jeudi 27 mars 2014

Quand l'auteur va sur un salon du livre

Le weekend dernier se tenait le salon du livre de Paris, où j'étais en dédicace pour la première fois. Bientôt, il y aura aussi le festival Zone Franche à Bagneux, puis les Imaginales à Epinal.

Aller dédicacer sur un salon est une expérience très particulière, à des lieues de ce qu'on imagine d'un écrivain perché dans sa tour d'ivoire, puisqu'il s'agit au contraire de se montrer au public, de discuter avec des lecteurs, voire d'essayer d'en attirer d'autres (après tout, on y va aussi pour permettre au roman de trouver un autre public). Pour quelques heures, on se transforme donc en personnage public, plus ou moins naturellement, avec plus ou moins d'aisance selon les personnalités.

Voyons comment s'établit la transformation :



1. Le retour au réel
L'auteur lève le nez de son roman et de sa routine, constate que la poussière a continué de s'accumuler autour de lui, que le creux dans son fauteuil s'est approfondi et que le chat meurt de faim. Il se rappelle vaguement qu'il doit faire quelque chose ce weekend, mais quoi ?


Rester là et me gratouiller le ventre !


2. La communication pré-salon
Heureusement, les réseaux sociaux sont là pour lui rappeler qu'il est de salon. L'auteur relaie les infos, tente vaguement de savoir qui il doit aller voir tout en sachant qu'il en manquera la moitié, et essaie vainement de penser à tout ce qu'il doit emporter et signaler alors que ses personnages continuent de l'appeler à grands cris. Le chat aussi, d'ailleurs.


La com-mu-ni-ca-tion. C'est la clé.


3. Le choix de la tenue
Qu'il soit costumé, habillé classe, à l'arrache ou comme tous les jours, le choix de la tenue est toujours important. Elle participe à l'image que l'auteur va dégager et influera beaucoup sur son capital sympathie, très important (qui a envie d'échanger avec un auteur hyper désagréable ?). L'auteur sort donc le chat du panier à linge, choisit sa tenue "de salon", ou ses tenues quand le salon dure sur plusieurs jours, en essayant de garder le même type d'image et d'être bien dans ses baskets (ou ses bottines à talons aiguilles). Quand il veut se faire plaisir, il en profite aussi pour mettre ses jolis vêtements qu'il ne peut pas porter tous les jours, mais se demande toujours si ça ne fera pas "trop" ou "bizarre" ou "allumé" ou... Bref : se déguiser en auteur, c'est pas toujours simple.

Tu ne me vois pas... tu ne me vois pas... tu ne me vois pas...

4. La transformation physique
L'auteur a sa tenue ; il faut maintenant le corps qui va avec. On se récure, on se maquille, on se vernit les ongles, on se coiffe, on se fait une coloration... ou pas, mais là encore, après avoir mis le costume, c'est le masque d'auteur qu'on enfile. Plus ou moins naturel, plus ou moins proche du vrai visage : nous voilà désormais transformés en personnage public qui dégage une certaine image, celle que l'on s'est choisie, du moins en partie. Il n'y a que les poils de chat répandus partout sur les vêtements qui rappellent l'écrivain au travail. 

Ce halo de lumière me sied à merveille, vous ne trouvez pas ?


5. L'arrivée
L'auteur, qui a laissé chez lui un chat boudeur prêt à dormir toute la journée pour mieux se venger le soir, arrive au salon. Il se mêle à la foule, se sent comme elle pendant quelques instants, puis réalise que bientôt ce sera lui derrière la table, comme tous ceux qu'il admire. Moment de fierté. Ou de panique, au choix. Voire de lassitude, s'il a eu des mauvaises expériences.
Et puis il est là, il se glisse derrière un stand, dit bonjour, oublie où il est quelques secondes, jusqu'au moment fatidique où il doit s'asseoir sur sa chaise et sourire au lecteur qui attend.

Coucou, toi. Tu veux être mon copain ?


6. Le doute perpétuel
L'auteur passe et repasse les mêmes questions dans sa tête. Est-ce que je parais abordable ? Est-ce que mon pitch donne envie ? Est-ce que j'en fais trop ? Ou pas assez ? Est-ce que mon chat est en train de saccager mon appartement ? Est-ce que le type qui regarde bizarrement, là-bas, est intéressé par mon livre ou est encore un de ces êtres étranges qu'on ne trouve qu'en salon ?
En attendant de trouver les réponses, il sourit, il pitche, il discute, et même que des fois, il signe, un peu, beaucoup ou pas du tout. Dans les creux, il discute avec les voisins pour ne pas paraître désoeuvré. Ou il essaie.

Je l'appelle, je l'appelle pas... ? 


