mercredi 12 février 2014

Mais pourquoi tu gardes tous ces livres si tu ne les relis pas ?

Parce que j'en ai envie, merde, retourne à ta collection de timbres et laisse-moi tranquille !

Hum. Une fois que c'est dit, essayons d'aller un peu plus loin. Parce que bon, c'est vrai que, au fond, c'est pas logique. Et puis, ce n'est pas une sensation que j'ai au sujet de la musique ou des films, dont je me débarrasse facilement et sans remords une fois que je ne m'en sers plus. Alors quoi ?

Allons-y pour une petite analyse de mes livres-bibliothèque, ceux qui font partie du Panthéon des Romans-Dont-Je-Ne-Me-Séparerai-Pour-Rien-Au-Monde, ceux qui sont rangés là :

Vous remarquerez que sous les tas de livres en désordre,
il y a une bibliothèque bien rangée, par collection,
avec les jolis livres mis en évidence,
un étage spécial pour les copains et des bibelots décoratifs.
C'est pas ma faute si j'ai pas assez de place.
J'ai toujours dit qu'il me fallait d'autres bibliothèques.




Ceux que je veux relire
Certes, forcément. C'est normal de les garder. Mais chez moi, ils sont vraiment peu nombreux, parce que je préfère toujours utiliser le temps de lecture que j'ai pour faire de nouvelles découvertes. Je ne suis pas de celles qui relisent le même livre encore et encore, parce qu'elles s'y sentent chez elle. Moi, les rares fois où je vais en relire un, ce sera dix, quinze ans après, quand j'aurai tout oublié sauf le bon souvenir que j'en garde. 
Et encore, dans tous ceux là, je dois me rendre à l'évidence : il y en a un bon paquet dont je sais pertinemment que je ne les relirai pas, même si je les ai adorés, parce que je préfèrerai essayer une de ces centaines de lectures qui me font de l'oeil et pour lesquelles je n'aurai jamais assez de toute une vie. Donc, en fait, c'est clairement une mauvaise excuse pour les amasser encore et encore.
Allez, quand même, pour me donner bonne conscience : il y en a que je garde et que je rouvre régulièrement, ce sont mes beaux livres, mes albums ou BD que je trouve magnifiques, et que je sors parfois pour le plaisir des yeux.



Ceux que je veux prêter
Biiiip ! Essaye encore.
Je ne prête presque jamais mes livres. Je suis beaucoup trop maniaque : pas question qu'ils soient abîmés ! (Oups, ça aussi, je ferais bien de me questionner dessus.) Et encore moins perdus, ce qui arrive très souvent, soyons honnêtes.
Sérieusement : si je vous ai déjà prêté un livre, ou si je le fais à l'avenir, vous saurez que je vous fais une confiance aveugle. C'est comme si Frodon prêtait son anneau à Sam. My precious ! (OK, on reviendra définitivement sur le sujet tout à l'heure.)





Les rares que je ne garde pas
Je fais deux exceptions à cette règle : pour les livres que je n'ai pas aimés mais qui, je pense, plairont à quelqu'un de ma connaissance (et dans ce cas, je donne souvent le livre plutôt que de le prêter) ; et pour les livres que j'ai étudiés, et aimés, et que je veux pouvoir partager avec quelqu'un qui en aurait besoin. Même que ceux-là, ils sont tout stabilotés, avec du stylo dans la marge et des études de texte à même le livre. Et bizarrement, ça fait partie de leur charme.
Mais du coup, je n'ai pas la même volonté de possession pour ces romans, parce que mes études m'ont forcé à prendre du recul et à les regarder de plus loin. Ah ! Toucherait-on quelque chose du doigt ?




