lundi 26 mai 2014

Imaginales 2014 - le compte-rendu

Ce matin, j'émerge avec difficulté, encore tout éblouie par les Imaginales 2014, mes premières en tant qu'auteur, de l'autre côté de la table...
C'était formidable, sans conteste mes meilleures ever, et j'espère bien recommencer l'année prochaine (même si, là, tout de suite, j'ai juste envie de dormir pendant une semaine).

Je ne pourrai pas faire un compte-rendu exhaustif tant il s'est passé de choses, mais j'ai quand même envie de partager quelques moments-clés avec vous.

Vendredi
Arrivée à l'heure du déjeuner avec ma chère Ioana, je mange sur le pouce tant je suis pressée d'aller au festival. Je dis bonjour à tout le monde avec plein d'émotions, repère les stands de mes deux éditeurs et récupère au passage mon anthologie de Malpertuis V. Arrivée au stand du Chat Noir, je découvre qu'il y a déjà des gens qui m'attendent pour les dédicaces : ça commence fort !
De quoi m'échauffer le poignet...
Je veux profiter de cette journée un peu plus calme que les autres pour faire mes achats et mes rencontres professionnelles, alors je reste assez peu derrière la table des dédicaces. Pourtant, je signe une dizaine de romans dans la journée, car des lecteurs de La Couleur de l'aube et de De l'autre côté du mur viennent me chercher jusque dans les allées. C'est émouvant, bien sûr, j'expérimente les dédicaces sauvage avec joie !

La journée est très riche en projets et en rencontres, professionnelles ou amicales. Parmi elles, Arthur Ténor, avec qui j'aurai plusieurs discussions passionnantes au cours du weekend ; Carina Rozenfeld, que j'ai déjà croisée mais avec qui je discute plus longuement cette fois ; Jean-Luc Marcastel, toujours aussi accueillant ; Annaïg Houesnard et Violène Jammes, deux collègues formidables et adorables. Je retrouve aussi avec un immense plaisir Emmanuelle Maïa, Samantha Bailly (à qui je prends les Stagiaires), Alice Scarling et son superbe Lacrimosa que j'ai hâte de découvrir, et bien sûr les inséparables Silène Edgar et Paul Beorn, ma très chère Cindy Van Wilder, Anne Rossi, Aurélie Wellenstein, Maëlig Duval...

La journée passe beaucoup trop vite, et je me retrouve avant d'avoir pu dire "ouf" assise devant un couscous aux gambas en excellente compagnie, à raconter plein de bêtises, décrire mes futurs projets et jouer les fangirls auprès de ceux des copains. Que je suis heureuse d'être parmi eux !

Où je joue les fangirls auprès de Yves Grévet (Méto, Nox)
et où j'encourage Cindy et Carina Rozenfeld avec Ioana.
Photo du Boudoir Ecarlate.

Samedi
C'est la journée des émotions. Après une conférence sur les premiers romans et quelques dédicaces sur le stand du Chat Noir, j'enchaîne le pot des éditions Armada, où je retrouve mes collègues auteurs, et celui des éditions Bragelonne, où je retrouve mes collègues éditeurs. Un saut au pique-nique où je discute avec Magali et Rémi du Club Présence d'Esprit sur le genre du Young Adult et les bienfaits du match d'écriture, et bien sûr avec les copines grenouilles de CoCyclics (c'est le retour des dédicaces sauvages), je dévore le magret de Jean-Claude Dunyach, et je vais m'asseoir derrière le stand des éditions du Chat Noir, avec la ferme intention d'y rester tout l'après-midi.
L'ambiance est excellente, j'enchaîne les fous-rire avec mes collègues auteurs Jean Vigne, Marianne Stern, Geoffrey Legrand et Denis Labbé ; ainsi qu'avec les éditeurs Mathieu Guibé et Cécile Guillot, et l'inoubliable correctrice Sandra Boulogne. J'enchaîne aussi les dédicaces, puisque dès le milieu de l'après-midi il ne me reste plus qu'un exemplaire... qui fera l'objet d'un pari avec celui des Montres Enchantées, pour savoir lequel finirait le stock en premier ! Je soudoie Denis Labbé avec une belle dédicace et Jean Vigne qui aura plus de place derrière le stand si je finis mon stock, mais la concurrence est rude !
Enfin, deux minutes avant que je ne doive quitter le stand, je sors mes plus beaux yeux de Chat Potté pour la belle Lilie, et je remporte le match sous les vivats des collègues ! 
Hum, bref : c'était formidable, merci à tous les lecteurs qui sont venus me voir, avec De l'autre côté du mur ou La Couleur de l'aube qui n'est pas en reste bien que je n'aie pas encore beaucoup fréquenté le stand des éditions Armada, faute de pouvoir me dédoubler.