7. Les surprises
Il y a toujours des surprises en salon. Des bonnes ou des mauvaises, c'est selon. Souvent un peu des deux. Un lecteur qui vient avec un bouquin tout corné en disant qu'il l'a lu des dizaines de fois et en le serrant sur son coeur *moment d'émotion*, un autre qui est tellement ému de nous voir qu'il est tout timide *c'est vraiment moi qui fais cet effet-là ?*, un autre qui passe son temps à râler que ce qu'on fait est nul mais revient toujours nous voir *tu as tant de temps à perdre que ça ?*, un autre qui dit qu'on ferait mieux d'écrire autre chose (sans avoir rien lu de nous) *soupir*... 

Surpriiiise !


8. Post salon
L'auteur dit au revoir, réalise qu'il a manqué la moitié des personnes qu'il voulait voir, se dépêche de rentrer chez lui parce qu'il est épuisé, se dit que c'était génial mais plus jamais, non, plus jamais on ne l'y reprendra. Il sort le chat de la commode où il a réussi à se coincer pendant son absence, lui fait un gros câlin pour se faire pardonner d'être parti si longtemps, et dort pendant 24 heures (ou au moins 4 ou 5 d'affilée, ce qui n'est déjà pas si mal quand il doit travailler la journée et écrire la nuit, en plus de sourire le weekend).
Et après avoir repris sa routine et retrouvé les personnages qui ont profité de son absence pour faire des tas de bêtises (le chat a dû trouver un moyen de les influencer), il a déjà hâte d'être au salon suivant...

Alors, c'est quand Zone Franche, hein, dis, c'est quand ?

mercredi 26 mars 2014

Attention : concours jusqu'au 5 avril !

Bonjour à tous !

J'ai envie de vous faire plaisir, alors j'organise un nouveau concours pour gagner des goodies De l'autre côté du mur  : 5 miroirs de poche à l'effigie de Sibel sont mis en jeu, à partir de maintenant et jusqu'au 5 avril à minuit !





Pour jouer, c'est simple :

1) Aimez la page Facebook Agnès Marot - Officiel

2) Aimez l'article du concours

3) Partagez-le si le coeur vous en dit (aucune obligation pour participer au concours)

4) Commentez l'article en répondant à la question :

A quoi Sibel doit-elle faire attention lorsqu'elle danse ?
Indice

Si vous n'avez pas Facebook, vous pouvez également participer en commentant cet article avec votre réponse à la question, ou l'envoyer par mail : agnesmarot.contact@gmail.com.

Le tirage au sort sera fait parmi les bonnes réponses, et les 5 gagnants seront contactés rapidement.
(Note importante : si vous participez via le blog, n'oubliez pas de me laisser un moyen de vous contacter si vous gagnez.)

Puisse le sort vous être favorable ! :)

lundi 17 mars 2014

Des livres et du thé #5

Les Outrepasseurs, T1 : Les héritiers, Cindy Van Wilder






Résumé de la quatrième

Londres, 2013. Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l'attaque le visait personnellement et qu'elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d'un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d'une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout...

Mon avis

Déjà, laissez-moi vous dire que c'est un coup de coeur, un vrai de vrai. Un de ceux qui, deux ans après, me restent encore très bien en mémoire, avec des passages très vifs et une ambiance générale forte, et je suis tellement fière de l'avoir lu en avant-première que je n'ai pas de mots pour ça.

Passons maintenant au constructif.

Entre Moyen-Âge et temps modernes, entres fés et légendes anciennes, les Outrepasseurs nous déroutent au premier abord, ce qui fait qu'on peut parfois du mal à rentrer dedans. Mais ensuite, c'est une véritable plongée en apnée, où l'auteur nous laisse à peine le temps de respirer. Tout comme Peter d'ailleurs, qui plonge encore et encore dans la piscine à la fois effrayante et fascinante qui lui montre les souvenirs de ses ancêtres. J'aime le charme sensuel qui se dégage du Chasseur, très déroutant, mais qu'on finit par apprécier au point de ne plus savoir si on veut sauver Arnaut de ses griffes.
J'aime cette malédiction que les Outrapasseurs tournent à leur avantage, j'aime les Maisons qui se dessinent, chacune avec leur caractère, formant des clans et des alliances dans lesquelles on ne sait pas toujours quel parti prendre.
J'aime, enfin, le caractère à la fois très humain des hommes, très bestial des fés, et puis cette confusion qui s'introduit petit à petit, au point qu'on ne sait plus lequel est la Bête.

La plume est sublime, délicate et dure à la fois. La tension extrême. Les émotions au rendez-vous. Et l'intrigue est si bien ficelée que, deux ans après, j'en découvre encore des aspects nouveaux.
J'ai été frustrée de ne pas voir plus le Peter du monde réel, qui apparaît déjà comme très intéressant, mais je sais de source sûre que cela va changer dans le deuxième tome :)

Bref : un roman particulier, à la frontière de bien des choses pourtant difficilement conciliables, et dont on retient une atmosphère puissante et une tension à couper le souffle, pour une intrigue remplie d'émotions et de relations complexes entre les personnages non moins complexes. A lire dans modération.

