lundi 17 juin 2013

Les romans dont je me souviendrai toujours (lectures d'aujourd'hui)

Comme promis dans mon précédent billet, je reviens maintenant sur les lectures plus récentes qui m'ont marquée ces dernières années.

Rivage des intouchables et Hadès Palace, de Francis Berthelot

 

Les deux sont très différents, pourtant chacun m'a touchée à sa manière, par le brio d'une écriture parfaitement maîtrisée, à la fois poétique et fluide ; mais aussi par la vision de l'art auquel on donne tout, de l'art qui peut sauver les âmes. Je pourrais parler longuement des romans de Francis Berthelot, mais je dirai simplement ceci : ce sont les seuls et uniques romans qui m'ont donné envie d'arrêter d'écrire, parce qu'ils représentent mon idéal en matière d'écriture, et que je ne les égalerai jamais.
Bref : lisez-les !!!

Kafka sur le rivage, d'Haruki Murakami




C'est un roman en demi-teintes, comme tous les Murakami dont je savoure chaque fois le style mi-nostalgique, mi-déjanté. Celui-ci, allez savoir pourquoi, revient me hanter régulièrement. Je l'ai lu deux fois, ce qui m'arrive rarement, mais j'avais choisi lors de ma dernière année de prépa de faire une présentation orale sur "l'amour fou" dans ce roman. L'histoire de cet adolescent amoureux d'un tableau, d'un fantôme et d'une femme qui ne font qu'un n'est pas le sujet principal du roman, pourtant c'est bien ce passage qui me hante, et dont je me souviens avec une admiration mêlée d'amertume.

Moana 1 - La Saveur des figues, de Silène


Aaaah la Saveur des figues. Si je ne connaissais pas son auteur, je ne l'aurais sans doute jamais lu, puisque la couverture a tendance à me faire fuir. Quelle erreur cela aurait été ! Ce roman est l'une des plus belles histoires d'amour que j'ai lues. Si, si, j'insiste. Une histoire d'amour entre une petite fille et sa grand-mère ; une histoire d'un rendez-vous manqué à cause d'une catastrophe planétaire, que les deux femmes vont s'efforcer d'honorer des années plus tard.
Le tome 2 et le 3ème (qui sortira en juin !) m'ont beaucoup plu aussi, mais je garde du premier un souvenir de fraîcheur et d'émotion qui me rappelle vraiment la saveur des figues... 


Présumé coupable, d'Isabelle Guso


Un roman dont je parlerai peu, sous peine de briser sa force. J'en dirai simplement qu'il a changé ma vision d'une partie du monde que je méconnaissais. Et que plus que jamais, j'ai appris que derrière celui qu'on considère comme un monstre, on connaît rarement l'homme qui se cache et son histoire.

Hunger Games, de Suzanne Collins



J'ai lu les trois d'une traite, il m'est donc difficile de les séparer pour en sélectionner un. Pourquoi les mettre dans cette sélection, au-delà du fait que j'ai été captivée d'un bout à l'autre ? Parce qu'ils m'ont fait réfléchir, ils font écho à des questions que je me pose, principalement sur le côté "spectacle" des médias et ses dérives. Le personnage manipulateur de Katniss, qui a tout compris à cet enjeu, opposé à celui de Peeta qui doit continuer à l'ignorer pour rester lui-même, m'ont paru d'une subtilité fascinante.
D'ailleurs, depuis que je l'ai lu, ma façon d'écrire a singulièrement changé. On peut dire qu'il aura profondément marqué mes réflexions, comme mes écrits.

Le jour où..., de Paul Beorn (à paraître)


Enfin, je terminerai par un roman que j'ai eu la chance de lire en avant-première il y a quelque temps (merci Paul !) et qui m'a, lui aussi, fait réfléchir, et surtout fait ressentir. Une société de jeunes adolescents livrés à eux-mêmes, qui se (re)construisent, découvrent leurs valeurs en même temps que des émotions bien trop fortes pour eux. J'étais avec eux, je vivais avec eux, et j'ai l'impression, encore maintenant, d'avoir traversé avec eux cette période difficile. Voilà pourquoi j'y repense souvent : c'est comme si ça faisait partie de ma vie.

Je pourrais en citer des dizaines d'autres, mais il faut bien s'arrêter quelque part, non ?