Je rejoins un cercle secret sous un arbre qui se prend pour un saule, et nous trinquons avec émotion à toutes les belles réussites des membres (secrets, donc). Moment de tendresse et de bonheur.

Puis vient l'heure de la remise des prix des Imaginales, que je ne manquerais pour rien au monde. Car cette année, ma très chère amie la rayonnante Cindy Van Wilder remporte le prix du roman jeunesse ! Vivats, petite larme d'émotion, gros câlin, et aussi de brèves mais charmantes discussions avec Charlotte Bousquet et Olivier Peru autour d'une coupe de champagne (encore, je sais, mais il y a tant de choses à fêter !). 
Ensuite, hop, direction le restau CoCyclics, pour serrer Cindy dans mes bras, papoter avec plein de gens (encore !), voir les yeux qui brillent et écouter les rires des amis... du bonheur, que du bonheur :)
La soirée se poursuit tard, au bar à vin où nous rejoint Silène (les orteils en pleine forme !), elle est bien arrosée et remplie de bonne humeur... Que de projets et de bonnes nouvelles à partager !

Le grand moment de la journée... la remise du prix de Cindy !



Dimanche
Dernier jour, déjà. Petit déjeuner tardif en terrasse fort agréable, puis un tour fructeux dans la bulle avec Violène (go go go !) et Silène m'embraque pour un déjeuner avec Cindy, Barbara Bessat-Lessarge, avec qui je suis ravie de discuter un peu plus car nous ne faisons que nous croiser ; Loïc Henry, que je découvre avec plaisir (prix Imaginales Lycéen de cette année pour son roman chez Griffes d'Encre), Marika Gallman, Magali Segura, Stéphane Marsan... et Joe Abercrombie, Christopher Priest et Chloé Neill ! Je suis bien trop fatiguée (et timide) pour leur parler, mais je les écoute avec beaucoup de plaisir. Là aussi, malgré la fatigue, l'ambiance est au rendez-vous !
Je passe l'après-midi sur le stand des éditions Armada en compagnie de Jean Rébillat, Pierre Stolze, Alain Blondelon et Jérôme Baud, pour signer La Couleur de l'aube ; puis, déjà, c'est l'heure de rentrer...
Un tour pour dire au-revoir, quelques heures de train, et je retrouve mon lit (et mon chat) avec bonheur, fourbue mais des étoiles plein les yeux, une grande fierté d'auteure et d'éditrice, des projets plein les mains, des corrections éditoriales à rendre d'urgence et une préquelle de De l'autre côté du mur à écrire.

Merci au Boudoir Ecarlate pour la photo, prise samedi :)


Vivement l'année prochaine !

Mais d'abord : rendez-vous à ma dédicace du 14 juin à l'Antre-Monde :)


jeudi 22 mai 2014

"Plus j'écris, plus tu existes", dans Malpertuis V

Juste avant de partir pour les Imaginales, je vous annonce la publication imminente d'une de mes nouvelles dans l'anthologie annuelle des éditions Malpertuis ! 
L'anthologie paraîtra lors du festival, avec des nouvelles appartenant au genre du fantastique comme on l'aime. 




La mienne, Plus j'écris, plus tu existes, évoque la relation entre un auteur, son personnage et son lecteur... mais attention : tout le monde n'en sortira pas indemne ! Elle est d'un genre assez différent de ce que j'écris d'habitude (l'avantage des nouvelles, c'est qu'on peut y faire des expériences !), plus sombre, mais on y retrouve quand même la poésie que j'aime tant ;-)

Pour la petite histoire, cette nouvelle a été écrite il y a un an, lors du match d'écriture des Imaginales 2013, en 2h15 et avec deux contraintes : le thème "Plus j'écris, plus tu existes", et le défi d'y faire apparaître un vagabond impérial.

On trouve aussi des tas d'auteurs géniaux au sommaire, alors si vous aimez le fantastique : foncez !

mardi 20 mai 2014

Quand je suis fière des copains...