Ceux qui font partie de moi
La voilà, ma réponse. Je ne veux garder que les livres que je me suis appropriés, ce que j'ai aimés très fort. Pas forcément les "bons" livres, ni les plus intellectuels, ni ceux qui ont le plus d'action.
Non : ceux qui, à un moment ou à un autre, ont signifié quelque chose de fort. D'unique. Ceux qui ont fait partie de ma vie et l'ont un peu changée, d'une façon ou d'une autre. D'ailleurs, pour revenir sur cette notion de "possession", je réalise que je n'ai ce rapport spécial qu'avec les livres que je me suis achetés en papier (ou qu'on m'a offerts), et pas avec les SP ni avec les romans qu'on m'a prêtés. Comme si, pour vouloir les garder au Panthéon, j'avais besoin d'être certaine qu'ils sont bien à moi, d'avoir effectué un acte concret pour me les approprier et leur laisser une place durable (et physique) dans ma vie.
Mais revenons à nos moutons. Si je veux garder ces livres dans ma bibliothèque, si j'ai besoin de les avoir à portée de main tout en sachant que je ne les relirai jamais, et que je ne voudrai pas les prêter non plus, c'est parce que je les considère comme une part de moi, de ma personnalité, de mon histoire. Il y a ceux qui ont changé ma vision des choses, ceux que je n'ai pas pu lâcher, ceux auxquels je repense encore dix ans après, ceux qui m'ont été offerts à une occasion spéciale, ou par une personne spéciale, ceux qui sont dédicacés, ceux qui ont été écrits par les copains, ceux que j'ai écrits, ceux sur lesquels j'ai travaillé, ceux à qui je voue une admiration éternelle, ceux qui m'ont fait rêver, ceux qui me rappellent celle que j'étais quand je les ai adorés même si, maintenant, je ne les lirais pas de la même façon, ceux dont je me rappelle encore les aventures vécues il y a si longtemps, comme de bons souvenirs... Mais au fond, ils ne sont qu'une seule et même chose : des portes ouvertes sur les mondes que j'ai visités, sur les vies que j'ai vécues par procuration. Un simple regard vers leur couverture suffit à me donner le sourire, à me faire réfléchir ou à me faire revivre une aventure épique.
Voilà pourquoi ce sont mes petits trésors, pourquoi je ne veux pas les abîmer et pourquoi j'adore réagencer ma bibliothèque en fonction de mes goûts et de ma personnalité du moment. Ces romans résument celle que j'ai été, et celle que je suis. Sans doute aussi celle que je deviendrai bientôt, d'ailleurs. Voilà pourquoi c'est si difficile pour moi de les prêter. Est-ce que vous prêteriez une photo de famille dont vous n'avez qu'un seul exemplaire à quelqu'un en qui vous n'avez pas une entière confiance ?




Et le numérique, dans tout ça ?
Forcément, ces nouveaux modes de lecture ne s'accordent pas tellement avec ma joulie bibliothèque, même s'ils sont par ailleurs bien pratiques et que ça fait quand même gagner de la place... D'abord, sachez que je ne suis pas une grande lectrice numérique : je lis sur tablette (je n'ai pas de liseuse), et quand j'ai le choix, je prends toujours la version papier (rapport à la possession physique, tout ça). Ce qui ne m'empêche pas de lire quand même des romans en numérique, soit pour leur prix avantageux, soit parce que j'ai besoin de les annoter (mais en général, dans ce cas, ils ne sont pas encore publiés et donc, j'ai pas le choix ^^), soit parce qu'ils sont vraiment trop lourds à lire dans les transports.

Une fois cela posé, il est clair que je n'ai pas le même rapport avec mes livres numériques qu'avec mes livres papiers. J'en ai une lecture beaucoup plus boulimique et consommatrice, en mode "je prends, j'utilise et je jette", et beaucoup moins fusionnelle. Je les savoure moins : je les dévore. Sans doute parce que je n'ai pas le même confort, ni cette espèce d'intimité qui se crée avec le livre papier quand on se retrouve en tête à tête après une loooongue journée à devoir attendre pour connaître la suite. 
D'ailleurs, si j'avais eu Hunger Games en papier, il aurait clairement fait partie du Panthéon, genre, pour l'éternité. Mais je l'ai lu en numérique (si j'avais su qu'il me plairait autant, j'aurais pris le papier !), et je n'ai pas conservé le fichier. J'hésite toujours à me le racheter en papier, mais bon, c'est pas donné, et comme je l'ai déjà lu et que je le relirai sans doute jamais, tout ça, tout ça... vous commencez à connaître la chanson.





Et voilà pourquoi vous pouvez bien vous moquer de moi autant que vous voulez, je n'abandonnerai jamais ces livres. Ce serait comme me couper de moi-même, de mes souvenirs imaginaires, qui font autant partie de moi (si ce n'est plus) que mes souvenirs réels. Bien sûr, ils existent en moi quoi qu'il arrive, quelque part dans ma tête, et on pourrait objecter que c'est une façon bien matérielle de considérer une chose de l'esprit. Mais, justement, le fait d'avoir ces livres sous les yeux tous les jours, ça les rend plus réels. Ca les ancre dans ma vie, alors même qu'ils sont éphémères par essence - leur vie dure au-delà du seul temps de lecture. Comme une photo, encore une fois : ils sont le moyen de me rappeler ces souvenirs qui, autrement, disparaîtraient bien plus vite.