Cela dit, si ça vous amuse, vous pourrez chercher les petites références cachées dans chacun des romans que j'écris, si jamais le coeur vous dit de les lire. Vous trouverez certains des romans de cette liste, d'autres aussi, qui m'ont marquée moins durablement, ou moins complètement, mais qui restent chers à mon coeur.
D'ailleurs, dans De l'autre côté du mur, vous aurez un petit coup de pouce dans les dernières pages... ;)

dimanche 16 juin 2013

Les romans dont je me souviendrai toujours (lectures de jeunesse)

Des livres, j'en ai lu et j'en lis toujours. Beaucoup. Pour moi, pour mon job, pour mes copains... vous voyez le tableau ! Il y en a que j'oublie très vite, d'autres (rares) que je ne finis pas, certains qui me laissent un arrière-goût d'amertume dans la bouche. Et d'autres, enfin, qui me marquent à jamais, parce qu'ils ont su toucher une petite part de moi que j'avais oubliée, ou m'ont permis de voir le monde un peu différemment.

Je ne pourrai pas tous les lister, mais j'ai envie de revenir avec vous sur les principaux, car ce sont eux, aussi, qui ont fait de mon écriture ce qu'elle est. 


Maroussia, de Pierre-Jules Stahl

  

Une histoire dont je me souviens peu de choses, concrètement. Mais cette petite fille, cette Ukrainienne qui risque sa vie pour servir de guide à un fugitif dans son pays déchiré par la guerre, m'a marquée profondément. C'est sans doute le premier livre sur lequel j'ai pleuré, et l'héroïne la plus réussie que j'ai rencontrée à ce jour, car j'ai vraiment eu l'impression de vivre avec elle, de trembler avec elle, et j'ai vraiment admiré son courage particulièrement... humain. J'hésite à le relire, j'ai peur d'être déçue. Mais je le trimballe dans toutes mes bibliothèques depuis que je l'ai lu, il y a plus de dix ans, incapable de m'en séparer pour de bon.
Du même auteur, Les Patins d'argent, la tendre histoire d'un frère et d'une soeur sans le sou qui rêvent de gagner les patins d'argent à la grande course annuelle, ont également leur place dans ma bibliothèque depuis des années.




Les quatre filles du Docteur March, de Louisa May Alcott


Plus besoin de les présenter, n'est-ce pas ? J'ai beaucoup ri et souffert avec les quatre soeurs, j'ai été très touchée par leur complicité, les épreuves qu'elles traversaient, surtout la petite Beth, celle qui tombe malade. Là aussi, je pense souvent à elles, et je me souviens bien de nombres anecdotes du roman, même si je suis incapable de dire précisément ce qui a provoqué ce sentiment. Comme Maroussia, il est toujours dans ma bibliothèque, malgré plusieurs déménagements. Et j'ai aussi découvert March, l'histoire du père qui, si elle ne m'a pas autant marquée, a été un moment de lecture très agréable.

Oh, Boy !, de Marie-Aude Murail



L'histoire d'un garçon atteint de la leucémie, qui trouve refuge chez un couple homosexuel. Un roman très fort en émotions, dont des images très précises me reviennent encore à l'esprit aux moments les plus improbables. Un roman vrai. J'ai lu beaucoup des livres de Marie-Aude Murail, et j'en ai aimé la plupart (si ce n'est la totalité), mais celui-ci est vraiment celui auquel je pense le plus souvent.

L'écume des jours, Boris Vian


Je devais avoir huit ou neuf ans quand j'ai découvert ce livre, traînant sut la table de chevet de ma soeur.   A l'époque, je dévorais parfois plusieurs livres par jour (ah, ces après-midis sur le canapé, avec mes cinq ou six livres en stock à côté, que je m'enfilais les uns après les autres !), et je ne me gênais pas pour piocher dans la bibliothèque familiale quand mes ressources étaient épuisées. J'ai donc lu ce roman quand j'étais beaucoup trop jeune pour le comprendre vraiment.
Et pourtant... je n'ai jamais pris le temps de le relire, mais j'en ai toujours une forte envie. Je me souviens de scène précises, que j'ai relues plusieurs fois tant elles me paraissaient étrange (une carte de patinoire qui fait un clin d'oeil ? Mais de quoi il parle ?), je me souviens de Chloé, de sa terrible maladie et de son... nénuphar ? 
Bref. Un jour, je le relirai, parce que s'il a su me marquer à ce point alors que je n'en comprenais pas le quart, ça doit vraiment valoir le coup. 

Les trois jeunes détectives, Hitchcock


Je terminerai cette série des livres de mon enfance par une... série, justement. Celle qui met en scènes trois jeunes détectives, un particulièrement malin et les autres le suivant avec brio, dans des dizaines d'aventures plus loufoques (et brillantes) les unes que les autres. Le jeune Hannibal n'a cessé de m'étonner au cours des aventures des trois héros, et encore maintenant, quand je cherche un stratagème pour résoudre une énigme, je m'inspire parfois de ses méthodes. Je crois bien avoir lu la totalité des romans qui sont parus !

Et la prochaine fois, je vous parlerai de lectures plus récentes, auxquelles je pense très souvent.


vendredi 7 juin 2013

A trois mois de la sortie...

