vendredi 21 septembre 2012

Quel pokémon es-tu ?

Teo Silis m'a passé un relai sur son blog, et je me dois de l'honorer.

Voici donc le début d'une longue série de questions sur mon écriture.




Acte #01 – Quel est ton projet / univers d'écriture préféré ? 
Je dirais que c'est le dernier, De l'autre côté du mur. L'écriture a vraiment été un moment génial, je rigolais toute seule, je me suis amusée avec mes personnages et je les ai sentis vivants. Avec La Couleur de l'aube, j'ai un rapport très différent, plus profond mais aussi plus mitigé. Je vois plus ses défauts, avec le recul. Quant à Mémoires d'une étoile...Je préfère oublier cet épisode ^^





Acte #02 – Combien de personnages as-tu ? 
Plein ? Mettons une dizaine de personnages principaux et secondaires par roman.



Préfères-tu les personnages masculins ou féminins ? 
Difficile à dire. Ca dépend vraiment du contexte. Dans La Couleur, je préfère Alya, tandis que dans DLACDM, je préfère Aslan. J'ai quand même beaucoup de personnages féminins dans mes différents romans, sans doute que je me sens plus proche d'eux.



Acte #03 – Comment décides-tu des noms de tes personnages (et des lieux s'ils sont fictionnels) ?
Pour les noms, déjà je ne mets jamais de nom de famille (ne me demandez pas pourquoi). Ensuite, j'aime bien qu'ils aient un sens. Dans DLCDM, j'ai choisi de n'utiliser que des prénoms turcs prononçables par un français et dont le sens avait un rapport avec le personnage en question. Pour La Couleur, j'ai surtout joué sur les sonorités, et j'ai inventé les prénoms.

Pour les lieux... aucune idée !



Acte #04 – Racontes-nous une de tes premières histoires / un de tes premiers personnages. 
La toute première histoire ? Une jeune fille chanteuse qui veut devenir écrivain (ou l'inverse, je ne sais plus). Je ne l'ai jamais terminée, j'étais en CM2 je dirais, avec un traitement de textes pour enfant muni de bruitages et d'images diverses. Après, j'ai écrit surtout des poèmes, jusqu'à Mémoires d'une étoile en seconde.



Acte #05 – En âge, quel est ton personnage le plus jeune ? et le plus âgé ? et chronologiquement, quel est le plus récent et le plus ancien ? 
Mon personnage le plus jeune, c'est une petite fille de 5 ans, l'héroïne de La Couleur de l'aube (qui a très vite 19 ans dans le récit mais ce qui lui arrive lorsqu'elle a 5 ans est essentiel pour tout le roman).

Le plus âgé, c'est soit Malik le peintre de La Couleur, soit Dunya la nurse de DLCDM. Tous les deux ont une vague fonction de mentor et ne sont vus que de loin.

Mon personnage le plus ancien, mettons le premier auquel j'ai vraiment réfléchi, c'est Aelys (eh oui -_-) dans Mémoires d'une étoile. Une elfe qui part en quête pour sauver son peuple d'une guerre contre des elfes méchants et doit s'allier aux humains pour ça. Ah oui, il faut savoir aussi qu'elle possède sans le savoir la moitié de l'âme d'une étoile, la déesse de leur monde.
Le plus récent, eh bien ce doit être "le garçon à la peau noire" dans DLCDM. Un personage secondaire qui apparaît à la fin du récit, ne sert pas à grand chose (et je dirai pas à quoi because gros spoiler), mais il est sympathique et il aime très très fort sa petite soeur, au point de sacrifier sa liberté pour elle. 


Et la suite, une autre fois :)

mercredi 19 septembre 2012

Ce que CoCyclics a fait pour moi


 Le jour où je me suis inscrite sur CoCyclics, j'étais loin de me douter de la façon dont ce forum allait changer ma vie. D'ailleurs, si on m'avait dit, à l'époque, que deux ans plus tard j'aurais connu la plupart de mes amis sur Internet, que j'aurais écrit et corrigé deux romans qui tiennent la route, publié une nouvelle et écrit beaucoup d'autre, lu des dizaines de romans pas (encore) publiés et aidé leurs auteurs à les retravailler, je crois que j'aurais ri très fort et que j'aurais tourné les talons.

Et pourtant...

Pourtant, en quelques mois, j'ai appris à connaître des gens de tous les coins du monde francophone. J'ai partagé avec eux ma passion, ils m'ont montré leur travail, se sont intéressés au mien. J'ai fait un progrès incroyable du point de vue de mon écriture, parce que des lecteurs critiques n'ont pas fait de quartier à mes textes, mais qu'ils l'ont fait avec le sourire et la volonté de m'aider.

