samedi 6 avril 2013

Le rêve et l'espoir, ce n'est pas que pour les enfants !




Comme promis, me revoici avec la deuxième partie de ma "profession de foi" en tant qu'écrivain. Je vais donc vous parler de rêve et d'espoir, parce que c'est mon combat dans la vie de tous les jours, mais aussi dans mes écrits. Parce que j'en ai ras le bol que pour être "sérieux" on doive être déprimés / déprimants. Parce qu'il n'y a pas de raison que seuls les enfants aient droits à leurs contes de fées, à leurs étoiles dans les yeux et à leurs rêves d'un avenir doré.

Je ne suis pas une enfant qui refuse de grandir. Je suis adulte et heureuse de l'être, j'apprécie ma liberté, ma capacité à penser par moi-même et à décider de ce qui est bon pour moi - ou pas. J'aime aussi les côtés moins drôles : la gestion de l'argent, les courses, le repas qui n'arrive pas tout seul dans l'assiette, l'inquiétude face à l'actualité, à l'avenir. 

Mais dans mes lectures, dans mes écrits, je refuse de me borner à des univers sombres et dépressifs sous prétexte que je suis adulte et que je dois avoir les pieds sur terre. Non, le rêve n'est pas une lubie d'enfant, c'est un élément essentiel de la vie et le seul qui peut nous amener à nous dépasser. Non, l'espoir n'est pas un vain optimisme, c'est une façon de vivre, une envie de voir plus loin et de se donner les moyens d'y arriver. Ce qui permet de tenir face aux obstacles, c'est de savoir regarder ce qu'on a déjà, tout ce qu'on a fait et tout ce qu'on est encore capables de faire. Ce n'est pas attendre que le futur devienne meilleur : c'est se donner les moyens de réaliser ses rêves, même si ce n'est pas toujours aussi facile qu'on l'espérait. Ne jamais baisser les bras.

Voilà ce que j'ai envie de partager quand j'écris. J'ai envie de donner à ceux qui n'ont plus le goût de rêver cette petite étincelle qui leur fera voir le bon côté de leur vie, qui leur donnera la force d'aller plus loin encore, ou, plus courageux parfois, de se satisfaire de ce qu'ils ont obtenu. J'ai envie de montrer que l'espoir est là, autour de nous, dans notre quotidien, et qu'il n'y a pas besoin de chercher très loin pour trouver le bonheur. C'est juste une façon de voir les choses.

Voilà pourquoi je m'insurge contre tous ces romans sombres et nauséeux qui pullulent dans la littérature pour adultes. Je ne dis pas que tout doit être beau : au contraire, la plupart de mes univers sont très durs. Mais dans cette dureté, mes héros trouvent leur espoir, conservent (ou découvrent) leur fraîcheur et leur incroyable envie de vivre, même s'ils sont forcés de garder les pieds sur terre.

En somme, mes héros croquent la vie à pleines dents, quoi qu'il arrive, et j'espère pouvoir donner envie à mes lecteurs de faire de même. Si, à la fin d'un de mes romans, ils ont le sourire aux lèvres ou l'envie de voir leurs proches pour ne pas manquer les précieux moments qu'ils ont passé avec eux, alors j'aurai gagné mon pari.

Rendez-vous dans quelques mois pour savoir si cela a fonctionné avec vous ;)

lundi 1 avril 2013

Ce que j'aime dans la littérature

Bonjour à tous,

En attendant de pouvoir vous dévoiler des infos croustillantes sur De l'autre côté du mur (et autres ;) ), je voudrais revenir un peu sur mes choix littéraires, en tant qu'écrivain comme en tant que lectrice. Faire ma profession de foi, quoi, pour utiliser des grands mots qui font bien.