Pour l'accompagner
Un thé atypique et typé, pour retranscrire l'ambiance du roman ; par exemple un thé boisé avec une touche fleurie pour adoucir le tout.

Mon conseil : 
Un Pu-er aux chrysanthèmes, des Thés de Chine, trouvé dans la Thé Box de mars. D'abord, parce que le Pu-er est un thé ancestral et ancien, qui appartient à la grande tradition du thé, et évoque donc, comme les plongées dans le village du Moyen-Âge, un retour aux origines. C'est un thé réputé pour sa noblesse et qui se bonifie avec le temps - on le compare souvent au vin pour cette raison. Là encore, comment ne pas penser aux Outrepasseurs qui font de leur malédiction une force, et son dirigés par... Noble, justement ?
Pour poursuivre avec les significations symboliques de ce thé (oui, promis, je parlerai aussi du goût), j'ai trouvé le chrysanthème approprié parce que, avant de symboliser la mort, il symbolisait surtout l'immortalité, la longévité. Associé au Pu-er qui évoque les hommes du récit, le chrysanthème ajoute donc la touche de magie qui manquait, et s'associe parfaitement aux fés immortels et funestes décrits par Cindy Van Wilder. Une fleur qui pourrait tout aussi bien représenter la fameuse Trois-Fois-Née, Trois-Fois-Morte, par son nom même.
Mais parlons goût, parce qu'un thé, ça se boit, vous me direz. Celui-ci est plein de surprise, il a un goût très particulier qu'on n'oublie pas (comme les Outrepasseurs, si vous avez suivi ^^). Il est très boisé, presque fumé, et m'évoque une promenade automnale dans une forêt ancestrale empreinte de mystère. Un goût fort, marquant dès la première gorgée, et auquel il faut s'habituer pour l'apprécier pleinement ; mais on y est aidés par la touche de douceur apportée par la fleur de chrysanthème, tout comme le style de Cindy nous aide à plonger encore et encore dans la terrible piscine aux sirènes, jusqu'à être complètement accros.
Caractère, mystère et symbolique, trois éléments qui définissent parfaitement les Outrepasseurs ! :)


Temps d'infusion : 3 min
Dosage : 5 g pour 30 cl de thé
Pour : la journée
Il est idéal pour accompagner un bon déjeuner, ou remplacer le café d'après-repas.
Pensez à rincer le thé et à jeter la première eau pour éviter l'amertume.



samedi 8 mars 2014

Le Couleur de l'aube - précommandes ouvertes

Le voilà, le voilou, mon nouveau roman aux éditions Armada !

Les précommandes sont ouvertes ici : http://www.editions-armada.com/La-couleur-de-l-aube.html pour une parution officielle le 4 avril (avec une carte dédicacée en cadeau pour toute souscription).

Le résumé officiel :
Moi, Doha, le monde-nature, je protège les hommes depuis toujours. Mais je meurs.
Les Villes ont accaparé mes protégés, elles les manipulent en influençant leurs émotions jusqu’à la folie. Tout n’est plus que haine, hypocrisie, jalousie, luxure et colère ; et moi, je ne peux rien faire, incapable d’atteindre le coeur des hommes. Des nuages recouvrent le ciel, chaque jour plus épais, volant mes couleurs pour ne laisser que celles des Villes : gris, marron, noir. Je n’ai plus de forces...
Mon seul espoir réside en une jeune princesse, Alya. Elle pourrait résister, si seulement elle s’ouvrait à moi. Si seulement elle retrouvait l’espoir, pour le propager parmi les hommes.
Le contact d’une main peut changer bien des choses.

Et, bien sûr : la couverture !


A très vite !

mardi 4 mars 2014

Du style

Dans un article datant d'il y a quelques semaines, ma très chère Silène Edgar évoquait la notion de style. Je vous invite très fortement à le lire : il est tout bonnement passionnant.

Voici un extrait qui m'a marquée plus particulièrement :

Je pense qu'on peut imiter le style des autres mais pas en "inventer" un, si ce n'est en écrivant encore et encore, en travaillant et en vivant pleinement jusqu'à ce qu'on soit "au seuil de la puissance et de la magie". Il ne s'agit pas non plus d'un don du ciel ou d'une quelconque puissance mystérieuse. Je ne suis pas en train de parler d'une mystique naissance du talent, qui ferait que les auteurs sont des élus, et qu'en dehors de ce don, il n'y aurait point de salut. (...)
Non, ce qui est magique dans le style n'est pas son origine, c'est sa matière, qui est comme du feu, qu'on voit sans pouvoir l'attraper. Présence bien réelle et pourtant incroyable, constamment mouvante. 