Plus encore, j'ai découvert derrière ces auteurs et apprentis auteurs des personnes sensibles, attentives, pour qui je déborde d'affection. Ioana, bien sûr, ma Ioana, la seule à avoir lu tous mes textes et presque toutes leurs versions, celle à qui je n'ai pas peur de soumettre mes premiers jets, mais aussi la plus dure de toutes mes bêtas. Et la plus fidèle, la plus généreuses des amies. Marie-Anne, Nadia, Paul, Silvie, Véro, Cécile, Blacky, Siècle, Syven... Autant de grenouilles que j'adore rencontrées autour d'un roman ou d'une discussion enflammée sur nos visions respectives de l'écriture et de l'édition. Silène, ma douce Silène, vive et spontanée, dont les romans me font à la fois rêver et pleurer, et avec laquelle j'adore travailler, toujours dans la bonne humeur et la sensibilité. La liste est tellement longue qu'elle pourrait presque faire un roman à elle toute seule. Des compagnons de galère qui sont devenus de véritables amis, à qui je peux confier mes doutes, mes angoisses, mes joies, toutes celles qui jalonnent mon parcours d'auteur et d'éditrice. Pour toutes ces rencontres humaines et tellement enrichissantes : MERCI.

CoCyclics, c'est aussi une étape importante de ma vie d'auteur. Pour la première fois, j'ai pu faire lire mes textes à des lecteurs inconnus et avoir leur ressenti. Cela m'a aidé à progresser et à réfléchir à ce que je voulais écrire, à pourquoi j'écris. Cela m'a aidé à prendre confiance dans mon écriture, à oser dire "J'écris" même si je n'ai encore rien publié. Et même si ça n'arrivait jamais, j'ai eu sur CoCyclics exactement ce que je cherche en écrivant : des lecteurs qui ont aimé mon roman et, mieux, l'ont compris tel que je voulais qu'on le comprenne. Ils m'ont montré que c'est possible, que je peux partager ce que j'ai à partager, même si ça nécessite du temps et des progrès. Parfois, même, ils l'ont vécu au-delà de toutes mes espérances. Parce que grâce à CoCy, je me sens auteur légitime : MERCI.

CoCyclics, c'est encore un formidable réseau au sein de l'imaginaire, dont chacun peut profiter à sa façon grâce à un esprit d'entraide. Découvrir ces jeunes auteurs qui luttent pour se faire une place dans le milieu éditorial justement au moment où je commençais mes deux dernières années d'étude pour devenir éditrice a été une révélation. D'un côté, le métier de l'éditeur, ses aspects techniques, la connaissance de la chaîne du livre, des budgets, de la compta,  de la sélection des manuscrits, de la PAO... De l'autre, la difficulté de construire un récit, de le partager tel qu'on le perçoit, de s'adresser à un éditeur qui nous intimide parce qu'il est en position de force, de l'interminable attente, mais aussi de la joie de voir les autres y arriver, et de se dire qu'un jour, peut-être, ce sera notre tour. Deux mondes fondamentalement liés et pourtant radicalement différents. Deux mondes dans lesquels je me sens à ma place, parce qu'ils se réunissent autour des textes dans la volonté de le rendre meilleur, mais aussi de le partager avec le plus de monde possible.

Grâce aux rencontres des milieux de l'imaginaire et à la confiance en moi que CoCyclics et m'a donnée, j'ai décroché deux stages géniaux dans des grandes maisons d'édition et des missions indépendantes dont je suis fière. Les éditeurs avec lesquels je travaille les textes apprécient ma rigueur et ma méthode, ma capacité de synthétiser un roman et de pointer les problèmes de structure pour trouver les solutions. Ces qualités, je dois à CoCyclics de les avoir révélées, parce que ce sont exactement celles qui sont développées dans la méthode de bêta-lecture en deux temps (fond puis forme) propre au cycle. Donc, non, la bêta-lecture n'est pas une correction, c'est un avis de lecteur argumenté et précis. Tout comme la première phase du travail de l'éditeur - à la différence près que l'éditeur, lui, est un lecteur qui a un pouvoir sur le devenir du texte, et un public à respecter, ce qui oriente ses réflexions en direction d'une ligne éditoriale précise. Pour me faire comprendre ces choses-là, m'offrir des contacts, de l'expérience, et bien plus encore : MERCI.

