mercredi 10 septembre 2014

Petit shooting pour le fun

Il est là, il est tout beau il est tout neuf : mon Secret des Bois-Noirs !

Avec le vrai collier, en plus. C'est pas la classe ?







































Et comme c'est devenu la tradition (oui, j'invente des traditions si je veux), je lui ai fait prendre la

pose... avec Wooky, bien sûr.

Attention les mirettes !

Pose nonchalante ("mais qu'est-ce qu'elle essaie de faire, encore ?")

Mademoiselle en profite pour frimer un peu...


"Si tu y touches, je mords."


Rendez-vous le 27 septembre pour la sortie en librairie !

[C'était l'article qui fait du bien à l'ego.]


mardi 9 septembre 2014

La lecture de manuscrits

Ca fait un moment que j'ai envie d'écrire un article sur la question, mais je l'ai longuement repoussé parce que ce n'est pas évident : il y a un certain nombre d'infos que je ne peux pas partager publiquement. Pour qui j'ai lu des manuscrits, quels sont ceux qui m'ont plu, ceux que je n'ai pas aimé, ceux sur lesquels j'étais indécise, quelle a été la décision finale... dans bien des cas, tous ces éléments doivent rester sous silence, par respect pour les auteurs, pour la confidentialité promise à la maison d'édition ou tout simplement parce que ce n'est pas à moi de révéler ces choses-là.
Mais je vais quand même essayer de faire un article plus général, parce que je pense que le sujet mérite qu'on s'y attarde. Je précise tout de même que je parle ici de mes propres expériences, qui ne seront pas valables pour toutes les maisons d'édition ni pour tous les lecteurs, car l'édition recèle une diversité incroyable de manières de fonctionner, en particulier pour la lecture.

Le lecteur, donc, est la petite main de l'ombre, discrète mais essentielle, à l'origine des publications des éditeurs. Qu'il soit bénévole, rémunéré spécifiquement ou partie prenante de la maison d'édition, il y a toujours quelqu'un qui lit les manuscrits que les auteurs envoient. Ben oui, forcément.

Alors, comment ça se passe ?


Il y a le premier tri. Celui du "tout-venant", où se retrouvent tous les manuscrits reçus par la poste, par mail, parfois aussi par recommandation... Bref, une grosse majorité des manuscrits reçus.
La plupart de ces manuscrits ne seront pas lus jusqu'au bout. Mais attention, pas de levée de bouclier : ce n'est pas par manque de respect envers l'auteur ou par paresse ou je ne sais quelle autre horreur qu'on entend souvent chez les aspirants auteurs. Non, c'est tout simplement parce que dans la majeure partie des cas, ce n'est pas nécessaire de lire le manuscrit en entier pour savoir qu'il ne conviendra pas. Il peut être hors ligne éditoriale (vous n'imaginez pas le nombre de manuscrits hors ligne éditoriale reçus par les éditeurs : j'ai déjà reçu des recueils de poésie pornographiques pour une collection de romans jeunesse...), avoir un style qui manque de maturité, être bourré de fautes ou proposer une histoire déjà lue trois-cents fois, et de façon maladroite. 
Pour tous ces romans, on lit quelques pages, on feuillette parfois pour passer le début et regarder si ça s'améliore par la suite (le début est toujours moins réussi que le reste, ou presque), puis on les referme et on passe au suivant.
Quand le roman passe ce cap, c'est-à-dire si on estime qu'on a besoin d'en lire un peu plus pour se faire une idée, on le met de côté, soit pour le lire nous-même, soit pour le faire lire à un autre membre du comité.




Et ensuite ? Ensuite, donc, il y a tous les romans "moyens". Ceux qui ne sont pas mal écrits, pas sublimes non plus ; dont l'histoire tient la route mais ne nous transcende pas dès les premières pages. Ce sont les plus difficiles à traiter, à mes yeux. J'ai toujours peur de passer  à côté d'un bon manuscrit parce que je ne suis pas dans la bonne humeur pour le recevoir, ou parce que ce n'est pas mon genre mais que ça pourrait plaire à d'autres, ou parce qu'il suffirait de le travailler un peu pour en faire quelque chose de très bien. Alors je lis pour voir où l'histoire me conduit, à moitié convaincue, sans cesser de me poser des questions. Peut-on faire quelque chose de ce roman ? Ou de l'auteur ? Peut-être a-t-il un autre manuscrit, meilleur, à nous proposer ?
Pour tout vous dire, dans 95 % des cas, je finis par refuser le roman. Il y a trop peu de place aux différents plannings de publication pour y intégrer quelque chose de "moyen", et trop peu de temps pour faire suer l'auteur sang et eaux sur son manuscrit si on n'est pas convaincu à 100 % qu'il faut le faire. Mais parfois, j'assortis ce refus de pistes de travail, ou d'une demande de lire autre chose, si j'ai senti qu'il y avait quelque chose, un potentiel, qui me donne envie de garder le contact avec l'auteur.

Jusque-là, lire des manuscrits est assez laborieux. Ce qu'on découvre n'est pas transcendant, il y a notre conscience qui nous taraude chaque fois qu'on veut en abandonner un parce qu'on a peur de manquer quelque chose, alors on continue jusqu'à être certains de notre choix. Refuser un manuscrit n'est jamais agréable, on sait tous combien c'est douloureux pour l'auteur (surtout quand on est aussi de l'autre côté de la barrière.) Quand on fait ça hors de nos heures de travail, vous imaginez bien que ça peut vite devenir frustrant.