Le style est une notion sur laquelle je m'interroge depuis fort longtemps. Et puisque Silène a défini ce qui, à mon sens, représente l'essence même du style, ce qu'il est profondément, j'ai envie d'y aller de ma petite graine et de vous apporter le fruit de mes propres réflexions, plus terre-à-terres, avec quelques conseils pour le travailler, sans doute évidents mais qu'il ne peut pas faire de mal de rappeler.

1. Votre style est votre voix. Ce qui vous rend unique.
C'est votre façon de parler, de choisir vos mots, mais aussi l'endroit où vous allez faire des pauses, où vous allez appuyer sur un mot en particulier, le ton que vous allez employer, ce qu'on pourra lire entre vos paroles... C'est tout un assortiment de choses extrêmement complexes qu'on ne maîtrise pas tout à fait, tant elles font partie de nous, et évoluent avec nous.
Pour trouver votre style, inutile, donc, de chercher à imiter les autres (bien que cela puisse être salutaire pour d'autres raisons) : cela reviendrait à imiter l'accent du voisin en espérant que cela améliorera peut-être notre façon de parler. Et, bien sûr, cela sonne faux, surfait, et donc maladroit ; tout l'inverse de ce que vous espériez.

2. Votre style est complexe, pas compliqué.
C'est-à-dire que ce n'est pas en cherchant à faire des effets de style, des phrases extrêmement longues et des figures de style à n'en plus finir que vous parviendrez à trouver votre voix. Vous donnerez simplement l'impression de vous écouter parler. Pas question, non plus, de trop l'appauvrir par peur de se tromper. Faites-vous confiance. Vous trouverez vous-même votre juste milieu, celui qui vous semblera naturel ; moins vous vous forcerez, plus vite vous parviendrez à ce résultat. Du moins, lors du premier jet. Car un style, ça se travaille quand même.

3. Eliminez tous les bruits pendant les corrections.
Votre premier jet, c'est comme un enregistrement de votre voix à un moment donné. Après, il faut le travailler pour le rendre le plus accessible et évident possible. Pour obtenir le son le plus pur. Tentez de prendre du recul (avec un lecteur extérieur si possible) pour en comprendre les forces et les faiblesses, puis travaillez à souligner vos points points forts tout en éliminant les scories qui les noient. Une jolie phrase est noyée au milieu de deux autres plus banales qui disent la même chose ? Ne gardez que la jolie phrase. Vous avez six idées géniales dans la même phrase ? Coupez-la, et donnez à chacune de ces idées la chance de marquer le lecteur, sans être gênée par les autres. Vous avez une expression fétiche qui revient souvent ? N'en gardez qu'une seule. Soyez sans pitié. Et travaillez le texte amoureusement, comme vous poliriez un diamant.

4. Votre style est multiple.
Le style n'est jamais acquis. Il n'est jamais identique d'un roman à l'autre, doit s'adapter à l'intrigue, aux personnages, aux réflexions profondes de votre texte ; il doit s'adapter à votre "moi" auteur du moment. Par essence, il est fluctuant, et peut toujours être amélioré. Foi d'une auteure à qui on a souvent dit que le style était son point fort, et qui se retrouve toujours à buter dessus quand elle commence un nouveau roman. Le temps de trouver sa nouvelle voix.

5. Travaillez sans relâche.
Pas question de se reposer sur ses lauriers quand on a enfin trouvé sa voix : c'est en vous surpassant, en vous découvrant, en explorant de nouvelles voies, que vous parviendrez à renouveler votre style. Ne craignez pas de perdre la force qui vous est propre en en cherchant de nouvelles : votre voix est en vous, elle ne peut pas disparaître, seulement évoluer. Un exemple ? On me dit souvent que j'ai un style poétique, et j'en suis fière. Dans mes trois derniers romans, pourtant, j'avais l'impression d'avoir laissé cette poésie de côté pour travailler à mon efficacité, celle qui me fait souvent défaut. En me relisant, j'étais persuadée, un peu à regret, d'avoir perdu cela. Chaque fois, quelqu'un qui découvrait ma plume à travers les romans m'a dit : "c'est très poétique". Alors mon dernier conseil : n'utilisez pas vos forces comme des excuses pour faire du sur-place. Un peu d'aventure, que diable ! :)

Pour conclure, je rappelle tout de même que cette notion de style est hautement subjective, difficile à cerner, et que ces quelques conseils tirés de ma propre expérience ne s'appliqueront peut-être pas à tout le monde : la magie des arts n'est-elle pas, justement, que chacun y est libre de tracer la voie qu'il s'est choisie ?