Le plus important pour moi, quand je lis, quand je bêta-lis ou quand j'écris, c'est l'émotion. Pas forcément celle qui fait pleurer, mais aussi celle qui fait rire, frémir, sursauter, ou prononcer des "oooooh c'est mignoooon" ou même "mais c'est horrible !". Et même celle qui donne envie de vomir, un peu.
Je m'explique. Pour moi, l'émotion est le vecteur de toute intrigue. Vous pourrez me faire avaler n'importe quelle histoire si je parviens à la vivre avec vous, avec votre personnage, parce que c'est justement ça, que je cherche dans la littérature : éprouver des émotions que je n'éprouverai pas dans ma vie, ou qui me rappellent celles que je suis capable d'éprouver mais que, parfois, j'oublie.
C'est quelque chose de très difficile à réaliser, de très personnel aussi. Il faut pouvoir se mettre à nu devant le livre pour y entrer pleinement. Et quand j'ai été trop émue par un roman, je suis incapable d'en dire quoi que ce soit d'autre que "c'est génial", parce qu'en dire plus serait me dévoiler trop. 
J'ai remarqué que les romans qui m'émeuvent le plus sont ceux qui restent simples, qui décrivent les sentiments des héros sans rentrer dans le pathos, par des petites touches de "vrai" qui les rendent terriblement proches de moi. Par exemple, je pleure rarement à la mort d'un personnage. Par contre, montrez-moi un de ses proches qui se rappelle toutes les petites choses qu'il aimait chez ce personnage au quotidien, sa façon particulière de manger ses biscuits, ses piques agaçantes, ses cheveux hirsutes au réveil ; toutes ces choses qui faisaient qu'il l'aimait, et je fondrai en larmes. Si si. Parce que j'aurai l'impression de connaître le personnage mort, intimement, autant que ses proches.

Anyway. Pour moi, sans émotion, pas d'histoire, parce que c'est pour les émotions que je lis, ce sont elles qui me donnent envie de réfléchir, elles qui me donnent envie de voir des aventures épiques (ou pas), de découvrir de nouveaux paysages. 

Pourquoi, alors, ai-je une prédilection pour les genres de l'imaginaire ? Après tout, il y a aussi beaucoup d'émotion dans les biographies comme Jamais sans ma fille de Behti Mahmoudi ou dans les romans de blanche comme La Vie devant soi de Romain Gary / Emile Ajar. Mais il y a quelque chose dans les genres de l'imaginaire qu'on ne trouve pas dans les romans de blanche : l'imaginaire, justement. Le "faux". Celui qui permet de se mettre complètement à la place du personnage parce que de toute façon, c'est un rêve (ou un cauchemar), ça n'existe pas. Et donc, celui qui permet de se protéger, et par la même occasion de se mettre à nu pour rentrer complètement dans l'émotion. Les genres de l'imaginaire me parlent plus parce que je ne me protège pas en les lisant, je m'autorise à éprouver d'abord, et à réfléchir ensuite. Ils contournent les mécanismes d'autodéfense qui se mettent en place quand je réfléchis à quelque chose qui me fait peur, et vont bien plus loin dans mon être et dans mes entrailles.
Par exemple, je n'ai jamais pu dépasser le prologue des romans qui évoquent crûment les causes et les symptômes du SIDA, parce que ça me terrifie, et je trouve ça beaucoup trop dur d'imaginer que ça existe au quotidien, que ça pourrait m'arriver. En revanche, Rivage des intouchables de Berthelot, en utilisant la métaphore filée de deux sociétés qui se transforment de façon funeste lorsqu'elles entrent en contact, m'a beaucoup touchée, et m'a aussi permis de me projeter par une voie détournée, de réfléchir en utilisant des substituts qui contournent mes blocages.
Enfin, l'imaginaire permet de se projeter dans des situations pour voir les choses d'une autre façon. C'est ce que j'essaie de faire dans De l'autre côté du mur : et si nous étions complètement séparées des hommes, comment les verrions-nous la première fois ? Et si Art est Science n'entraient jamais en contact, quelles dérives pourraient avoir lieu ? Là aussi, cela permet de revenir aux situations qui existent réellement.
Mais aucun de ces procédé ne fonctionnerai sans émotion, car je ne lis ni n'écris pour philosopher, je lis avant tout pour me divertir, pour vivre mille vies qui dépassent de loin le cadre de mon existence. En revanche, je suis reconnaissant à l'auteur quand il parvient, par là même, à me faire réfléchir, et peut-être à changer un peu ma vision du monde.


La prochaine fois, si vous êtes sages, je vous parlerai du rêve et de l'espoir !