lundi 17 février 2014

Compte-rendu du weekend citations

Ce weekend, pendant mes corrections éditoriales de La Couleur de l'aube, j'ai eu envie de proposer un échange autour du roman, en même temps que de partager mes avancées : j'ai donc, à chaque chapitre corrigé (soit 14 + un prélude et un épilogue), proposé sur Facebook et Twitter une courte citation, sans spoiler, représentative de l'ambiance du chapitre.
Mais pour ceux qui ne sont pas sur les réseaux sociaux ou qui n'étaient pas là ce weekend, pas de panique : voici un cours de rattrapage !



Prélude

Le tonnerre gronda au-dessus des hommes, râle d'impuissance échappé des entrailles de la nature.

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Chapitre 1

Marcher. Tomber. Me relever. Marcher encore. Écouter. Respirer lentement, ne pas pleurer. Avancer. Peut-être que là-bas, au bout du chemin, une lumière m'attend ?


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Chapitre 2

Tu te recroquevilles, serres tes genoux dans les bras pour y déposer le menton. C'est comme si tu essayais d'échapper au soleil, lui que tu as toujours recherché. Face à l'inconnu, tu te replies dans le seul univers que tu connais vraiment, le seul pourtant qui t'a toujours effrayée. Le noir.


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Chapitre 3

Tes ongles s'enfoncent dans mon bras jusqu'au sang, une larme roule sur ta joue. Deux gouttes qui perlent sur nos peaux, symboles du supplice que tu es en train d'endurer.


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Chapitre 4



Une main agrippe ma robe, une autre empoigne mes cheveux, tire de toutes ses forces jusqu'à m'entendre hurler. Un bâton lancé dans l'estomac me coupe le souffle. Je me recroqueville. Les coups et les griffures pleuvent sur mon dos, m'arrachant des larmes de douleur et de chagrin. POURQUOI ?

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Chapitre 5


Je t'ennuie avec mes états d'âme. Je ne suis pas d'humeur à me promener aujourd'hui. Je vais aller à la bibliothèque, vivre par procuration une aventure époustouflante et haute en couleur. Tu as ta journée.


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Chapitre 6


Tu glisses alors tes doigts sur les draps rouges – ta couleur préférée –, lentement, fibre après fibre. Quand enfin la pulpe de tes doigts quitte son écrin de soie, je suis incapable de détourner les yeux, sous ton emprise. Tu respires profondément, avales mon odeur. J'ai chaud.


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Chapitre 7


Mes forces se vident comme si mon sang coulait réellement de cette blessure, se mêlant au tien déjà répandu sur le lit. Tu es si pâle que j'ai peine à croire que tu es encore en vie.


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Chapitre 8


Comme avant, je lis dans chacun de tes gestes, dans le léger tremblement de tes membres, dans la pâleur de ton visage, la douleur que ton corps crie même si tes lèvres demeurent muettes.


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Chapitre 9


Dans une petite clairière, un pâle rayon de soleil illumine un petit bassin de pierre, dans lequel repose une eau azur. De petites étoiles scintillantes dansent à la surface dans un ballet mystérieux. Parfois, quelques-unes osent quitter leur nid pour voleter autour des pierres, dans l'herbe perlée par la rosée de l'aube. Des oiseaux jouent avec elles, rient de leur chant mélodieux lorsqu'elles effectuent une arabesque, ou saluent les prouesses de leurs frères par des petits bonds joyeux.


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Chapitre 10


Oubliant tout le reste, nous nous penchons vers l'eau pour la recueillir entre nos mains tremblantes et poussiéreuses. Nos lèvres craquelées gémissent d'impatience devant la lenteur de nos gestes. Fraîcheur. Douceur. Le premier contact avec l'eau est vivifiant. Elle coule dans nos gorges, sème derrière elle une sensation de bien-être.


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Chapitre 11


Fou de rage, j'enfonce mon couteau dans tout ce qui passe à ma portée, taillade les organes mis à nus que j'extirpe des corps avec joie. Oui, de la joie, c'est ce que je ressens à plonger ma lame dans les chairs tendres de mes victimes démunies.

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Chapitre 12


Tu te laisses aller à mon étreinte. Tu poses la tête sur mon épaule, prends appui sur mon torse comme si j'étais une partie de toi-même : unique, mouvante, tu tournoies avec grâce autour de moi, joues avec mon corps pour te l'approprier. Les courants d'air que tu appelles à toi me poussent, me déplacent en harmonie avec tes pas et les battements du tambour, font miroiter l'azur des broderies de ma tunique, le violet semblable aux fleurs de printemps, le jaune des tournesols qui cherchent la lumière, alors que les tendres arabesques de tes bras prennent vie au son de la vièle qui accélère.

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Chapitre 13


Le contact d'une main peut changer bien des choses.



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Chapitre 14


Les liens les plus précieux sont ceux que l'on crée nous-mêmes, au hasard des rencontres.



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Epilogue


Quand ils souriaient, ils donnaient envie de sourire à notre tour, et la vie paraissait un peu moins sombre.






Alors ? Ca vous parle ? :-)

En tout cas, j'ai adoré l'expérience, c'était super chouette de voir en direct vos réactions sur telle ou telle citation, d'initier des débats, et puis de vous donner un avant-goût de ce roman assez spécial qui paraîtra bientôt. J'espère pouvoir recommencer ! (Même si, de tous mes romans, celui-ci est clairement celui qui se prête le mieux à ce type d'exercice).

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