Et vous, alors ? Pourquoi vous gardez vos livres ?

21 commentaires:

  1. Je ne garde plus mes livres, sauf ceux des amis et les dédicacés. Pour le reste, je vais vendre quelques-uns et donner le reste (une centaine) à une association quelque part. Je ne relis jamais, donc c'est un attire-poussière peu commode pour les déménagements.

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  2. Jo Ann, je t'admire tellement... ^^

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  3. Tout comme Jo Ann ;) Je ne peux même pas prétendre que je les garde pour mes enfants, mes enfants (et mon conjoint) ne lisent pas (enfin, pas de romans) (par contre les étagères sont envahies de mangas et de BD qu'ils sont capables de relire 20 fois de suite) Bon, comme je ne déménage pas, je suis moins pressée pour m'en débarrasser. Je me retrouve tout à fait dans ce que tu dis sur la relecture, par contre ;)

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    1. Ah mais moi je les garde pour moi, et pis c'est tout ^^
      J'ai dû faire un tri drastique quand j'ai quitté le domicile familial, ça a été terrible. Là, il n'y a que ceux que je veux vraiment garder (j'essaie de faire du tri régulièrement mais j'arrive rarement à enlever plus de cinq livres -_- )

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  4. Je suis tout comme toi ! Je les relis 15 ans plus tard, je donne ceux qui ne m'ont pas touchée à des lecteurs "compatibles", et j'ai besoin de les avoir autour de moi.

    Maintenant, en plus de ça, je commence à dire à mon fils : tiens, celui-là, il va drôlement te plaire quand tu pourras le lire (et il les dévore déjà des yeux.) Ca me plaît de me dire qu'on va partager ce monde intérieur: plus nous aurons de références communes, mieux nous nous comprendrons.

    Bel article, mademoiselle ;-)

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    1. Merci ;-)

      Et contente de voir que je ne suis pas la seule ^^ C'est vrai que ça doit être chouette de pouvoir partager ça avec ses enfants, s'ils lisent !
      Je le fais un peu avec le Prince, qui ne lit presque pas : je fais le tri pour lui et je lui sors les livres que j'ai aimés et qui lui plairont. Mais vu le temps qu'il met à les lire, c'est aussi une très mauvais excuse ^^

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  5. Tout pareil Aelys, mes livres sont mes précieux, je ne les prête pas, et j'aime posséder un livre que j'ai aimé, c'est comme ça. Parfois je parcours les tranches, et je repense à ces histoires.

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    1. C'est exactement ça : un coup d'oeil sur le dos, sur une phrase au hasard, sur la couverture, et c'est tout un monde de souvenirs qui s'ouvre à nous... :-)

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  6. Je suis tout à fait comme toi.
    Je ne partage pas :)
    Je garde tout mes livres, sauf ceux que je n'ai pas aimés. Là, je les met sur bibliotroc.

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    1. Ce qui est bien, c'est qu'au moins, même nos "délaissés" auront une chance d'être adoptés par quelqu'un qui les aimera ! (Comment ça, on dirait que je parle d'un chat ? ^^)
      Bienvenue dans le coin, by the way :)

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  7. Personnellement, je stocke trop. J'avais fait beaucoup de vide après mes études, surtout que les multiples déménagements n'ont pas aidés, mais depuis que je suis propriétaire... malgré le manque de place... ça craint. J'essaye pourtant de faire régulièrement du vide. D'ailleurs, je me demande si je ne vais pas faire un concours avec des "lots" d'un poids symbolique, où chaque participant pourra s’inscrire pour le / les lots(s) qui l'intéresse. Ça pourrait être rigolo et chaque lot aurait une thématique.
    Il faut que je me rapproche de Cindy pour savoir si c'est difficile à mettre en œuvre. ;)

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    1. Oh, non, c'est pas difficile, le seul truc à ne pas faire c'est ne pas forcer les utilisateurs à "aimer" ta page si c'est sur Facebook : c'est contraire à leur règlement, il faut payer un truc pour ça. Mais sinon c'est juste un peu de teasing et un suivi le temps que dure le concours ^^

