jeudi 24 mars 2011

La couleur de l'aube - Extrait

Bonjour à tous !
Comme vous le savez peut-être, j'ai commencé les corrections de mon étape 2, directement dans le texte. J'en suis donc au milieu de mon chapitre 2. Pour l'occasion, mon prologue a gagné quelques scènes, et je ne résiste pas au plaisir de vous en mettre une ici. N'hésitez pas à donner votre avis !
Bises à tous, et merci à tout ceux qui passeront par là :)
Note : à ce moment de l'histoire, la narratrice est une petite fille aveugle.


Tout le monde est couché dans le château. C’est le moment ou jamais. Je quitte discrètement mon lit, aussi silencieuse que possible. Le sol est frais sous mes pieds nus. J’essaie d’en sentir les bosses, les creux, ceux que j’ai appris à connaître. Je trébuche sur le tapis du couloir. Encore. Je jure : la prochaine fois, je m’en souviendrai ! Je sens un courant d’air dans ma nuque. Est-ce que ça veut dire que le couloir tourne ? Lentement, je m’approche du mur et en effleure la surface. Rien de ce côté-là. Je fais la même chose de l’autre côté : cette fois, je sens un angle se former sous mes doigts. C’est ça ! Un courant d’air dans ma nuque, juste après le tapis que j’oublie toujours : c’est l’intersection qui mène vers les appartements de Nethy. Je ferais mieux de ne pas m’attarder.
Je poursuis tout droit, attentive aux moindres mouvements de l’air. Encore un courant d’air, plus fort cette fois, sur la gauche. Encore une intersection ? Je m’approche, souriante : je touche au but. Une vive douleur sur le front me fait reculer : je me heurte violemment contre le mur du couloir. Je jure à nouveau : j’ai encore oublié la meurtrière. Arriverai-je un jour à me déplacer seule sans me couvrir de bleus ? Nethy va encore se demander sur quoi j’ai bien pu me cogner… Elle voudrait m’aider tout le temps, jusqu’à ce qu’on m’enlève ce satané bandeau. Elle ne comprend pas que je veuille y arriver seule. A huit ans, je suis quand même assez grande pour ne plus demander quand je dois aller aux latrines !
Je serre les dents et avance encore dans le couloir, jusqu’au prochain courant d’air. J’inspire un grand coup : c’est là que ça se complique. La main fermement appuyée sur le mur, je tâtonne les marches de l’escalier en colimaçon qui mène à mon but. Une vive odeur d’urine me confirme que je suis sur la bonne voie : si je parviens à monter seule, j’aurai vaincu deux ans de bleus et de vertiges. Une marche après l’autre, je gravis l’escalier en prenant soin de poser mon pied sur la partie la plus large pour garder mon équilibre. Une… Deux… Trois… Sept… Dix… Douze ! J’y suis ! Plus fière que jamais, je fais un dernier pas en avant pour sautiller de joie. Ou du moins, j’essaie : je m’étale de tout mon long sur la dernière marche de l’escalier. Treize marches. Treize, pas douze.
Comment trouverai-je la confiance de mon père si je ne suis même pas capable de me diriger seule ?

4 commentaires:

  1. Coucou Aelys !
    J'ai adoré ton extrait !! J'aime beaucoup la façon dont tu nous plonges dans le personnage. C'est très bien écrit et j'ai adoré la chute de fin, je trouve ça génial.
    Je suis fan ! :D
    Bon courage pour tes corrections ;)
    Aliya

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  2. Oh, merci ! En voilà un message qui fait plaisir !!!
    Je suis ravie que ça te plaise, c'est un ajout de la V2 ;)
    Merci boucoup, ça me bosste pour les corrections ça !

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  3. Le coup de la treizième marche est grandiose !
    Excellent extrait, au demeurant.

    Tu m'autorises à t'emprunter ton plan de correction ? (Yeux de chat potté)

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  4. Mais bien sûr, s'il peut t'aider je serai ravie !

    Merci pour les compliments, ça fait très plaisir :)

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