Et pourtant. Pourtant, il y a aussi les aspects positifs, ceux qui font qu'on continue de lire avec plaisir. Il y a les rencontres avec les auteurs qui peuvent se révéler enrichissantes, le plaisir de les voir évoluer, de retrouver un roman qu'on a lu publié ailleurs, bien plus tard. Et puis il y a ce moment fabuleux, celui où on ouvre la première page d'un manuscrit et qu'on se retrouve embarqués dans une histoire que l'on n'attendait pas. Dans ces moments, je vous jure que mon coeur s'accélère et que j'ai un petit frisson à l'idée de pénétrer dans un univers merveilleux encore secret. Cette idée que, peut-être, grâce à ma lecture, d'autres vont être convaincus de la qualité de ce roman, vont miser dessus, et que quelques mois plus tard ce roman spécial, fabuleux, paraîtra aux yeux du monde. 
Dans ces moments-là, je me sens complice avec l'auteur, comme s'il m'invitait dans son repaire - pourtant, la plupart du temps, je ne l'ai encore jamais rencontré, voire je n'ai jamais échangé avec lui.
Rien que pour vivre ce moment, rien que pour sentir encore ce frisson, cette surprise de découvrir une perle au milieu des autres, je suis plus qu'heureuse d'avoir la chance de lire des manuscrits, d'influer sur le destins de certains romans. Ce n'est qu'une toute petite pierre dans la vie du roman, bien sûr. Mais il faut bien commencer quelque part, non ?


lundi 1 septembre 2014

"De l'autre côté du mur" : un an !

Aujourd'hui est un jour spécial : nous sommes le 1er septembre 2014, soit exactement un an après la sortie de De l'autre côté du mur. Un très joyeux anniversaire à Aslan, Sibel, Aylin et leurs amis !


Un Aslan trouvé au détour d'une rue parisienne.



Pour marquer le coup, j'ai envie de faire un petit bilan de cette année remplie d'émotions. Car, oui, des émotions, il y en a eu, et beaucoup !
Depuis le jour de la sortie, il y a eu les premiers salons en tant qu'auteure, les premières dédicaces, les premières chroniques reçues, dont vous trouverez la trace dans les pages de ce blog.
Je pensais qu'après l'effervescence des premiers mois, cela se tarirait et le livre continuerait sa vie paisiblement, plus vivant dans les souvenirs de ses lecteurs que dans leurs PAL. Mais je me suis trompée. Je me suis trompée lourdement, même, parce que vous avez été bien au-delà.

D'abord, il y a eu les photos. Vous avez été nombreux à mettre vos animaux, enfants, peluches à contribution pour m'offrir un aperçu de la nouvelle vie de mes romans, et c'est pour moi toujours une grande émotion que de découvrir les mots que j'ai écrits, les personnages que j'ai inventés, s'inviter dans votre intérieur pour partager avec vous un moment de rêve et d'espoir. Merci pour ça, vraiment. (Toutes les photos sont toujours disponibles sur mon site, ici.)

DLCDM et Brandy, le chat-muse de ma chère Cindy Van Wilder !

Et puis il y a eu les chroniques. Encore aujourd'hui, un an après, les chroniques arrivent régulièrement, presque toujours très bonnes, qui me font rougir jusqu'à la racine des cheveux et me donnent envie de vous écrire d'autres histoires pour partager tout ce que j'ai à vous dire, à vous faire ressentir et vivre, en remerciement de ces moments de bonheur. Sans les chercher, j'en ai listé une bonne trentaine qui émaillent les blogs des amis et des inconnus, des blogs très lus et d'autres moins visités. Peu importe. Ce qui compte, pour moi, c'est que vous avez envie de parler de ce roman, maintenant comme hier, que vous échangiez autour de ce que vous avez aimé ou pas, ce avec quoi vous êtes d'accord ou pas.
Car je vais vous révéler un secret : c'est ainsi que vous lui donnez la vie. C'est ainsi que mon histoire peut exister, bien plus que d'une toute autre manière. C'est génial que ça flatte mon égo, mais ça reste très secondaire : mon bonheur, c'est de voir mes personnages vivre à travers vous. Alors encore une fois, merci, à tous ceux dont j'ai répertorié la chronique, à toutes celles que je n'ai pas vues, et à toues celles qui n'ont rien écrit mais en ont parlé. Merci. (Et là encore, pour les curieux, une bonne partie des chroniques est ici.)

En plus de ça, il y a eu ces petits moments précieux qui réchauffent mon coeur. Cette adolescente timide qui me tend son roman en tremblant, me disant à mi-mots qu'elle l'a lu plusieurs fois et toute émue de me voir en vrai (qui de nous deux tremblait le plus ? Bonne question ^^). 
Cet exemplaire aux pages cornées, avec des taches de thé et un dos tout cassé, qui ressemblait au doudou préféré d'un enfant. 
Ces sourires, ces yeux qui se mettent à briller quand je raconte mon histoire.
Ces lecteurs qui reviennent me voir pour me parler de leur lecture, pour m'acheter un autre roman.
Ceux qui étaient sceptiques, et qui ont finalement adoré.

Dédicace au Décitre de Grenoble, janvier 2014.


Et tous ceux qui se posent des questions. Tous ceux qui réfléchissent au roman, qui cherchent des réponses que j'ai murmurées, qui veulent en savoir plus. Ceux qui m'ont donné envie de reprendre la plume dans cet univers alors que ce n'était pas prévu, pour répondre à leurs questions et bien plus encore : pour revenir aux origines du monde. Ceux grâce à qui j'ai écrit la préquelle, Notes pour un monde meilleur, dont je vous ai amplement parlé ces derniers temps. J'ai hâte de la partager avec vous, et j'espère qu'elle vous plaira autant que vous avez aimé De l'autre côté du mur

Alors voilà. Un an existence, pour un roman, c'est à la fois peu et énorme. Merci de me permettre de vivre ça. J'espère vous le rendre avec de belles histoires.