Comment on se sent, à trois mois de la sortie de son premier roman ?

Passé le stress de l'attente, l'exultation du "oui", l'hystérie des semaines qui suivent, avec les premières discussions autour des corrections et de la couverture ; passé lesdites corrections, deux fois, qui obligent à se réapproprier le roman laissé de côté depuis plusieurs mois et renouvellent l'intérêt qu'on lui porte ; passé les hurlements de joie à la découverte de la couverture.... il y a quoi ?





Il y a l'attente, et l'impatience.
A trois mois, j'en suis là : le texte est terminé, j'ai envoyé mes remerciements et tout ce que je voulais y mettre. Mon éditeur l'a maquetté, mais je ne l'ai pas encore vu, et l'envoi du BAT est imminent. On arrive au moment où je n'ai plus aucun pouvoir sur ce qui va se passer, mais où je n'aurai pas encore les premiers retours de lecteurs pour réaliser que le roman est paru.
Nous commençons à faire la promotion, je découvre des retours d'inconnus sur mon pitch et ma couverture, des gens qui sont impatients de le lire alors qu'ils ne me connaissent ni d'Eve ni d'Adam... C'est à la fois très étrange (c'est vraiment de mon roman qu'on parle ?) et très stimulant (c'est vraiment de mon roman qu'on parle !). Fatalement, je fais le tour des blogs où il en est question. Je sais bien que ça ne m'avancera à rien mais, bon, on trompe son impatience comme on peut !

C'est aussi mon "coming out" au monde réel. Je veux dire, je n'ai jamais caché que j'écrivais, mais peu dans mon entourage savent que je le fais sérieusement, et la plupart ne savent pas trop ce que ça représente quand on n'est pas un auteur publié. A l'occasion de ce premier roman, j'ai choisi de prévenir certains de mes anciens amis, des professeurs qui m'ont marquée sur le plan de l'écriture et d'anciens maîtres de stages, ainsi que ma famille au sens large, de ma prochaine parution. Parce que je me disais que, si eux publiaient quelque chose, sortaient un disque ou je ne sais quoi d'autre, j'aurais été ravie de l'apprendre.
J'ai un peu hésité avant d'envoyer ce mail, mais je peux vous assurer que je ne le regrette pas une seconde. J'ai pu reprendre contact avec plusieurs de mes amis que j'avais perdus de vue (dont je pensais même qu'ils avaient changé d'adresse, mais j'ai tenté au cas où !), leur montrer une nouvelle facette de moi, de ce que je suis devenue. J'ai ainsi récolté plusieurs anecdotes que j'avais oubliées, des rédactions de collège dans mon salon en mangeant des Chocapic (avec les doigts !) aux poèmes écrits en seconde et montrés à mes professeurs (mais pourquoi j'ai fait ça ??? ^^), ou lors de fêtes de famille (bis !). 
Ces échanges sont comme un avant-goût de la sortie du roman, ils me font toucher du doigt l'idée que, ça y est, je vais publier mon premier livre. 

Il ne me reste qu'à attendre trois mois, que j'occupe en corrigeant et en écrivant d'autres projets en cours (plusieurs à la fois, je ne chôme pas !), et en croisant les doigts pour pouvoir vous annoncer bientôt des bonnes nouvelles.
Et je commence à affûter mon stylo à dédidaces ! (Si, si, j'en ai prévu un spécial, un violet à paillettes et un argenté, pour mettre plein de couleurs super kitsch !)

jeudi 6 juin 2013

Le premier chapitre

Tous les auteurs ont leur bête noire : certains n'arrivent pas à finir, d'autres doivent toujours couper / rajouter des descriptions... Moi, c'est le premier chapitre.

Je vous jure : les premiers chapitres, c'est vraiment une plaie chez moi. Je ne sais pas combien de fois je les réécris, quand je ne les coupe pas tout simplement. Au début, je comptais (7 pour La Couleur de l'aube !), mais j'ai arrêté histoire de ne pas me faire trop peur.
Certains auteurs écrivent avec un plan et un séquencier, tout bien préparé avant de commencer. Ils ont déjà les personnages dans la peau quand ils commencent. Moi, au contraire, j'ai bien une idée d'où je vais et des traits principaux de mes personnages, mais je les découvre en même temps que j'écris. Du coup, mon début est toujours un peu décalé, bavard, parce que je cherche ma voie / ma voix.
J'ai cherché des solutions pour y remédier, bien réfléchir au début avant de l'écrire, tout ça... rien à faire : quel que soit le projet, le premier chapitre est toujours à revoir complètement, et je n'arrive pas à le corriger, même avec l'aide des bêtas (ou alors, au bout de plusieurs essais). 

