katz, que je n'avais encore jamais rencontré. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a bien rigolé ! Pour preuve, la dédicace que j'ai récoltée, et dont je me souviendrai longtemps.



Je ne sais pas où est passée la journée, mais voilà que le soir arrive déjà ! Je suis frigorifiée, et c'est avec un plaisir non dissimulé que je retrouve la voiture de Cindy - surtout parce qu'elle a le chauffage ^^ Direction le centre de Mons, où Cindy me fait toucher la tête d'un singe porte-bonheur avant que nous retrouvions la grande table réservée au restaurant. On y trouve bon nombre de membres de CoCyclics, et des amis auteurs ou blogueurs. 
Mentions spéciales :
- A Andoryss, parce que ça m'a fait plaisir de te voir enfin ce weekend un peu plus qu'entre deux courses. J'attends tu-sais-quoi !
- A Siècle, pour son câlin lumineux
- A Franck, pour les encouragements et les discussions passionnantes (là aussi, j'attends !)
- A Silvie et Bérangère, même si ce fut court
- Et à mes voisins de table pour les discussions et les fou-rires !

Nous rentrons assez tôt, avec Cindy, épuisée et déterminées à profiter de la journée du lendemain (d'expérience, quand je n'ai pas assez dormi, je me transforme en dragon ^^).

Second selfie, frigorifiées, dans la voiture :)


Dimanche

Cette fois, c'est vêtue d'un gros pull bien chaud que je suis allée au salon. Tant pis pour le look doudoune, il faisait vraiment trop froid ! Il a fait beau, ce jour-là, mais le courant d'air était toujours glacé. J'avoue avoir été peu assidue à ma table de dédicace, car j'avais la sensation d'avoir manqué la moitié du salon la veille et je ne voulais pas repartir sans avoir fait un vrai tour. Mathieu Guibé et moi profitons d'un rayon de soleil pour visiter le marché féérique en extérieur (j'ai une grosse pensée pour eux, qui étaient encore plus au froid la veille), qui est superbe. J'arrive à ne pas craquer - avec difficulté, j'avoue. Je bave sur les gaufres mais il y a trop de monde, et on s'amuse des cosplays de trolls qu'on trouve un peu partout.



Quand on revient, des enfants se ruent sur notre stand... où on avait caché quelques oeufs pour la chasse organisée par le salon. 5 minutes plus tard, il n'y en avait plus aucun, et on avait bien ri !
Je fais encore un tour, j'achète un poster de Mathieu Coudray pour l'offrir au Prince, j'arrive à voir les deux blogueuses que je devais voir dans la matinée (ouf, j'avais peur de les manquer !), une amie de passage, à discuter zombies et boulot avec Karim Berrouka et Jérôme Vincent, et pouf ! il est déjà l'heure de partir vers mon train. 

Le hasard fait que pendant le trajet vers Bruxelles, puis Paris, je me retrouve avec deux membres du Naheulband, Lady Fae (chanteuse) et Lights Naheulband, le responsable des lumières. Un peu de Trolls et Légendes m'accompagne jusqu'à Paris, puisqu'on discute scène, musique, danse, jeux vidéos, philosophie des transports, lecture, salons et futures rencontres... j'en sors ravie, et convaincue que notre petit monde de l'imaginaire fourmille décidément de personnalités formidables !

Photo du Naheulband piquée sur le net,
puisque je n'ai pas pu voir le concert

Le temps de rentrer, de rêver un peu sur les photos du festival et de câliner la minette qui m'engueule de l'avoir abandonnée tout le weekend (même si elle était pas seule), et je m'écroule dans mon lit - bien au chaud !

Il fallait bien un jour férié pour me remettre de mes émotions ! Et celui-ci a été judicieusement employé, puisque j'ai passé l'après-midi au Spa en amoureux avec sauna, hammam et jacuzzi... quoi de mieux pour se remettre d'un festival, je vous le demande ?
Et aujourd'hui, retour au boulot... Difficile d'atterrir, je vous l'avoue, notamment grâce au réveil qui n'a pas sonné (batterie à plat) et aux étoiles qui dansent encore dans mes mirettes. 

Heureusement, le 25 avril, il y a la dédicace au Cultura des 4 Temps (La Défense) avec Cindy Van Wilder et Samantha Bailly, et en mai il y a les Imaginales !




jeudi 2 avril 2015

"Play Your Life" : extrait et nouvelles

Bonjour bonjour !

Alors, qu'est-ce qui se passe en ce moment dans les coulisses du blog ?
D'abord, j'ai beaucoup de travail côté pro, donc j'ai eu une période de "mou" où j'ai eu du mal à trouver du temps et de l'énergie pour écrire. Heureusement, les projets sur lesquels j'ai bossés étaient géniaux, ça réconforte !