Il y a une dernière chose que je voudrais préciser sur ce que CoCyclics m'a apporté, parce que c'est celle à laquelle je m'attendais le moins en m'inscrivant sur le forum. En devant modératrice, puis permanente, j'ai dû faire face à des situations de crise avec des gens que je ne connaissais pas toujours très bien (voire pas du tout), d'autres que je connaissais trop bien. Les trolls (eh non, ce n'est pas une légende, ils existent vraiment), mais aussi les bien intentionnés qui sont très maladroits, ceux qui ont le sang chaud, ceux qui n'osent jamais s'exprimer et finissent par exploser... Quand on est 1000 personnes et qu'on ne communique que par écrit, forcément, il y a des fois où ça ne marche pas. Travailler au contact des permanents et des modérateurs, qui ont chacun leur caractère et leur façon de gérer les conflits, a été très formateur dans ma façon de gérer les conflits et les relations de groupe. J'ai pris l'habitude de laisser reposer ce qui m'énerve avant de répondre pour pouvoir discuter sereinement, de rester la plus neutre possible et de demander les avis des autres pour ne pas en faire un conflit personnel. Je commence à comprendre pourquoi CoCy ne peut pas convenir à tout le monde (heureusement, on ne pourrait jamais gérer tout ce monde là !) et comment discuter avec quelqu'un qui n'écoute pas parce qu'il est blessé ou drapé dans sa dignité. En un mot, j'apprends aussi le tact et la diplomatie, avec des gens proches et des moins proches : cela me sert tous les jours, même quand je ne suis pas connectée.


Je n'ai donc pas peur de dire que CoCyclics a changé ma vie, même si ceux qui ne connaissent pas ce sentiment vont me rire au nez, comme je l'aurais fait il y a deux ans. Grâce à ce forum, j'ai trouvé des amis, des contacts professionnels et une grande confiance en moi. Et, surtout, même si je quittais le forum, j'aurais toujours des lecteurs enthousiastes volontaires pour m'aider à travailler mes textes et des amis très chers à mon coeur que je serai ravie de revoir, à grands coups de crie de joie et de fous rires.




mardi 18 septembre 2012

Une chronique de ma nouvelle "A fleur de peau"

Bonjour à tous,

Le blog "Un monde de nouvelles" a chroniqué ma nouvelle "A fleur de peau" dans le fanzine "Piments et Muscade" d'une manière qui me fait rougir !

L'extrait de la chronique qui me concerne :
J'ai une histoire un peu particulière avec la nouvelle d'Agnès Marot, "À fleur de peau", puisque j'en ai lu la première mouture sur le site Cocyclics et elle ne m'avait pas plus emballé que ça (Agnès sait assez bien pourquoi d'ailleurs :) ) du coup, je n'étais pas super motivée pour lire la nouvelle dans le zine, heureusement, je n'ai pas écouté mon manque de motivation ! Cette nouvelle est peut-être celle qui m'a le plus touché. L'évolution de l'héroïne, l'épreuve qu'elle a subie, sa manière de l'affronter et d'y faire face m'a profondément ému. La fin m'a même fait monter les larmes aux yeux. Agnès Marot est une incorrigible romantique et je pense que cette façon de voir la vie donne à ses textes une puissante note d'espoir. 


Lien vers l'article complet

Merci I. !


Pour le reste, je suis à fond dans une bêta et dans la maquette du GGG.

jeudi 6 septembre 2012

De l'autre côté du mur - extrait


Et voici l'extrait promis, avec un peu de retard ! ;)

Une brusque bouffée d'affection pour mon amie me fait monter les larmes aux yeux. Aslan me regarde bizarrement :
"Euh… tu sais que tu souris et que tu pleures en même temps ? C'est carrément flippant."
Je hoquette une réponse incompréhensible, quand une forme noire attire mon regard. Un petit animal pourvu de quatre pattes et d'une tête, recouvert de poils, se glisse dans l'herbe. Il tourne la tête vers nous, immobile. Seules ses moustaches frémissent. Ses yeux luisent dans l'obscurité, surmontés d'une petite tache blanche au milieu du front.
"Tu as vu ? souffle Aslan.
– Oui. ressemble à une panthère, comme dans Le Livre de la jungle, mais je l'imaginais beaucoup plus grosse, c'est bizarre.
– C'est normal que je ne comprenne rien ?
– Un roman que j'ai lu quand j'étais petite. Il y avait un animal dessiné sur la couverture qui y ressemblait, mais il était presque aussi haut qu'un enfant.
– Euh… arrive souvent, que tes romans deviennent réalité ?
– Chut ! Tu vas la faire fuir !"
La panthère miniature fait un bond en arrière, arrondit le dos –ce qu'elle est drôle, elle est toutes déformée ! –puis reprend une apparence normale. À pas prudents, elle s'approche de nous, et je m'aperçois que le bout de ses pattes aussi est blanc. Dans le livre, elle était toute noire, pourtant.
La panthère émet un drôle de bruit aigu, puis pose sa tête sur le dos de ma main.
Surprise, je sursaute avec un petit cri. La panthère s'éloigne aussitôt de bonds rapides et légers, et disparaît derrière un arbre.
"Attends, reviens !"
Seul le silence me répond.
Aslan me fusille du regard :
"C'est malin, tu lui as fait peur.
– Mais elle était… elle était toute douce, comme une couverture !
– Tu n'en avais jamais vu ?
– Non, et toi ?
– Non plus."
Une lueur d'intelligence brille dans ses yeux. Je sais aussitôt à quoi il pense.
"Tu crois que…
– C'est forcé ! Si ça ne vient pas du monde, ça vient de dehors, non ?