Un article aujourd'hui parce que quand les amis réussissent, c'est autant la fête que quand c'est moi. Et comme il se passe plein de choses pour eux en ce moment, je m'offre un moment de fierté et je leur envoie du champagne virtuel à travers ces pages !
(Et puis, bon, si ça peut vous donner envie de lire leurs bouquins... ;-) )





Première nouvelle de la semaine : ma très chère Cindy a obtenu le prix du roman jeunesse des Imaginales 2014 ! C'est le premier tome de sa trilogie aux éditions Gulfstream, les Outrepasseurs, qui a séduit le jury de ce festival qu'on adore. 
C'est d'autant plus émouvant pour moi que je venais tout juste de lui rendre mon avis sur son tome 3 avant envoi à son éditrice. Et là, je me suis dit : quand j'étais gamine, je rêvais de lire des romans géniaux en avant-première, d'être dans le secret des grandes publications, de connaître l'auteur derrière tout ça... Ben voilà, ça y est. Je suis juste trop fière de pouvoir aider Cindy sur cette trilogie promise à un si bel avenir - je le serais aussi si la diffusion restait confidentielle, d'ailleurs, mais ce roman mérite largement son succès, alors ç'aurait été dommage :-)
Bref : bravo ma belle, ce n'est que le commencement ! 
(Et, non, je ne lâcherai rien sur ce qui se passe dans les tomes 2 et 3. Mouahaha.)



Deuxième nouvelle de la semaine : 14-14, de mes très chers Silène Edgar et Paul Beorn, est sélectionné pour le prix Gulli 2014 ! Il est publié aux éditions Castelmore et est partout en librairie, coup de coeur FNAC. Infos ici ! Je vous en ai pas encore parlé, de celui-ci, mais c'est un vrai bijou, qui fait aussi partie de mes grandes fiertés de bêta-lectrice (parce que je les ai embêtés tout plein quand je les ai lus, mouahaha). 
Il est bourré d'émotions, on voit l'avant-guerre de 14 comme si on y était, par les yeux d'un ado que tout ça dépasse un peu (c'est des trucs de grand, après tout), confronté au regard d'un autre ado qui réalise subitement que ce qu'il apprend dans ses livres d'histoire est vraiment arrivé... et que son ami d'un siècle plus tôt est en danger. Bref, là aussi, c'est une immense fierté de l'avoir lu en avant-première et d'avoir apporté ma toute petite touche en le bêta-lisant.


Et puis, cette semaine, c'est aussi la sortie de Subliminale, le T1 de la Balance Brisée, de Lise Syven, toujours chez Castelmore. Celui-ci, je ne l'ai pas bêta-lu, mais j'ai eu la chance de le lire en avant-première quand même, juste pour le plaisir (merci Lise !), et encore une fois je suis super fière d'être la copine de cette auteure de talent. 
Un bon roman jeunesse, à lire et à relire sans modération, avec de la magie mais pas que, de la romance mais pas que, des histoires de famille mais pas que, des méchants mais pas que... On enferme les clichés dans un tiroir quand on ouvre Subliminale, et on en prend plein les yeux.
Vivement la suite !



Et bien sûr, il y a Nadia, N.B. Coste de son nom de plume, dont la série Space League continue de faire parler d'elle. Elle est notamment en partenariat avec Canal J, et d'autres surprises à venir ! 
Ceux-ci, je les bêta-lis tous avant l'envoi aux éditeurs, et j'ai beau n'aimer ni le foot ni le principe des pokémons, je me régale. D'ailleurs, mon petit doigt m'a soufflé que le T7 m'attendrait bientôt dans ma boîte mail...
Et puis, Nadia va aussi sortir Ascenseur pour le futur chez Syros et La Campagne aux trousses chez Imaginemos Jeunesse, deux romans superchouettes à découvrir très vite !





Bref : mes copains, ils déchirent.

lundi 5 mai 2014

Finir un premier jet

Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont dû voir la nouvelle : j'ai fini ce weekend le premier jet de troisième et dernier tome de la trilogie Play Your Life, dont vous trouverez une présentation ici si vous êtes curieux.
A cette occasion, je termine mon (*compte sur ses doigts*) septième premier jet de roman depuis que j'ai commencé à écrire sérieusement, en 2010. Je pensais qu'avec le temps, la sensation que j'éprouve à ce moment-là changerait, mais je réalise que c'est toujours un grand moment pour moi, que j'avais envie de partager avec vous.