C'est difficile, le premier chapitre : il faut être accrocheur, en même temps donner des tas d'informations, bien placer les enjeux pour ne pas décevoir le lecteur tout en instaurant du suspens ou de la tension... chaque fois, j'essaie de nouvelles pistes, chaque fois de nouveaux problèmes apparaissent.
En fait, je crois qu'il y a une chose en particulier qui me bloque : la pression. Elle est énorme sur les débuts, parce que c'est ce qui va accrocher ou non un éditeur (et lui donner envie de lire la suite), mais aussi le lecteur, plus tard. Si on n'entre pas tout de suite dedans, on pose le livre.
C'est quelque chose qui me pose question parce je suis moi-même, en tant que lectrice, très exigente sur les débuts, j'ai souvent du mal à rentrer dans l'histoire et/ou l'univers et, si je suis coupée dans ma lecture alors que je n'ai toujours pas accroché (à la fin d'un trajet de transports en commun par exemple), j'ai tendance à laisser traîner, pour finalement laisser tomber pour de bon.

Du coup, la question du jour, c'est : est-ce que nos défauts d'auteurs correspondent à nos "défauts" (ou exigences) de lecteurs ? Est-ce que, parce que j'ai du mal à entrer dans une histoire qu'on me raconte, j'ai aussi du mal à commencer à raconter une histoire ?
Ca m'intéresserait de savoir comment ça se passe pour vous :)


mercredi 5 juin 2013

Mon parcours éditorial

Bonjour à tous,
A la demande de certains d'entre vous, je reviens aujourd'hui sur mon parcours éditorial. Du moins, ce que je peux dire pour le moment ;)

Mon premier roman écrit n'est pas De l'autre côté de mur : ceux qui me suivent depuis longtemps le savent déjà. Ce premier roman, La Couleur de l'aube, est passé par le cycle CoCyclics. Je l'ai d'abord soumis à de grandes maisons d'édition qui, pour trois d'entre elles, m'ont fait un retour détaillé même si c'était un refus, m'invitant à leur envoyer autre chose. Au bout de plusieurs mois, je me suis aperçue qu'il était difficile de le caser dans une ligne éditoriale, parce qu'il est à la fois poétique et simple, complexe et plein d'espoir. Bref, c'est un OVNI :) Mais les retours très enthousiastes de certaines de mes lectrices adorées m'ont poussée à ne pas baisser les bras.
Et j'ai bien fait, puisque (attention, scoop !) depuis novembre dernier, il a effectivement trouvé preneur, chez un petite éditeur spécialisé dans les OVNI littéraires. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, désolée ! *teasing*

Ensuite, est venu De l'autre côté du mur. Pour celui-ci, ça a été très rapide, puisque j'ai commencé à l'écrire il y a un an et qu'il paraîtra en septembre. Là encore, après l'avoir relu, bêta-lu et re-corrigé, j'ai commencé par l'envoyer aux grandes maisons d'édition qui m'avaient répondu de façon détaillée pour La Couleur de l'aube, qui m'ont répondu très vite. Trois d'entre elles ont hésité à le prendre, avant de refuser pour diverses raisons. Je garde contact avec elles, elles continuent de lire ce que j'écris, peut-être pour une collaboration future ? Je croise les doigts !
Sur ce, les éditions du Chat Noir, auxquelles je ne pensais pas du tout, car je me pensais hors ligne éditoriale, ont vu la présentation de mon roman sur CoCyclics (dans les challenge premier jet, si mes souvenirs sont bons), et m'ont proposé de le leur envoyer. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Six jours plus tard, j'avais une réponse enthousiaste de leur part. Le temps de prévenir ceux chez qui il était encore en soumission, et j'acceptais leur proposition, au mois de mars. Depuis, cette collaboration est un vrai bonheur, il n'y a pas une seule ombre au tableau ! Je suis ravie !

Et depuis ? Depuis, j'ai d'autres projets avec d'autres éditeurs, gros et moins gros, dont je vous reparlerai en temps voulu, si tout se concrétise (ce qui n'est pas encore fait, précisons-le !).

En somme, mon parcours éditorial, c'est une succession d'attente, de bonnes nouvelles, de stress, de désappointement, voire de découragement, puis de nouveaux envois, parfois couronnés par d'excellentes nouvelles. Les nerfs sont mis à rude épreuve, mais j'ai des amis géniaux qui me soutiennent dans toutes les facettes de mon parcours, et je peux vous assurer que ça aide énormément à tenir et à se remettre des refus parfois difficiles à encaisser, surtout quand on a l'impression que le roman n'a pas été compris. Et petit à petit, on apprend, on découvre, on prend du recul, on sait mieux à qui envoyer et comment, et ça rend les choses plus faciles. Même si le stress monte toujours en flèche quand je reçois le mail d'un éditeur chez qui j'ai un roman en soumission !