mercredi 13 mars 2013

De l'autre côté du mur - la genèse

A l'occasion de l'annonce de la publication de De l'autre côté du mur en septembre 2013 aux éditions du Chat Noir, j'aimerais revenir avec vous sur la genèse de ce projet.

En juin 2011, je regardais avec mon Prince une série américaine : Eurêka. Le concept est simple : il reprend l'idée d'Einstein de construire une ville réunissant l'intégralité de l'élite scientifique mondiale, ce qui permettrait de concentrer les moyens et les nouvelles technologies et d'obtenir des résultats extraordinaires.
Je me faisais la remarque que, littéraire que je suis, je ne pourrais pas vivre dans une telle ville : aucune place n'est laissée aux arts et à la littérature. Mon Prince, en bon scientifique, aurait au contraire adoré tenter l'expérience.
S'est ensuivie une discussion sur la séparation progressive des arts et des sciences, déjà effective puisque les universités tendent de plus en plus à diviser ces domaines, parfois en les plaçant à des endroits opposés de la ville. J'en suis pourtant arrivée à la conclusion que, selon moi, c'était une aberration puisque l'un et l'autre se complètent, ils nécessitent des façons de penser différentes qui permettent, une fois réunies, de mieux appréhender les choses, de sortir du prisme personnel de la vision pour avoir une idée plus élargie.
Bref. De là est née l'envie d'écrire un roman qui pousserait cette idée jusqu'au bout pour voir ce que cela donnerait. Mais j'avais juste un concept, pas une histoire, et j'ai donc repoussé l'écriture à plus tard, le temps que l'idée tourne en arrière-plan dans mon esprit et se forge progressivement.

En 2012, après avoir terminé La Couleur de l'aube et l'avoir envoyé chez les éditeurs, j'avais décidé de faire une pause d'écriture. Non pas parce que je n'avais plus envie d'écrire, au contraire, mais j'avais un mémoire à rendre et un stage à faire par la même occasion. Autant vous dire que mon emploi du temps était plus que chargé. Et c'est précisément ce moment qu'a choisi l'idée embryonnaire de De l'autre côté du mur pour refaire surface...
Oui, car j'ai eu le malheur, lors de ma première semaine de stage, de lire Hunger Games. Le roman en lui-même n'a pas été une source d'inspiration, mais son traitement des informations, notamment au tout début des romans, a été une révélation : en moins de 20 pages, tout est mis en place, la tension est à son comble et on a compris les enjeux importants de l'histoire. J'ai eu envie de m'essayer à ce type de narration, et j'avais choisi la forme de mon roman : je voulais travailler l'efficacité.
A partir de ce moment-là, tout à été très vite : j'ai résolu de prendre pour héroïne une danseuse (j'en suis une moi-même et j'ai des choses à partager de ce côté-là, ce travail du corps pour trouver l'harmonie), je voulais parler d'un art total, auquel on se dévoue corps et âme, un peu à l'image du Hadès Palace de Francis Berthelot - mon maître en matière d'écriture - mais en moins sombre, car je souhaite avant tout porter un message d'espoir.
Puis j'ai lu Ecriture de Stephen King et John Truby, Anatomie du scénario, et au fur et à mesure que je  lisais ces conseils d'écriture la trame du récit se mettait en place, j'imaginais l'évolution de mon héroïne, ses rapports avec les autres personnages, je cherchais les failles de mon concept et façonnait le monde qui l'entourait. Il me semble que c'est à ce moment-là que j'ai voulu séparer les hommes et les femmes en même temps que les arts et les sciences : j'ai eu envie de jouer sur les clichés, pourtant souvent vérifiés, qui posent les femmes comme des littéraires et les hommes comme des scientifiques. Le récit s'est mis en place en arrière-plan pendant toute la rédaction de mon mémoire.

En juin 2012, juste après avoir rendu mon mémoire, j'ai commencé la rédaction de De l'autre côté du mur grâce au challenge premier jet de CoCyclics. En deux mois et demie, j'avais rédigé les quelques 430 000 signes du roman : j'avais tellement repoussé le moment de l'écrire qu'il est "sorti" tout seul, très très vite. Ensuite, mes primo-lectrices préférées, Cindy Van Wilder et Teo Silis, m'ont permis de retravailler le fond de l'histoire ; et mes bêta-lectrices géniales, Silène et Nadia Coste, m'ont apporté une aide précieuse pour dynamiser mon récit et cibler le bon public.

De l'autre côté du mur pouvait partir chez les éditeurs... et ça, c'est une autre histoire !