Techniquement, la fin d'un premier jet, c'est ça :




C'est quand on met le point final à l'histoire, qu'on regarde combien pèse notre nouveau bébé, qu'on se refait mentalement les étapes de notre gestation et qu'on se dit : ça y est, il est né ! Un roman qui vient augmenter nos stats, une histoire achevée pour laisser la place aux suivantes.

Mais émotionnellement, c'est beaucoup plus complexe que ça.

Plusieurs sentiments se mêlent, se battent ou fusionnent, pour donner un état d'euphorie un peu hystérique qui peut durer jusqu'à plusieurs jours, selon la difficulté qu'on a eu à écrire ce livre.

Il y a le bonheur, bien sûr, cette joie mêlée de fierté d'être venue à bout de l'histoire, d'avoir donné vie à mes personnages et de les avoir tirés d'affaire (ou pas *mouahaha*).
Une libération, aussi, parce qu'écrire prend du temps, et que quand j'écris un premier jet, je fais beaucoup de sacrifices (j'en parle ici) : c'est donc une promesse d'avoir enfin le temps de faire tout ce que j'ai repoussé, d'avoir l'esprit plus disponible pour pouvoir me reposer, lire et profiter de ma vie sociale, jusqu'au prochain premier jet (pendant les corrections, l'effet est un peu moins frappant, même s'il est présent.)
La première étape, donc, c'est ça :



Mais il y a autre chose. Une forme de nostalgie, celle de laisser les personnages derrière nous, de n'avoir plus rien à leur apporter ; celle d'avoir terminé cette partie-là de notre vie. Celle, aussi, qu'on éprouve quand on se réveille d'une longue sieste, qu'on a fait des rêves formidables, qu'on est contents de retrouver le monde mais qu'on réalise qu'il a continué sans nous, qu'on a beaucoup de retard à rattraper sur tous les fronts et qu'il va falloir qu'on se rappelle à lui. On est, pendant quelques jours, déchirés entre le souvenir de nos personnages et la joie d'avoir fini un roman.



Il y a aussi le doute : est-ce que le premier jet est réussi ? Est-ce que je vais avoir beaucoup de corrections ? Est-ce que je serai capable de les faire ? Est-ce que je vais décevoir mes bêtas adorées ?
(Mais oui, ce roman déchire, je me suis tellement amusée à l'écrire !) (Mais tu es sûre que... ?) (Mais oui, je te dis !) (Mais quand même, t'étais pas très concentrée parfois, et puis tu as eu du mal à trouver ta fin, et puis...) (Tais-toi et laisse-moi danser ma joie !)




L'angoisse : vais-je trouver un éditeur ? A qui le proposer ? Comment formuler ma lettre ? Est-ce qu'il correspond à telle ligne éditoriale ? Untel m'en a déjà refusé quatre, est-ce que ça vaut la peine de tenter un cinquième ? Comment je vais imprimer et envoyer sans me ruiner ?



L'impatience : Cette histoire est la meilleure de toutes, j'ai tellement hâte de la partager ! (Mais est-ce que je vais trouver un éditeur ? est-ce que le premier jet est réussi ? J'ai fini, j'ai fini !)




Bref, vous commencez à voir le tableau : finir un premier jet, c'est être déchiré entre plusieurs émotions très fortes qui se mêlent de manière plus ou moins conscientes, se succèdent et se battent entre elles, de façon un peu schizophrénique parfois. Du coup, mieux vaut éviter de se reposer sur ses lauriers : c'est pas bon pour les nerfs, en tout cas les miens.
Du coup, mon meilleur conseil si vous êtes comme moi, c'est de faire complètement autre chose que l'écriture pendant quelques jours, de prendre soin de vous, de votre entourage, de regarder toutes vos séries en retard et de lire tout ce dont vous avez envie ; de faire les choses moins drôles que vous avez repoussées ; et puis d'attaquer les corrections ou un autre projet assez rapidement, parce qu'il y a sûrement des tas d'autres histoires géniales que vous avez envie de partager. Ca permettra de mettre un peu en sourdine vos petites voix intérieures, le temps de passer vraiment à autre chose :)