lundi 5 mai 2014

Finir un premier jet

Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont dû voir la nouvelle : j'ai fini ce weekend le premier jet de troisième et dernier tome de la trilogie Play Your Life, dont vous trouverez une présentation ici si vous êtes curieux.
A cette occasion, je termine mon (*compte sur ses doigts*) septième premier jet de roman depuis que j'ai commencé à écrire sérieusement, en 2010. Je pensais qu'avec le temps, la sensation que j'éprouve à ce moment-là changerait, mais je réalise que c'est toujours un grand moment pour moi, que j'avais envie de partager avec vous.

Techniquement, la fin d'un premier jet, c'est ça :




C'est quand on met le point final à l'histoire, qu'on regarde combien pèse notre nouveau bébé, qu'on se refait mentalement les étapes de notre gestation et qu'on se dit : ça y est, il est né ! Un roman qui vient augmenter nos stats, une histoire achevée pour laisser la place aux suivantes.

Mais émotionnellement, c'est beaucoup plus complexe que ça.

Plusieurs sentiments se mêlent, se battent ou fusionnent, pour donner un état d'euphorie un peu hystérique qui peut durer jusqu'à plusieurs jours, selon la difficulté qu'on a eu à écrire ce livre.

Il y a le bonheur, bien sûr, cette joie mêlée de fierté d'être venue à bout de l'histoire, d'avoir donné vie à mes personnages et de les avoir tirés d'affaire (ou pas *mouahaha*).
Une libération, aussi, parce qu'écrire prend du temps, et que quand j'écris un premier jet, je fais beaucoup de sacrifices (j'en parle ici) : c'est donc une promesse d'avoir enfin le temps de faire tout ce que j'ai repoussé, d'avoir l'esprit plus disponible pour pouvoir me reposer, lire et profiter de ma vie sociale, jusqu'au prochain premier jet (pendant les corrections, l'effet est un peu moins frappant, même s'il est présent.)
La première étape, donc, c'est ça :



Mais il y a autre chose. Une forme de nostalgie, celle de laisser les personnages derrière nous, de n'avoir plus rien à leur apporter ; celle d'avoir terminé cette partie-là de notre vie. Celle, aussi, qu'on éprouve quand on se réveille d'une longue sieste, qu'on a fait des rêves formidables, qu'on est contents de retrouver le monde mais qu'on réalise qu'il a continué sans nous, qu'on a beaucoup de retard à rattraper sur tous les fronts et qu'il va falloir qu'on se rappelle à lui. On est, pendant quelques jours, déchirés entre le souvenir de nos personnages et la joie d'avoir fini un roman.



Il y a aussi le doute : est-ce que le premier jet est réussi ? Est-ce que je vais avoir beaucoup de corrections ? Est-ce que je serai capable de les faire ? Est-ce que je vais décevoir mes bêtas adorées ?
(Mais oui, ce roman déchire, je me suis tellement amusée à l'écrire !) (Mais tu es sûre que... ?) (Mais oui, je te dis !) (Mais quand même, t'étais pas très concentrée parfois, et puis tu as eu du mal à trouver ta fin, et puis...) (Tais-toi et laisse-moi danser ma joie !)




L'angoisse : vais-je trouver un éditeur ? A qui le proposer ? Comment formuler ma lettre ? Est-ce qu'il correspond à telle ligne éditoriale ? Untel m'en a déjà refusé quatre, est-ce que ça vaut la peine de tenter un cinquième ? Comment je vais imprimer et envoyer sans me ruiner ?



L'impatience : Cette histoire est la meilleure de toutes, j'ai tellement hâte de la partager ! (Mais est-ce que je vais trouver un éditeur ? est-ce que le premier jet est réussi ? J'ai fini, j'ai fini !)




Bref, vous commencez à voir le tableau : finir un premier jet, c'est être déchiré entre plusieurs émotions très fortes qui se mêlent de manière plus ou moins conscientes, se succèdent et se battent entre elles, de façon un peu schizophrénique parfois. Du coup, mieux vaut éviter de se reposer sur ses lauriers : c'est pas bon pour les nerfs, en tout cas les miens.
Du coup, mon meilleur conseil si vous êtes comme moi, c'est de faire complètement autre chose que l'écriture pendant quelques jours, de prendre soin de vous, de votre entourage, de regarder toutes vos séries en retard et de lire tout ce dont vous avez envie ; de faire les choses moins drôles que vous avez repoussées ; et puis d'attaquer les corrections ou un autre projet assez rapidement, parce qu'il y a sûrement des tas d'autres histoires géniales que vous avez envie de partager. Ca permettra de mettre un peu en sourdine vos petites voix intérieures, le temps de passer vraiment à autre chose :)



10 commentaires:

  1. VanouVousLivre5 mai 2014 à 11:14

    Je souhaite à ce premier jet de ta trilogie une belle envolée :) !

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  2. Bravo Aelys !!! Je souhaite évidemment un bel avenir éditorial à ces trois tomes, puisque je suis impatiente de les lire ! <3 <3 <3
    Repose-toi bien avant de repartir à l'attaque ! ;)

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  3. Encore une nouvelle aventure qui aboutit, quel talent ! :D
    C'est très intéressant de fouiner dans la tête d'un auteur afin de capter son ressenti. Ce doit être en effet un grand moment que de se dire "Tada, finito !", mais ce doit être aussi un déchirement... J'espère que ton bébé trouvera son chemin sur la voie de l'édition, en tout cas ! :)

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    1. Merci Flora ! Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un déchirement, mais il y a aussi des doutes et une certaine nostalgie, ça, c'est sûr. Disons que tout ce qu'on a laissé de côté pendant l'écriture refait surface : il y a du bon comme du mauvais, mais c'est souvent fatiguant ^^
      Cela dit, passer un weekend à ne rien faire du tout, ça fait carrément du bien !

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  4. Bravo ! C’est clair qu’on ressent un grand vide au moment où cette (première) aventure se termine, mais c’est bien normal lorsqu’on a passé des mois, voir des années, sur un roman… Bon courage pour la soumisison éditoriale ;)

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    1. Merci ! Un grand vide, je ne sais pas, c'est plus mitigé que ça. J'ai un tas de trucs à faire et je suis aussi contente de l'avoir fini, vraiment. Il y a juste un peu de désorientation ^^

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  5. La fin d'un premier jet, c'est effectivement une sensation étrange et libératrice. :) Surtout quand tout a bien "fonctionné" du premier coup lors de l'écriture et que ça n'a pas trop accroché.

    Félicitation à la jeune maman. :)

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