dimanche 19 mai 2013

L'écriture et la danse



Ceux qui me connaissent bien, qui ont lu certains de mes romans ou tout simplement la présentation de De l'autre côté du mur n'apprendront rien : dans mes écrits, il est un art qui revient souvent, d'une façon ou d'une autre. Il s'agit bien sûr de la danse, et le moment est venu pour moi de vous en parler.

Dans la vraie vie, plusieurs soirs par semaine, je lâche mon clavier et mes chaussures, j'attache mes cheveux, et je vais danser. Pas de la danse classique, légère et aérienne : non, de la danse moderne, ancrée dans le sol, parfois fluide et parfois cassante, toujours remplie d'une énergie folle. Question de goût : j'aime la liberté qu'elle procure, la beauté du geste imparfait, l'interprétation fougueuse et la technique essentielle mais invisible qu'elle demande.
Au cours de ma vie, en plus du moderne, je me suis aussi essayée aux danses de couple (tango, valse, paso doble, mais aussi salsa et cha cha !), à la danse orientale, au hip hop, à la danse contemporaine... Bref, j'aime explorer :)

Anyway. Maintenant que vous en savez un peu plus sur ma vie ( ^^ ), je vais pouvoir parler de ce qui nous préoccupe : le rapport entre danse et écriture. A première vue, les deux sont très différents, l'un plutôt intellectuel et l'autre plus proche du sport, même si l'un comme l'autre sont des arts. Pourtant, je les vis tous les deux pour la même raison : m'évader et partager à la fois.
Lorsque j'écris, je m'évade dans mon histoire, dans mes personnages, j'oublie le monde autour de moi. Je me laisse emporter par le premier jet avant de revenir dessus à tête reposée pour le retravailler de façon plus technique. J'y pense tout le temps.
Lorsque je danse, ce sont mes pensées qui s'évadent, elles s'oublient dans la musique et c'est mon corps qui prend le relais. Je lui donne la liberté de sortir de ses mouvements habituels pour se laisser emporter par l'interprétation et l'émotion. La différence, c'est que la phase technique vient avant : j'assimile la chorégraphie, je cherche la justesse des mouvements, je compte pour être bien dans les temps. Et, quand tout est intégré, j'oublie tout et je laisse mon corps aux commandes pour me concentrer sur l'émotion.
Dans les deux cas, ça commence par un travail personnel, que je suis fière de partager par une publication ou un spectacle, non pour me montrer, moi, mais pour permettre aux autres de s'évader à leur tour, de rêver. D'avoir envie.

La spécificité de la danse, celle que j'aime mettre dans mes écrits au-delà de cette liberté intense, de cette harmonie avec soi-même pour mobiliser le moindre muscle à notre disposition, c'est la communion avec les autres. Parce que, sauf dans un solo où on se donne, soi, au public, on danse toujours avec quelqu'un. Avec les autres danseuses du groupe, avec le partenaire de danse de couple, par exemple. Et, sans un mot, parfois même sans se connaître, on s'écoute, on partage, on s'entraide. Plus le cours avance, plus on ne fait qu'un, on est attentifs à ce que font les autres pour ne faire qu'un avec eux. 
C'est particulièrement vrai quand on a un partenaire attitré en danse de couple. Au fur et à mesure, on apprend à deviner la moindre de ses intentions sans y penser, on coule notre façon de danser sur la sienne pour atteindre une réelle harmonie, un plaisir de partager sans plus penser à la technique.

Pour conclure, je dirais que, si je me donne autant à la danse et à l'écriture, c'est parce que l'une comme l'autre me rendent euphorique, chacune à leur manière. La danse, en me donnant une liberté de mouvement et en me défoulant dans la moindre parcelle de mon corps ; l'écriture, en me donnant une liberté d'imagination et en me permettant de vivre autant de vies que je le souhaite.

Danser, écrire, pour moi, c'est tout simplement deux manières de choisir la liberté.





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