Maintenant que ça commence à se tasser, j'ai repris la réécriture de Play Your Life (le roman qui paraîtra dans un an chez Gulfstream), et j'ai terminé la partie 2, qui correspond à mon ancien tome 2 et à la première moitié de mon ancien tome 3 ! J'en suis à un peu moins de 400 000 signes, sachant que j'en vise 500 à 600 000 au total. Je suis contente (et soulagée), parce que c'était la partie la plus compliquée pour moi, et j'ai encore quelques doutes sur certains passages mais je pense que la structure se tient.
Et maintenant ? Maintenant, je vais la relire ce weekend et l'envoyer à ma bêta innocente (celle qui n'a pas lu les versions précédentes :) ) la semaine prochaine, pour voir si ça tient effectivement la route ou si j'ai parfois un peu trop tranché dans le vif. Et puis, en attendant son retour avec fébrilité, j'entamerai la 3e, qui devrait normalement être plus facile - mais on ne sait jamais ce qui va nous tomber sur la tête, avec les réécritures !

Mais d'abord, je compte bien profiter de mon weekend... parce que je vais à Trolls et Légendes avec ma chère Cindy Van Wilder et les éditions du Chat Noir, et j'ai super hâte de découvrir le festival, depuis le temps que je rêve d'y aller ! (Quatre ans, exactement). 




Sinon, j'ai aussi - enfin - eu une idée pour une nouvelle que je dois rendre fin avril... va falloir que je trouve le temps de l'écrire, ce qui va être délicat, mais je ne désespère pas !

Dans les cartons, j'attends des nouvelles d'un projet secret dont je vous ai déjà parlé à mots couverts, et j'ai envie de faire un ménage de printemps sur le blog (notamment en ajoutant une page qui regroupe les articles de conseil d'écriture et ce genre de choses). Et aussi d'écrire une ou deux chroniques "Des livres et du thé", avec peut-être une variante "Une série et du thé", voire "un jeu vidéo et du thé", parce que j'en ai découvert des super ces derniers temps. Oh, et aussi un article sur les dédicaces (pas en salon, celles qui sont écrites à l'intérieur des livres). Un jour. Quand j'aurai le temps.




Bon ! Mais j'arrête de blablater, parce que si vous avez lu tout ça vous avez bien mérité ce qui suit ! 
Je vous avais promis un extrait, et j'ai bien l'intention d'honorer ma promesse... attention, toutefois : ce roman est encore en travail, l'extrait est donc évidemment provisoire et peut être amené à évoluer.

Sur ce, je laisse Chloé vous raconter sa première discussion avec le beau mec qu'elle a rencontré au Life Club :)

 
S’il avait suivi votre logique, Hilmi n’aurait même pas dû me remarquer. Normalement, il ne m’aurait parlé que pour me demander où était Anne-Sophie et ce qu’elle pensait de lui, et il m’aurait fendu le cœur, comme tous les autres garçons dont je me suis cru amoureuse. Anne-So m’aurait demandé si ça m’embêtait qu’elle sorte avec lui, et j’aurais nié, trop honteuse pour avouer que je craquais encore pour un mec inaccessible. 
Mais nous avions partagé cette danse que vous n’aviez pas prévue, au Life Club ; cette danse passée inaperçue qui avait tout changé. Et ce jour-là, devant le lycée, Hilmi n’est pas passé à côté de moi sans me voir.
 - Hé, Chloé !
 - Oh !
J’ai poussé un cri surpris à la vue du garçon à la peau caramel planté devant moi avec les poings sur les hanches, un sourire narquois plaqué sur les lèvres.
 - Alors tu as aussi une voix ?
Hilmi.
Il se souvenait de moi. Mieux, il connaissait mon prénom. Et il prenait un malin plaisir à m’emprisonner dans son regard, à m’empêcher de partir comme une voleuse pour oublier ma gêne. Je me suis raclé la gorge pour me donner contenance, j’ai baissé rapidement ma jupe qui avait tendance à remonter sans que je lui aie rien demandé, puis j’ai fait quelques pas dans sa direction. J’ai passé une main dans mes cheveux. J’ai pensé : La vache, ce qu’il est canon !  
- Euh… salut. 
Nul. D’ailleurs, ses yeux pétillaient, j’étais certaine qu’il se moquait de moi.
- C’est un début, a-t-il dit.
Il a ri.
- T’es pas bavarde, hein ? Bah, c’est pas grave, on aura le temps de faire connaissance. Tu va bien en cours dans ce lycée ?
J’ai hoché la tête, le cœur battant à mille à l’heure.
- Super ! Merci pour la danse, l’autre soir. J’en avais besoin après le déménagement, c’est toujours angoissant quand on ne connaît personne. (Un coup d’œil à sa montre.) Bon, faut que j’y aille, là, mais on se voit bientôt, d’accord ?
De moqueur, son regard s’est fait doux. Il tournait et retournait la bague argentée qu’il porte à son auriculaire en attendant ma réponse, sans me lâcher des yeux. Tout à coup, la gêne qui me paralysait s’est envolée, et un sourire radieux s’est installé naturellement sur mon visage. Je lui ai adressé un clin d’œil :
- O.K. De toute façon, tu ne pourras pas te passer de moi bien longtemps !
Il a ri de nouveau, avant de me tourner le dos et de s’engager dans la rue qui fait face à l’entrée du lycée. Il m’a fallu dix bonnes minutes pour reprendre mes esprits. Moi, Chloé Blanche, j’avais dragué un mec canon sans me ridiculiser ?