      Pour le reste : j'avoue que j'en serais incapable. Déjà, à chaque fois qu'on fait la loterie CoCy, je galère à apporter un livre parce que je ne peux pas me séparer de ceux qui me restent : ceux que j'aime pas, je les ai déjà refilés (mais ils sont rares, vu que je sélectionne beaucoup mes achats papier), et les autres, ben... J'essaie vraiment, hein. Mais je peux pas ^^

      En tout cas, je garderai l'oeil ouvert si tu fais ton concours *sifflotte* ^^

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    2. J'ai trouvé un truc génial pour me faciliter la gestion du concours : les formulaires Google !
      Si je ne peux pas glisser le formulaire dans un article de blog comme l'a fait Oph pour son jeu-concours 35 ans, je diffuserai juste le lien.
      Ce week-end, je monte mes lots (il faut que j'écarte les romans vraiment mauvais / abimés) et je regarde si ça passe dans mon budget (parce que les frais d'envoi, ça risque de faire mal ^^).
      Je sais qu'il y aura au minimum la série "Fièvre", ce qui fera un appel efficace je pense (d'ailleurs, je ne serais pas étonnée que ce soit le lot le plus demandé par les participants).

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  8. Je suis complètement d'accord avec toi ! J'ai la même relation avec mes livres, c'est fou ! Mais je les prête plus facilement (pas à n'importe qui, mais à mes amis s'ils le veulent ! Je les préviens(/menace) juste avant de ne pas les abîmer e.e)

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    1. Hé hé, bienvenue chez les maniaques ^^
      Je suis comme toi, je les prête de temps en temps quand même. Mais que aux amis parce que j'ai confiance et que je sais que je les revois souvent :-) Et je ne peux jamais m'empêcher de faire la recommandation non plus, hum...
      Imagine ma tête quand une de mes bouteilles s'est ouverte dans mon sac et a inondé le livre qu'une de ces amies m'avait prêté ! J'étais mortifiée, j'ai voulu lui racheter aussitôt, mais elle, elle aime les livres tout abîmés qui montrent qu'ils ont vécus, alors elle m'en a empêché ^^

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  9. Au second, j'ai 3 bibliothèques remplies de livres en tout genre, j'en ai une dans la chambre d'amis et pas mal encore chez mes parents. Je ne peux pas me résoudre à les donner, les revendre ou autres. Sauf si je n'ai pas accroché, c'est vrai. Mais même ceux qui je ne prévois pas de relire (en fait, ils sont peu nombreux ceux que j'ai relus ^^). Je ne pourrais pas m'en défaire. Ce sont mes trésors en quelque sorte.

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    1. C'est exactement ça. Irrécupérables, nous sommes ! ^^

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  10. Les livres, c’est un vrai déchirement. Je ne peux pas m’en passer, ma bibliothèque ne cesse de grandir… Du coup, le numérique me sert de thérapie ! :) Quand j’ai le choix, je prends systématiquement la version numérique histoire de gagner de la place.

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    1. Il faudrait que je fasse pareil, mais j'ai une fâcheuse tendance à délaisser les livres que j'ai achetés en numérique au profit de ceux que j'ai dans ma bibliothèque... Forcément, c'est quand je les vois que je me rappelle que j'ai super envie de les lire :-p

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  11. Que je suis rassurée ! Je ne suis pas la seule à faire la collection de livres ! Par contre, j'adore me replonger dans les lectures que j'ai préférées, de temps en temps je me fais des sessions relecture. Un peu moins depuis que j'ai de nouvelles idées de lectures en plus des classiques têtes de gondole en librairie (merci la Mare !)...
    Si seulement on pouvait remplacer le sommeil par la lecture...

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  12. Moi aussi je les collectionne ces bijoux!!! Ils sont là et leurs vus m'apaise de ouf! Au fur et à mesure de son expansion, je la range et la rerange de façon très maniaque ( c'est bien mon seul coté maniaque, d'ailleurs! ). Quand je m'attèle à une leçon à réviser, je lève forcément les yeux vers eux, et j'adore parce que maintenant, ils sont dans le prolongement d'un miroir, j'ai l'impression d'en avoir le double! Et est-ce que vous aussi, si vous avez emprunté le un à une bibliothèque ou autre, vous n'achèterez pas le tome 2 ( ou vice-versa, vous avez le un, vous vous achèterez le deux, et puis na! ) parce que vous ne voulez pas avoir que le bout de la série? bon je m'arrête, je pourrais continuer indéfiniment!

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